ENQUÊTE «HARCELEMENT MORAL»
Cette enquête se fait dans le cadre d’une thèse de doctorat en médecine qui sera soutenue par Béatrice SEILER-VAN DAAL interne en médecine du travail à Strasbourg. Cette enquête a été préparée avec l’Association «MOTS POUR MAUX AU TRAVAIL» 16 rue des Cailles 67 100 Strasbourg.
Quatre associations de médecine du travail
d’Alsace participeront à l’enquête.
Cette étude prévoit la passation d’un millier de questionnaire
auprès de salariés vus dans le cadre d’une consultation de
médecine du travail toutes consultations confondues.
Objectif : mesurer la prévalence d’une forme de violence en entreprise : le harcèlement moral par le biais d’un questionnaire. Il porte sur les agissements constitutifs du harcèlement moral, la durée du harcèlement, sa fréquence, sa source, ses circonstances de début, ses répercutions sur la santé et l’emploi des victimes, rechercher s’il y a des facteurs favorisants tels que l’âge, le sexe, la situation familiale ou professionnelle etc.
Cette enquête devrait apporter des indications plus précises concernant les critères diagnostics et donc de construire un outil de dépistage. Cette enquête se déroulera de février à mars 2000 et les premiers résultats devraient être disponibles en juin 2000.
RESULTATS
B.Seiler-van Daal (1,2,4), M.Litzenberger (3,4), M.Drida (4), G.Hansmaennel
(3), M.Brom (4,5).
(1) A.I.M.T., 20 rue des Trois-Châteaux, 68000 Colmar. (2)
A.A.C.M.T, 22 rue Kiener, 68000 Colmar. (3) A.I.M.T.67, 3 rue de Sarrelouis,
67000 Strasbourg. (4) Association Mots pour Maux au Travail, 16 rue des
Cailles, 67100 Strasbourg. (5) D.R.T.E.F.P., 6 rue Jeu des Enfants, 67000
Strasbourg.
L'enquête voulait évaluer l'importance du harcèlement
moral et le décrire, rechercher des facteurs favorisants dans les
caractéristiques du salarié (sexe, âge, profession)
ou de son entreprise (secteur d'activité, taille), et élaborer
un outil de détection et d'évaluation du problème.
Un questionnaire a été élaboré puis
distribué pendant un mois à un salarié sur quatre
vu en consultation par les 36 médecins du travail alsaciens participant
au projet. Le critère de jugement du harcèlement était
la présence d’au moins un des quarante-huit agissements constitutifs
du harcèlement et d’au moins un critère de vécu douloureux.
Sur les 1268 questionnaires distribués, le taux de participation
a été de 94,5 %. Parmi ces 1210 salariés, 9,6 % répondaient
à notre critère du harcèlement et 7,3 % se disaient
harcelées. Le harcèlement provenait de la hiérarchie
dans 49 % des cas, des collègues dans 25 % des cas et des deux dans
17 % des cas. Il avait débuté après une réorganisation
dans l'entreprise, un changement de supérieur, un arrêt de
travail ou un désaccord. Les victimes présentaient un vécu
douloureux composé de sentiments d'injustice, d'absurdité,
d'impuissance, un envahissement des pensées par ces problèmes,
et évitaient les situations les leur rappelant. Elles souffraient,
plus que les salariés non harcelés, de problèmes de
santé (notamment troubles de l'humeur, insomnies, anxiété)
consommaient quatre fois plus d'anxiolytiques et sept fois plus de somnifères,
et totalisaient plus d'arrêts maladies (23 % vs 8 %). 19 % avaient
eu des arrêts de travail liés à ces agissements. Un
tiers des victimes avait augmenté sa consommation de tabac et de
café et 10 % celle de l’alcool. Les salariés signalant avoir
subi des agissements hostiles dans leur passé rapportaient que ceux?ci
leur avaient fait quitter l'entreprise dans 61 % des cas dont 44 % par
démission.
Cette étude a permis d’évaluer l’importance du harcèlement
et de le décrire mais sans trouver de facteurs favorisants. Nous
allons élaborer un questionnaire de dépistage grâce
à ces résultats.
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