Revue de presse_AST67

L@ Revue de Presse Mensuelle d'AST67
Septembre-Octobre 2001




Editori@l
Actualité sociale
Santé au Travail
Santé
Le Map Syndrôme
Bioterrorisme



EDITORI@L

    Le décret n° 2001-832 relatif à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes dresse la liste des indicateurs permanents que les entreprises doivent faire figurer dans le rapport annuel sur la situation comparée des hommes et des femmes (article L 432-3-1 du code du travail). Le rapport doit être précis et doit contenir des données chiffrées par sexe, notamment sur les effectifs, le positionnement dans l’entreprise, les promotions, la rémunération selon les catégories d’emplois occupés au sens de classification ou des filières métiers, les conditions de travail : sur la répartition par poste de travail selon l’exposition à des risques professionnels et selon la pénibilité, dont le caractère répétitif des tâches…
     En Europe, les partenaires sociaux anglais se sont regroupés à la demande du gouvernement britannique, pour encourager employeurs et salariés à résoudre leurs différents au sein même de l’entreprise, plutôt que d’aller jusqu’au tribunal. De plus le gouvernement prévoit aussi de faire désormais payer les salariés requérants afin qu’ils participent  aux frais de fonctionnement du tribunal, pour réduire les coûts de l’état.
    D’après une étude néerlandaise, il semblerait que les extra systoles ventriculaires seraient plus fréquentes chez les salariés postés (48,9 %) que ceux qui travaillent de jour (27,3 %). Ces troubles du rythme seraient liés au stress associé au travail de nuit (Le Quotidien du Médecin n° 6966 – 13/09/01).
    Enfin, vous pourrez découvrir un nouveau syndrome «le MAP syndrome » qui sévit dans le corps médical français depuis quelques années. Il nous est décrit avec humour par le Docteur JM Haegy (AlsaMed n°28 – Septembre 001).



ACTUALITE SOCIALE

AMIANTE

AT/MP CONDITIONS DE TRAVAIL EGALITE PROFESSIONNELLE EUROPE DIVERS
SANTE AU TRAVAIL

AMIANTE

BOIS BRUIT CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES CHRONOBIOLOGIE ET COEUR DERMATOSES PROFESSIONNELLES EPI ERGONOMIE MACHINES DANGEREUSES METALLURGIE PEINTURES PSYCHOSOCIAL RAYONNEMENT OPTIQUE / OUTIL MULTIMEDIA RISQUE ELECTRIQUE ET MALADIE DU MOTONEURONE SOLVANTS TMS ET MUSICIENS VLE / OUTILS DE MESURE DIVERS

SANTE

BENZODIAZEPINES

EPILEPSIE


LOMBALGIES ET CHIRURGIE

STRESS TABAC DIVERS

Le MAP syndrome – (Article intégral avec l’accord de l’auteur)
JM HAEGY
(Service d’accueil des urgences – CH Louis Pasteur 68 024 Colmar)
ALSAmed N°28 – Septembre 2001

Le Map syndrome (syndrome du Mépris Par Avance) est une médicoanthropozoonose qui sévit de manière endémique dans le corps médical. La symptomatologie est polymorphe est fait appel au signe du métalangage. Le foyer d’origine est typiquement français. Son mécanisme psychopathologique n’est pas clairement élucidé mais des études tendent à prouver l’existence d’un agent pathogène transmissible de la famille des Nombrilae medicinae spp. Nous rapportons dans l’observation suivante, un cas de Map particulièrement démonstratif.

Appelé en urgence, le docteur MS se trouve en face d’une détresse respiratoire aiguë. En attendant l’arrivée du SMUR, il fait ce qu’il sait avec les moyens qu’il a…

Observation

Dieu sait qu’il est difficile de poser la voie veineuse chez ce patient agité, couvert de sueur ! L’effet du Solumédrol IM se fait attendre. Tant bien que mal, une petite veine moins récalcitrante que les autres daigne accepter son cathétérisme pour un nouveau coup de corticoïde. Au loin, il entend le pin-pon du SMUR et c’est avec soulagement et non sans appréhension qu’il perçoit les bruits de pas de l’équipe salvatrice au fond du couloir. L’arrivée du médecin sauveur jette un froid, à peine un coup d’œil au docteur MS et le voilà sans s’être présenté ni avoir salué qui que ce soit, se précipitant sur le malade. La séquence se déroule très vite, les seules paroles du médecin smuriste sont celles qu’il adresse à son aide, des mots hachés et agacés surtout quand il s’agit d’utiliser la voie veineuse posée par le docteur MS. Lui ne sait pas quoi faire, il attend debout à côté de la table son sac à la main, bref il n’existe pas.
« C’est quoi cette perf ? Passe-moi un cathé j’en pose une autre. Allez, on lui met le tube. »
Les silences sont parlants : C’est quoi ce toubib à la …Mais qu’est ce qu’il m’a foutu là ? Regardez-moi ce travail !
 Le malade une fois intubé et ventilé, enfin le smuriste daigne s’apercevoir de la présence du docteur MS. Toujours sur le même ton, celui du type pressé, qui a passé toute la nuit à tirer les mecs comme lui du genre du pépin comme ça, et qui sait tout et tout faire, il demande : « Depuis quand le patient est comme ça ? » Traduisez : « ça fait longtemps que vous bricolez sur lui ? En tout cas il est mal parti. » Rajouté en phylactère : « C’est à cause de vous. » Sur ce, satisfait  de sa prestation, il embarque le patient direction les urgences. Un ange passe !
 L’urgentiste grommelle dans sa barbe : « Je parie que c’est encore machin qui est sur le SMUR à chaque fois c’est comme ça. »  Le centre 15 lui avait annoncé une détresse respiratoire. « Ah, c’est encore toi ça fait bien une heure qu’on nous a prévenus. » dit-il en voyant débarquer Machin et son brancard. Le ton signifie : « Putain, qu’est-ce que tu viens encore me faire chier juste avant le repas ? » Le transfert sur le lit s’effectue dans une atmosphère hostile. L’urgentiste inspecte avec circonspection la sonde d’intubation, se précipite pour ausculter le poumon. Un peu déçu – ça passe dans les deux poumons - , il hausse les épaules en regardant la voie veineuse. Pendant ce temps, Machin raconte l’histoire que personne n’écoute. « Tu crois qu’il fallait intuber ? » lui lance l’urgentiste pendant qu’il s’affaire à poser une nouvelle voie veineuse. Machin ne répond pas, mais en silence il attend avec délectation la veine qui claque : « Merde ! Ces vieilles croûtes même pas foutues d’avoir des veines correctes ! » « Si tu veux, je peux essayer  », dit Machin avec un ton enjoué, Machin s’éclipse pendant que l’autre murmure : « Quel con ce mec ! ».
Un ange passe.
  Le réanimateur de garde sollicité par l’urgentiste tourne plusieurs fois autour du lit. Il a sa tête des mauvais jours. En phylactère on peut lire : « Qu’est-ce qu’ils ont encore bricolé aux urgences ? » Il annonce en tirant sur la sonde : « Trop enfoncé ce truc. » En considérant le bras du malade, il lève un  œil au ciel, qui entraîne le sourcil. « Faudra mettre un cath. » Et rajoute : « Vous avez les gaz, l’UGEC, la radio. » L’urgentiste a à peine le temps de répondre, le réanimateur a déjà consulté tous les papiers. Durant tous les examens un silence pesant règne dans le box. « Vous croyez que l’intubation était vraiment indispensable ? » Le ton est appuyé sur le « vraiment ». La mise en place du cathéter est laborieuse et le réanimateur peste. L’urgentiste s’éclipse visiblement satisfait. Un ange passe !
 Le chirurgien appelé en réanimation considère l’abdomen avec circonspection. « Tu crois vraiment qu’il y a quelque chose ? » dit-il en s’adressant au réanimateur. « T’es vraiment certain qu’à l’admission il n’y avait rien ? »  Prenant le scanner il scrute attentivement les images et doit se rendre à l’évidence : il faut ouvrir. En quittant la réanimation, il pense en lui-même : « C’est toujours pareil, ils laissent traîner pendant des heures au lieu de nous appeler. » Un ange passe.
 Quelques semaines plus tard, le patient sorti de l’hôpital est en consultation chez le docteur MS. Celui-ci lit attentivement la lettre de sortie. Quelques hésitations, quelques silences, un froncement des sourcils ponctuent la lecture. Un « Ah, ils vous ont fait ça ! » est lancé au hasard des lignes et le patient inquiet demande : « Quelque chose ne va pas, docteur ? » « Si, si », répond le médecin en pensant : « Quelle bande de nuls dans cet hosto ! ».
 Un ange passe et s’éloigne en pleurant.

Commentaires

 Il y a peu d’études dans la littérature concernant le MAP syndrome (1). Les premières descriptions remontent aux années 1980, avec la mise en place des prises en charge multidisciplinaires des patients. L’épidémie qui a sévi durant les années 1980-1990 semble être liée à la mise en place des SMUR dont on connaît l’extrême réceptivité à ce syndrome. La dichotomie rouge et blanc a, semble-t-il contribué à l’émergence et à la diffusion du syndrome (2). Il s’agit d’une affection typiquement française avec des foyers endémiques persistants et résistants, surtout dans les grandes villes. Si l’agent infectieux n’est pas clairement identifié, tous les auteurs s’accordent pour penser qu’il appartient à la famille des Nombrilae medicinae spp. Certains travaux montrent cependant qu’un déficit humilitaire peut favoriser la maladie. Une des particularité du MAP est son caractère très diffusible : il suffit qu’un des acteurs en soit atteint pour que le syndrome se transmette à toute la chaîne. Les signes cliniques font appel au langage dans toutes ses formes. Les signes du métalangage : attitude, comportement, ton et phrasé (dont les silences bien placés) sont les plus significatifs (3).  Le syndrome en lui-même n’est pas mortel, mais peut l’être pour le patient. Plusieurs traitements sont recommandés : le traitement classique comme la relecture assidue du code de déontologie n’a pas trouvé son efficacité. D’autres traitements peuvent être proposés : partage des tâches, connaissance et reconnaissance des autres, travail sur le respect de soi même qui, somme toute conditionne le respect des autres, soirée conviviale arrosée (on se rendra vite compte qu’au même taux d’alcoolémie, on est ni plus ni moins que les autres), et en tout dernier recours, psychothérapie de groupe ou homéopathie Magnus Humilitis 6 CH 3*/j (4).
 Si après avoir tenté ces thérapeutiques, rien ne change, c’est à désespérer de la médecine française.

 Références :



BIOTERRORISME

Vous souhaitez participer à l'élaboration de cette revue,
alors écrivez moi



Document réalisé et mis à jour par le Dr Nathalie Delaunay
Médecin du travail, AST du Bas-Rhin

L@ Revue de Presse Mensuelle de l'@ctualité Sociale
Les informations contenues dans ce dossier engagent la seule responsabilité du ou des auteurs
Cette page appartient au site d'AST67
Vous pouvez télécharger et diffuser ces pages mais veuillez mentionner le site d'AST67 et le nom de l'auteur

Revue de presse_AST67