L@ Revue de Presse Mensuelle d'AST67
Juin-Juillet-Août 2001
EDITORI@L
La rentrée va faire du bruit !
En effet, un texte de compromis modifie la Directive 86/88 relative
à la protection des travailleurs contre les risques liés
à l’exposition au bruit. Cette proposition (qui doit être
examinée par le Parlement européen) abaisse différents
seuils de bruit :
- le niveau de la valeur limite d’exposition appréciée
individuellement par salarié et non dans le contexte global de travail,
est passé de 90dB (A) à 87 dB (A) ;
- le niveau de la valeur limite d’action au-delà duquel l ‘employeur
est obligé de définir un schéma de prévention
est abaissé de 85 à 80 dB (A).
Par ailleurs, le nouveau dispositif inclut les secteurs maritimes et
aériens, alors exclus de la directive de 1986. Une fois la Directive
accordée, la France aura trois ans pour la transcrire en droit français.
Alors que les chiffres de la Cnam communiqués par
l’Andeva, montrent une augmentation du nombre de maladies professionnelles
directement liées à l’amiante et reconnues (1605 cas
en 1996 contre 2969 cas en 1999), la Fnath et l’Andeva se «félicitent
de la décision de la Cour d’Appel de Paris » qui a déclaré
le 18 juin que la Société Everite avait commis «une
faute inexcusable » et a accordé à ces victimes
un dédommagement important.
De nouvelles découvertes concernant la chronobiologie,
ont montré que des équipages aériens parcourant plus
de sept fuseaux horaires par rapport à un groupe témoin faisant
le même nombre d’heures mais sur des distances plus courtes sont
soumis à un stress plus important qui serait lié à
une augmentation permanente du cortisol. De plus, le premier groupe présenterait
des hyppocampes atrophiés (Le Monde du 28 mai 2001).
A lire absolument un article original du BEH (N° 13 – 2001)
relatif à l’épidémiologie des accidents de Roller
en France.
Enfin, La Revue du Praticien – Médecine Général
(14 mai 2001) consacre un dossier sur les méfaits du soleil.
Bonne lecture,
A très bientôt.
Nathalie Delaunay
ACTUALITÉ SOCIALE
AMIANTE
-
Amiante - Liaisons Sociales quotidien n° 13437 du 09/07/01
3000 victimes de l’amiante auraient saisi les tribunaux pour obtenir
réparation par des procédures civiles ou sociales.
Les chantiers de l’Atlantique (Alstom) vont «très certainement
faire appel » du tribunal des affaires de la Sécurité
Sociale de Nantes, qui a reconnu le 21 juin dernier «la faute
inexcusable de l’entreprise.
Son P.D.G. conteste. Son entreprise aurait été la première
du milieu des années 1970 à prendre des mesures de précaution.
De plus, dès 1975 «nous avons totalement supprimé son
utilisation sous sa forme nocive en 1975 «déclare-t-il.
Mais depuis des mois, l’intersyndicale affirme que les ouvriers des chantiers
navals ont été exposés à l’amiante jusqu’en
1997.
-
Everite : La cour d’appel de Paris a déclaré le 18 juin que
la Société Everite avait commis «une faute inexcusable
». La Cour a accordé à ces victimes un dédommagement
important :
- 1,2 MF a été accordé à la famille d’un
verrier décédé à 45 ans d’un cancer du
poumon ;
- 900 000 F ont été accordés à un ouvrier
atteint d’une invalidité à 30%
- 1,35 MF à été accordé à un ouvrier
atteint d’une invalidité à 60 %
L’Andeva et le Fnath se «félicitent «de la décision
de la Cour d’Appel de Paris ».
« Par ailleurs, l’Andeva a déploré l’absence
de volet pénal dans les procédures liées à
l’amiante, et demande à la ministre de la Justice, Marlyse Lebranchue,
l’ouverture d’informations judiciaires ».
-
Les entreprises font face au dossier explosif des maladies liées
à l’amiante – Le monde du 08/08/01
Les juges estiment que même si l’amiante est interdit depuis
1997 les grandes entreprises qui en fabriquaient ou qui l’utilisaient
massivement ne pouvaient en ignorer les effets. Comme le souligne François
Desriaux, président de l’Andeva «(…) les dangers de l’amiante
sont connus depuis 1913 et les affections pulmonaires qui en découlent
sont reconnues comme maladie professionnelle depuis 1947(…) » .
L’Etat met en place un fonds de financement (Fiva) pour
faire face aux demandes d’indemnisation auprès de l’assurance-maladie.
Il pourrait voir le jour durant le mois de septembre.
-
Les chiffres de l’amiante – Liaisons Sociales Quotidien n° 13462 du
17/08/01
Selon les chiffres de la Cnam communiqués par l’Andeva, le nombre
de maladies professionnelles directement liées à l’amiante
et reconnues a doublé de 1996 à 1999, passant de1605 cas
à 2969.
- 1997 : 1763 maladies professionnelles liées à l’amiante
;
- 1998 : 2130 « «
- 1999 : 2969 « «
- dont :
- 727 sont des cancers (dont 421 cancers du poumon) ;
- 286 sont des cancers de la plèvre ;
- 1979 fibromes pleuraux et pleurésies ;
- 283 cas d’asbestose.
ACCIDENT DU
TRAVAIL/MALADIE PROFESSIONNELLE
-
Reconnaissance des maladies professionnelles - Liaisons Sociales quotidien
n° 13459 du 10/08/01
La Cnam dans la circulaire CNAMTS – DRP n° 22/2001 (du 02/08/01)
rappelle le rôle de l’ingénieur conseil en chef du service
de prévention dans les comités régionaux de reconnaissance
des maladies professionnelles.
-
Accident du travail survenu en cours de mission - Liaisons Sociales quotidien
n° 13456 du 07/08.01
« Le salarié en mission à droit à la protection
prévu par l’article L 411.1 du Code de la sécurité
sociale pendant tout le temps de la mission qu’il accomplit pour son employeur,
peut important que l’accident survienne à l’occasion d’un acte professionnel
ou d’un acte de la vie courante, sauf la possibilité pour l’employeur
ou la caisse de rapporter la preuve que le salarié aurait interrompu
sa mission ».
(Cass.SOC. 19 juillet 2001, n° 99-20.603 FS-P + B+R+I Salomon c/CPAM
de Lyon et a. /. Cass. SOC. , 19 juillet 2001 n° 99-21. 536 FS+P+ B+R+I,
SA FRAMATOME c/ Gicquiaux et a.).
-
Accidents du travail/maladies professionnelles en 2000 – Liaisons Sociales
Quotidien n° 13444 du 18/0701
- Le nombre total des accidents du travail en France, en 2000 est comparable
à celui de l’année 1999 ;
- Les accidents mortels sont en nette hausse (+6,5 %) par rapport à
1999.
En ce qui concerne le nombre de maladies professionnelles reconnues,
il a triplé en huit ans.
-
Le risque d’accident augmente avec la reprise - Liaisons Sociales
Quotidien n° 13461 du 16/08/01
Selon une étude de la Dares (Premières synthèses
n° 31-1, août 2001) le risque d’AT par heure travaillée
augmenterait lorsque l’activité économique est dynamique
et se réduirait lors des récessions.
La main d’œuvre inexpérimentée se trouve davantage exposée
au risque d’accident ainsi que l’emploi intérimaire.
Par ailleurs, la probabilité d’AT augmenterait en cas
d’introduction d’innovations dans l’organisation du travail.
C’est dans le secteur tertiaire que le nombre d’accidents est le plus
important (augmentation de 70 % depuis 1970).
-
Comment nos voisins luttent contre les Accidents du travail ?
– Liaisons Sociales Magazine N° 23 juin 2001.
Avec le retour de la croissance, l’intensification de la charge de
travail, les exigences accrues de la compétitive et l’envolée
des contrats précaires le nombres d’accidents du travail est à
la hausse depuis 1999.
D’après la troisième enquête sur les conditions
de travail de la Fondation de Dublin mené par P. Paoli «le
pourcentage des salariés qui ont déclaré des blessures
varie du simple au double selon que ceux-ci travaillent à un rythme
de travail intense (11%) ou non (5%). La différence est la même
entre les salariés qui doivent répondre à des échéances
très courtes (10%) et ceux qui ne sont pas soumis à des délais
très courts (5%).
Quelles sont les politiques de nos voisins pour améliorer la
sécurité dans le travail ? Seront abordées brièvement
les politiques d’amélioration de la sécurité au travail
en Allemagne, en Suède, en Espagne et en Italie.
-
Allemagne
En 2000, l’Allemagne a établi un record historique, en effet,
ce pays a comptabilisé le nombre le plus faible d’accident mortel
jamais enregistré et avec une diminution du nombre global d’accident
du travail et de maladie professionnelle (-2,8%).
D’après J. Feldmann de l’Agence fédérale pour
la protection et la Médecine du travail «cette performance
s’explique par un système qui responsabilise fortement l’entreprise
».
« Dès 1884, l’Allemagne se dote d’une loi qui prévoit
que les entreprises se regrouperont en associations par branches et seront
chargées d’assurer les travailleurs contre les accidents du travail.
D’un côté, le gouvernement fédéral définit
les lois et les règles, et les administrations régionales
contrôlent leurs applications. De l’autre, le système d’assurance
et de prise en charge est entièrement financé et géré
par les entreprises où une cinquantaine d’assurances professionnelles
de branche qui assurent la majorité des contrôles ».
Depuis 1996, les caisses d’assurances professionnelles n’interviennent
plus seulement en matière de prévention relative aux maladies
professionnelles mais s’étendent à tous les problèmes
de santé.
La protection du travail en Allemagne va évoluer dans l’avenir
dans le renforcement de la prévention et le développement
d’une approche plus psychosociale.
-
Suède
Au niveau national, les accidents sont en diminution. Une loi adoptée
en 1978, a instauré le droit pour les délégués
à la sécurité (ils sont 100 000 dans les entreprises
de plus de cinq salariés) de faire cesser le travail en cas «de
danger grave et imminent ».
Mais comme l’Allemagne, la Suède voit émerger la montée
des maladies liées au stress. Dans le secteur privé, 15 %
des employés de bureau de moins de 35 ans en arrêt maladie
de longue durée sont placés en retraite anticipée.
-
Espagne
Les accidents y sont deux fois plus nombreux que dans le reste de l’Europe.
On compte trois accidents mortels par jour en Espagne (7,8 % de hausse
entre 1999 et 2000).
La pression syndicale a débouché en 1998 sur un plan
de prévention contre les accidents du travail.
De son côté, la justice espagnole s’est dotée d’un
nouveau service destiné aux accidents du travail. Dans chaque province,
un ou plusieurs magistrats sont uniquement chargés de les suivre.
De plus, les inspecteurs du travail et les centres médicaux sont
désormais invités à communiquer à la justice
les rapports d’accidents.
Le Conseil économique et social du gouvernement Aznar
recommande dans un rapport l’augmentation du nombre des Inspecteurs
du travail et le financement d’une partie de l’arrêt de travail
par l’employeur.
-
Italie
Enfin en Italie, le gouvernement a crée 1000 postes d’Inspecteurs
du Travail. En parallèle une campagne de sensibilisation sur la
sécurité du travail a été lancée avec
des spots TV, des messages radio …
BRUIT
-
Une meilleure protection contre le bruit au travail - Liaisons Sociales
Europe n° 35 du 20/06/01 au 03/07/01
La proposition de directive portant prescriptions minimales de sécurité
et de santé relative à l’exposition des travailleurs aux
risques dus aux agents physiques (bruit) a fait l’objet d’un accord unanime
lors du Conseil le 11/06/01.
Le texte de compromis modifie la directive 86/88 relative à
la protection des travailleurs contre les risques dus à l’exposition
au bruit.
Cette proposition qui doit être examinée par le Parlement
européen abaisse différents seuils de bruit :
- le niveau de la valeur limite d’exposition appréciée
individuellement par salarié et non dans le contexte global de travail,
est passé de 90dB (A) à 87 dB (A). Au-delà de cette
valeur limite, l’employeur est obligé de prendre des mesures destinées
à réduire l’exposition au bruit (A noter que la proposition
initiale fixait une valeur limite de 85 Bd (A)).
- le niveau de la valeur limite d’action au-delà duquel l ‘
employeur est obligé de définir un schéma de prévention
est abaissé de 85 à 80 dB (A).
Par ailleurs, le nouveau dispositif inclut les secteurs maritimes et
aériens, alors exclus de la directive de 1986. Une fois la Directive
accordée, la France aura trois ans pour la transcrire en droit français.
CADRES
-
Pouvoir d’achat des Cadres en 2000 - Liaisons Sociales quotidien
n° 13439 du 11/07/01
Selon l’enquête annuelle de l’observatoire des cadres CFDT :
- 42 % (soient 4 cadres sur 10) ont enregistré une perte de
pouvoir d’achat en cours de l’année 2000 contre 27 % en 1999 et
22 % en 1998.
-
Pas de flambée sur le salaire des cadres en 2000 – Entreprises et
Carrières n° 578 du 05 au 11/0601
Selon l’enquête rémunération 2001 de l’Apec (réalisée
en 2000 auprès de 3000 cadres du secteur privé), près
de deux tiers des cadres ont vu leurs salaires progresser en 2000. (+ 11,3
% contre 10,9 en 1999).
Cependant, 19 % des cadres n’ont pas du tout connu d’augmentation.
Actuellement, le salaire médian se situe à :
- 295 000 – 300 000 francs pour les hommes ;
- 250 000 pour les femmes.
Par ailleurs :
- 8 % des cadres sont «très satisfaits » de leur
rémunération ;
- 65 % des cadres sont «satisfaits » de leur rémunération
;
- 26 % des cadres sont mécontents de leur rémunération.
Les résultats de l’étude montrent aussi que :
- 71 % des augmentations s’inscrivent dans le cadre des mesures individuelles
;
- 18 % se sont fait dans le cadre de mesures collectives.
En revanche certaines catégories de cadres ont vu leurs
salaires progresser de façon très significative :
- les cadres émargeant à plus de 500 000 F (+ 24 %) ;
- les cadres informaticiens (+ 11 %) ;
- les responsables du personnel ;
- les responsable de la communication (+ 22 %).
CHRONIQUE DE CHRISTOPHE
DEJOURS
-
Vie des organisations – Le plaisir au travail Le Monde 19 juin 2001 - Christophe
Dejours
Il ne faut pas confondre plaisir au travail et satisfaction au travail.
On peut réussir aux épreuves de l’évaluation et en
éprouver de la satisfaction et taire alors tout ce qui a échappé
à ce bilan normatif. La discordance entre le savoir intime du travail
bâclé et cette évaluation flatteuse nuit au plaisir
qui est sans doute un adjuvant de productivité et de compétitivité.
Ce silence public sur la critique du travail effectif est dommageable.
Les mouvements actuels de protestation sur les atteintes à la
santé tant physique que mentale n’aboutissent qu’à des concessions
sur la durée du travail ou des salaires. Si on veut développer
le pouvoir de transformer l’organisation du travail, il faut développer
le pouvoir de penser et de parler en public du travail chez tous les salariés.
Cela ne serait pas impossible puisque la parole émerge déjà
dans l’intimité du cabinet du médecin du travail ou du psychiatre.
EUROPE
-
ALLEMAGNE
-
Pas d’emploi à 5000 marks chez Volkswagen - Liaisons Sociales
quotidien n° 2485 du 04/07/01
Le syndicat allemand IG Metall a refusé que VW crée 5000
emplois payés 5000 marks par mois réservés à
des chômeurs.
En effet, VW voulait les faire travailler 42,5 heures pas semaine
dont 7,5 pour la formation, alors que le salariés de VW travaillent
28,8 heures/semaine.
Les chômeurs embauchés auraient été payés
40 % de moins que les salariés en place.
-
Chez Siemens, un contrat antitabac trop séduisant -
Entreprises et carrières n°580 du 19 au 25/06/01
Afin d’améliorer la santé du personnel du département
développement de Siemens à Berlin, le chef de ce service
a proposé de récompenser les fumeurs de l’entreprise qui
renoncent à la nicotine en leur versant une prime mensuelle
de 250 marks pendant deux ans. Au total une quinzaine de salariés
a signé ce contrat. Mais suite à l’indignation et la jalousie
des autres salariés notamment les non-fumeurs le projet à
été arrêté.
-
Grande-Bretagne
-
Le mardi, jour des infidélités - Entreprises et carrières
du 19 au 25/06/01
D’après l’enquête réalisée par le site emplois
Joppilot ce «serait le mardi que les salariés en poste auraient
le plus la bougeotte ».
En effet, 37 % des visites constatées sur les pages d’annonces
britannique de ce recruteur en ligne se font le mardi contre 21 % le mercredi,
et, 2 % le vendredi, samedi, dimanche.
« Il reste aux managers soucieux de fidélisation à
faire du mardi le jour des primes, promotions et félicitations diverses
»
-
Pays-Bas
-
Retour à l’emploi des «lots »de chômeurs de l’ANPE
cédés au privé - Entreprises et carrières
n° 578 du 05 au 11/06/01
Au Pays-Bas, depuis le 1er janvier 2001, les chômeurs et les
personnes en incapacité partielle ne comptent plus sur la
seule ANPE pour les aider à trouver un emploi. Des entreprises privées
ont pris le relais de ce marché estimé à plus de 6
milliards d’euros.
Cette «vente aux enchères » (les chômeurs
et les invalides étaient regroupés en «lots »
et classés selon le type et le degré de leur handicap par
rapport aux marchés de l’emploi) a été élaborée
et supervisée par l’Institut National de Sécurité
Sociale (LISV).
Les entreprises retenues se sont engagées à fournir un
emploi à 35 % des personnes pris en charge.
Certains critiquent le système actuel d’attribution des marchés.
En effet, le regroupement d’un trop grand nombre de personnes par «lots
» favoriserait ainsi les entreprises les plus importantes et les
mieux établis.
-
Qui va payer la garde bébé - Entreprises et carrières
n° 581 du 26/06 au 02/07/01
Dans un pays où plus de 70 % de la population est active et
où les crèches sont surpeuplées les employeurs sont
obligés de trouver des solutions pour aider leurs employés
à faire garder leurs enfants.
Même une société de travail temporaire (Unique)
propose aux futurs intérimaires une famille d’accueil pour garder
leur progéniture.
Les crèches d’entreprises étant difficiles à mettre
en place, la plupart des entreprises recourent «aux places d’entreprises
» pour lesquelles ils bénéficient souvent d’une priorité
à l’inscription.
Les frais sont répartis entre le patron et le salarié
selon des barèmes. L’état par le biais des mesures
fiscales participe aussi. Ainsi, 30 % des coûts assurés par
l’entreprise peuvent être déduits des charges patronales.
Le reste, soumis à l’impôt sur les sociétés,
bénéficie ainsi d’une déduction de 35 %.
En 2003, une loi devrait rendre obligatoire le partage des coûts
entre employeurs du père et de la mère des enfants à
garder.
Le tiers des frais sera assuré par l’entreprise, le reste par
les parents ou la collectivité.
-
Les services aux salariés font désormais partie du paysage
– Entreprise et Carrières – n° 586 du 28/08 au 03/09/01
Depuis plusieurs années au Pays-Bas, des fournisseurs spécialisés
dans les services au personnel proposent différentes commodités
: courses par l’intranet, lavage de voitures, pressing, masseurs et coiffeurs
sur les lieux de travail…
Les nouveaux acteurs de ce secteur d’activité se sont
regroupés au sein d’une association nationale, afin de défendre
leurs intérêts auprès des pouvoirs publics. De plus,
ils comptent bien s’implanter en Belgique, en Angleterre (où ces
services existent déjà – Cf. La Revue de Presse AST67 décembre
2000 – Des majordomes au service de la City – Entreprise et Carrières
n°554 – 12 au 18/12/00), en Allemagne et en France.
HARCELEMENT MORAL
-
Harcèlement moral- Une loi, et après ? - Entreprises
et carrières n° du 12 au 18/06/01
Bien que le harcèlement moral figurera bientôt dans le
Code du travail et dans le Code pénal, beaucoup d’employeurs et
DRH multiplient les demandes d’information et essayent de trouver des moyens
pour détecter les agissements d’éventuels harceleurs.
Dans ce dossier sont présentés :
- La jurisprudence relative au harcèlement moral ;
- Un entretien avec Ph. Ravisy auteur de l’ouvrage «le harcèlement
moral au travail » (éd. Delmes-express) ;
- Les pratiques des DRH ;
- En Allemagne, la Commerzbank part à l’assaut du mobbing.
NOUVELLES TECHNOLOGIES
-
645000 salariés dans les NTIC fin 1999 - Liaisons Sociales
Quotidien n° 13458 du 09/08/01
Selon une étude de la Dares (Premières synthèses
– n° 28-2 juillet 2001) les technologies de l’information et de la
communication (TIC) employaient 645 000 salariés à
la fin de l’année 1999.
Les effectifs auraient augmenté de 64 % en 18 ans.
Les jeunes seraient présents en force :
- 36 % de salariés ont entre 25-34 ans (contre 30 % dans le
secteur privé).
-
Faire ses déclarations sociales sur le Net - Liaisons Sociales quotidien
n° 13437 du 09/07/01
Les entreprises depuis le mois de septembre 2000 peuvent effectuer
leurs déclarations sociales à l’adresse suivante «
http : //www.net-entreprises.fr »
SANTE AU TRAVAIL
-
M. Kouchner inaugure ses rendez-vous bimestriels sur les grands dossiers
de la santé. Le Monde 13 mai 2001. Paul Benkimoun
Pendant 2 heures et devant une trentaine de journalistes, le ministre
a passé en revue les dossiers les plus chauds du moment, infections
nosocomiales, usage thérapeutique du cannabis, etc…
« Le Monde » n’a pas cru bon de reprendre les quelques
mots prononcés sur la santé au travail, retrouvés
sur le site du ministère «la maîtrise des risques d’expositions
professionnels doit également être renforcée.
Nous avons appris à connaître les risques importants liés
à l’usage de l’amiante dans le bâtiment. Un projet de décret,
actuellement soumis au Conseil d’Etat, vise à renforcer notre politique
de prévention, en réduisant les seuils d’exposition, et en
améliorant la démarche de repérage des matériaux
amiantés.
La mesure de l’importance de l’exposition est parfois difficile, et
les seuils souvent théoriques ; c’est pourquoi la mise en œuvre
de la surveillance épidémiologique demeure l’un de nos impératifs.
……………
De même nous avons décidé, avec le ministère
du travail, de renforcer la traçabilité des expositions aux
éthers de glycols, et de renforcer également les dispositions
de protection des travailleurs exposés (décret du 1 février
2001). L’objectif est ici la substitution de ces produits dangereux. Un
forum sera organisé cette année pour en étudier les
possibilités »
-
Parcours-Conseiller santé sous tension. Courrier Cadres, 3 mai 2001,
p.35. Valérie Lespez.
Superbe «4 pages » consacré au métier de
médecin du travail dans Courrier Cadres, 3 portraits de médecins
du travail mais hélas tous en service autonome ! Seul un petit encadré
reprend la réalité terrain : 80% des médecins dans
400 services interentreprises qui surveillent 250 à 300 PME, 20%
en service autonome. L’APEC veut-elle susciter des vocations ?
TRAVAIL EN HAUTEUR
-
Directive sur le travail en hauteur– Liaisons Sociales Quotidien n°
13448 du 24/07/01
La Directive n° 2001/45/CE du 2706/01 modifiant la directive 89/655/CEE
sur l’utilisation des équipements de travail vient de paraître
au Journal officiel des communautés européennes. Elle introduit
des dispositions relatives au travail en hauteur.
Cette directive précise que «la priorité
doit être donnée aux mesures de protection collective sur
les mesures de protection individuelle ».
La France a jusqu’au 19/07/04 pour transposer cette directive
en droit français. Ensuite une période transitoire maximale
de 2 ans peut être prévue.
U.S.A.
-
Les recruteurs embauchent derrière les barreaux
- Entreprises et carrières n° 584 du 17 au 27/08/01
Certains employeurs recrutent derrière les barreaux. Ces emplois
ne sont pas seulement des tâches de production faiblement qualifiées
à l’intérieur de la prison, mais aussi en vue de la sortie
est proposée une formation à la clé.
Ces programmes sont très demandés.
DIVERS
-
Place des salariés dans les Conseils d’administration – Liaisons
Sociales Quotidien n° 13453 du 01/08/01
J.L.. Cazettes (Président de la CFE – CGC) souhaite que le gouvernement
prenne des mesures afin de «favoriser la place des salariés
dans les Conseils d’administration », pour jouer un rôle lors
des plans sociaux.
-
Assistantes maternelles : - Liaisons Sociales Quotidien n° 13460
du 14/08/01
Les résultats d’une étude de la Direction de la recherche,
des études, de l’évaluation et des statistiques (DRES) montrent
que :
- Le nombre d’assistantes maternelles libérales exerçant
à la journée est passé de 171000 en 1992 à
320 000 en 1999, tandis que le nombre d’assistantes maternelles en crèche
familiale a baissé dans les années 1990 passant de 32000
à 26000.
- la Moyenne d’âge est de 43 ans ;
- 50 % vivent en zone rurale ;
- 50 % n’ont aucun diplôme ;
- en mars 2000, le salaire net mensuel moyen déclaré
était de 3.200 F
- une assistante maternelle accueille entre 2,4 et 2,6 enfants.
-
Peugeot expérimente à Mulhouse le travail en août –
Le Monde 02/08/01
« C’est une première dans l’industrie automobile
«le groupe PSA-Peugeot a décidé de faire tourner les
chaînes de son usine de Mulhouse en août. L’usine produira
27000 véhicules supplémentaires ».
Les salariés ont pu cette année choisir leurs congés
(entre juillet et août). Il a été même prévu
que ceux qui n’avaient pas d’obligation liée aux vacances scolaires
pourraient prendre leur congé principal à un autre moment
de l’année.
Pour permettre à l’usine de continuer à tourner, il a
été recruté 1800 vacataires (étudiants) et
2500 intérimaires.
-
La Sécu excédentaire en 2000 – Liaisons Sociales Quotidien
n° 13417 du 11/06/01
Selon les estimations de la Commission des comptes de la Sécurité
Sociale, le régime général a enregistré un
excédent de 5,2 milliards de francs en 2000 (7,9 milliards sont
prévus pour 2001).
« Cette situation permet au gouvernement de mettre à
contribution la Sécurité Sociale pour financer les 35 heures
».
On peut noter que seule la branche maladie était déficitaire
de 6,1 milliards de francs en 2000.
Quant aux autres branches elles sont excédentaires :
- + 2,4 milliards de francs pour la branche accidents du travail ;
- + 1 milliard de francs pour la branche vieillesse ;
- + 7,0 milliards de francs pour la branche famille.
-
Création d’un congé de paternité – Liaisons Sociales
Quotidien n° 13418 du 12/06/01
Le Premier ministre a annoncé lors de la conférence annuelle
de la famille la création d’un congé de paternité
de deux semaines dès janvier 2002.
-
Démographie médicale - Liaisons Sociales Quotidien
n° 13427 du 25/06/01
La Direction générale de la santé (DGS) a publié
deux rapports qui affirment «que la densité médicale
connaîtra un repli à partir de 2008 et que les effectifs de
médecins diminueront à l’horizon des vingt prochaines années,
avec une accentuation des inégalités régionales dans
l’accès aux soins ».
Neuf propositions sont avancées pour éviter cette future
pénurie, comme :
- l’augmentation du numerus clausus en 1ère année ;
- l’augmentation du nombre de postes offerts aux Concours de l’internat,
avec une répartition par spécialité du nombre de ces
postes.
-
Vie privée, vie professionnelle, les frontières deviennent
toujours plus floues. Le Monde, 22 mai 2001 -Yves Mamou
Il y avait le CRM (consumer relationship management), maintenant sévit
l’ERM, employee relationship management.
Espérant réduire le turn-over des cadres, certaines entreprises
jouent la séduction. Elles ouvrent des «portails de service
» sur l’intranet de l’entreprise, offrant toute une gamme de services
d’ordre privé qui peuvent même être en partie financés
par l’entreprise. Les téléphones portables élargissent
la vie professionnelle des cadres en dehors du bureau, les dossiers de
travail rentrent à la maison le soir ou le week-end, l’ERM intervient
lui, pour légitimer le règlement des problèmes personnels
qui empiète sur le temps de travail.
-
Vie des organisations - L’éthique en stock Le Monde, 29 mai 2001
par Jean-Pierre Le Goff,
Notion fourre-tout, l’éthique rassemble les causes les
plus diverses parmi lesquelles on retrouve, droits de l’homme, santé
et environnement, défense des salariés, travail des enfants,
etc.…. Valeurs que l’entreprise va toutes utiliser au service de la performance
et de l’image. Peut-on y voir une prise de conscience salutaire, voire
une transformation de la logique des entreprises ainsi converties ou bien
un outil qu’on manipule au gré des objectifs du moment ? Une bonne
crédibilité implique, de toutes façons, la transparence
et celle-ci ne peut être garantie que par des organismes extérieurs.
Qui contrôlera ces contrôleurs de l’éthique ?
-
Le Bureau international du travail dénonce le déficit d’emplois
«décents » dans le monde. Le Monde, 6 juin 2001.
Le 5 juin, s’est ouverte la 89° session de la Conférence
internationale du travail. Le BIT estime le nombre de chômeurs déclarés
à 160 millions, celui des travailleurs sous-employés à
1 milliard. Mais 22% des travailleurs n’ont pas les moyens d’assurer à
leur famille un revenu de 1 dollar par personne et par jour. D’après
le rapport, les inégalités vont croissantes malgré
les perspectives favorables de l’économie mondiale.
M. Somavia, le directeur général du BIT, en appelle au
BIT, aux gouvernements mais aussi à tous les partenaires intéressés
pour définir des solutions qui permettent de relever ce défi
qu’il lance : « réduire le déficit de travail décent
».
-
« Risquophiles », «risquophobes » : l’individu
selon le Medef. Point de vue de Robert Castel, sociologue directeur d’études
à l’EHESS - Le Monde 7 juin 2001.
Robert Castel analyse dans ce point de vue la représentation
manichéenne de l’individu sous-tendue dans les préconisations
du Médef et ses dangers du point de vue de la démocratie.
SANTÉ PUBLIQUE
BOTULISME
-
Le botulisme en France à la fin du deuxième millénaire
(1998 - 2000) - BEH n°9/2001
Introduction
Le Botulisme est une affection nerveuse caractérisée
par des paralysies flasques, connue depuis l’Antiquité. Il sévit
chez l’homme et les animaux et résulte de l’action de neurotoxines
bactériennes dénommées toxines botuliques, qui se
divisent en sept toxinotypes (A à G).
Les toxines botuliques sont produites par diverses espèces de
Clostridium qui sont des bactéries anaérobies strictes et
sporulées dont l’habitat est l’environnement.
Le Botulisme de type B, le plus fréquemment rencontré
en France en Europe est communément associé à la consommation
de charcuteries, jambon non cuit. Le porc est souvent un porteur sain de
Cl. botulinum B.
Trois modes de contamination peuvent être à l’origine
du botulisme :
- l’intoxication alimentaire après ingestion d’aliments contaminés
(toxine préformée dans l’aliment ou intoxination) ;
- le botulisme néonatal et certains cas de botulisme adulte
résultent d’une toxi-infection. Les spores ingérées
se multiplient dans l’intestin et produisent la toxine in situ ;
- beaucoup plus rarement, botulisme par blessure, actuellement en recrudescence
chez les toxicomanes à la suite d’injections de drogues avec du
matériel contaminé.
Botulisme humain
Le nombre de cas annuels varie de 14 à 26 dans la période
1998-2000. Le botulisme le plus fréquent en France est celui de
type B. Classiquement son origine est liée à la consommation
de jambon salé et séché de préparation familiale,
mais d’autres aliments responsables ont été répertoriés
: soupe industrielle de poisson, suspicion boudin industriel, suspicion
marinade de poisson de préparation familiale.
Discussion
Le botulisme reste une maladie rare chez l’homme dans notre pays, de
type B avec pour principal véhicule jambon et produits de charcuterie
de préparation familiale. Toutefois, l’augmentation des échanges
commerciaux entre régions et pays favorise la dissémination
des denrées à risque et des différents types de botulisme.
Ainsi le botulisme de type A et E est plus important qu’auparavant avec
comme source de contamination les produits du commerce ou des repas servis
dans des restaurants. L’identification de l’aliment est parfois difficile
car les symptômes peuvent se déclarer plusieurs jours après
l’ingestion du repas contaminant et les échantillons alimentaires
ne sont alors plus disponibles.
Le botulisme est par contre plus largement répandu chez les
animaux sauvages et d’élevage. En premier lieu les oiseaux, puis
les bovins. Le botulisme animal est en général de type C
ou D, rarement rencontrés chez l’homme. Par contre l’apparition
de botulisme E dans les élevages industriels de poulets est plus
préoccupant du fait de la gravité de cette forme de botulisme
chez l’homme et de sa fréquence dans certains pays.
Jusqu'à maintenant aucun cas humain n’a pu être relié
au botulisme E aviaire en France.
CANCER DU SEIN
-
Evaluation du programme de dépistage organisé du cancer du
sein - BEH n°27/2001
Résultats 1999
- le dépistage s’adresse à toutes les femmes de 50 à
69 ans, les femmes de cette tranche d’âge sont invitées par
courrier à effectuer une mammographie tous les deux ans. En 1999,
32 départements sont inclus dans le programme de dépistage.
En 1999, la population cible de 28 départements analysés
est de 2 491 549 femmes soit 40% des femmes françaises de 50 à
69 ans.
La comparaison des taux de cancers de bons pronostics observés
dans le cadre du dépistage organisé avec les mêmes
taux dans une région sans dépistage organisé, montre
que les taux dans le cadre du programme sont 2,6 fois plus élevés
pour les cancers < ou = à 10 mm et 1,5 x plus élevés
pour les cancers sans envahissement ganglionnaire.
Il faut cependant aussi une bonne participation des femmes, le taux
global de participation ne dépasse pas les 40%... .
Une réorganisation du programme devrait permettre d’obtenir
une meilleure participation des femmes et des professionnels.
CONSEILS AUX VOYAGEURS
-
Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2001.(à l’attention
des professionnels de santé) - BEH n° 28/2001
A lire intégralement ! .
CHOLERA
-
Le choléra à Mayotte - BEH n°8/2001
Mayotte est une île française de l’archipel des Comores,
située dans l’océan indien à 1500 km de la Réunion
et à 300 km de Madagascar. Une épidémie de choléra
s’est installée dans la région depuis 1998 en provenance
d’Afrique de l’Est touchant Grande Comore, Madagascar et îles avoisinantes.
Au total 10 cas de choléra confirmés bactériologiquement
ont été recensés à Mayotte entre le 30/08/98
et le 10/12/00. Ces 10 cas, dont 4 probablement autochtones s’intègrent
dans une épidémie régionale, sans flambée épidémique.
La situation épidémiologique de Mayotte est à
ce jour similaire à celle de la Guyane Française en 1992
où 15 cas dont 9 autochtones avaient été notifiés.
Dans ces 2 territoires français, on note : les mêmes conditions
sanitaires, la même situation épidémiologique défavorable,
des structures sanitaires et un niveau de vie meilleurs que dans les pays
limitrophes ... .
Pourquoi dans ces 2 territoires n’y a t’il pas eu de flambée
épidémique ?
Les hypothèses possibles sont :
- l’accès à l’eau potable généralisé
- la chimioprophylaxie de l’entourage (non recommandé par l'O.M.S.)
- la chloration des points d’eau suspects
- la rapidité des enquêtes et des interventions des services
environnementaux
- les campagnes de prévention
- la prise en charge précoce des cas et leur isolement.
Devant ces faits, le gouvernement français a décidé
en accord avec les recommandations de l’O.M.S. (accès à l’eau
potable - construction de latrines sèches - mesures d’assainissement
- recueil des données épidémiologiques, recherche
de vibrion dans les aliments et eaux usées ..) de mettre en place
une campagne de vaccination anticholérique de toute la population
de l’île par le vaccin oral tué WC/rBS.
GONOCOQUES
-
Confirmation de la recrudescence des gonococcies en France depuis 1998
- BEH n°14/2001
Il y a en France un réseau de surveillance de la
gonococcie reposant sur les données de laboratoire (RENAGO) et un
système de notification hebdomadaire des urétrites masculines
(médecins généralistes sentinelles).
Une augmentation des gonococcies est observée dès 1998
à Paris, (RENAGO), sur la même période une augmentation
des urétrites masculines est observée. Il y a eu augmentation
importante de gonococcies anorectales (RENAGO) et une proportion d’homosexuels
atteints d’urétrite (10%) plus élevée que dans la
population générale (4%). Une recrudescence des gonococcies
a été également observée aux Etats Unis et
en Europe. Dans certaines grandes villes et leur périphérie,
elle concerne principalement les homo-bisexuels.
L’augmentation des gonococcies observée en France depuis 2 ans
s’inscrit dans un contexte d’apparition de foyers de cas groupés
de syphilis en Europe, dans des pays où cette maladie avait quasiment
disparu. Cette situation témoigne d’une augmentation de rapports
sexuels non protégés et on peut craindre une recrudescence
de nouvelles contaminations par le VIH, d’autant que la transmission du
VIH est facilitée chez des patients atteints de MST.
RADIATIONS IONISANTES
-
Cancers de la thyroïde en France et accident de Tchnernobyl : évaluation
des risques potentiels et recommandations pour le renforcement des connaissances
épidémiologiques. BEH n° 21/2001
Une augmentation de la fréquence des cancers de la thyroïde
est constatée dans la population générale en France
depuis plus de 20 ans.
Les estimations nationales d’incidence réalisées par
le réseau des registres du cancer font état d’un taux
standardisé à la population européenne passant respectivement
entre 1975 et 1995 de 0,6 à 3,1 pour
100 000 hommes et de 2,1 à 5,7 pour 100 000 femmes.
L’accident de Tchernobyl survenu le 26 avril 1986 a été
responsable d’une épidémie de cancers thyroïdiens dans
les pays les plus exposés.
L’exposition à l’iode 131 rejeté lors de l’accident a
joué un rôle essentiel dans sa survenue, mais d’autres facteurs
sont suspectés (irradiation externe, irradiation par les iodes à
vie courte).
La Direction Générale de la Santé a demandé
en janvier 2000 à l’Institut de Protection et de Sûreté
Nucléaire et à l’Institut National de Veille Sanitaire de
réaliser une évaluation des conséquences sanitaires
de cet accident en France et de formuler des recommandations sur les approches
épidémiologiques à mener pour mettre en évidence
l’impact éventuel de cet accident sur la survenue des cancers de
la thyroïde.
Résultats :
Ces travaux ont abouti à 1 rapport qui concerne uniquement les
personnes âgées de moins de 15 ans au moment de l’accident
de Tchnernobyl.
Le pourcentage de cancers de la thyroïde en excès dans
la décennie 1991 - 2000 chez les jeunes de moins de 15 ans en 1986,
dans la zone Est de la France serait compris entre 0,5 et 22,77 % ; pour
la période
1991 - 2015 entre 0,8 et 6,1 %.
Ces résultats doivent être interprétés avec
prudence.
Les coefficients de risque utilisés ne sont pas parfaitement
adaptés à l’exposition à l’iode (ils proviennent d’une
étude d’enfants exposés à une irradiation externe
par rayons gamma ou X de la thyroïde...).
En tout état de cause, les valeurs centrales de l’excès
estimé pour ces deux périodes sont inférieures ou
comparables aux incertitudes sur l’estimation du nombre de cancers attendus
Renforcement des connaissances épidémiologiques.
1) l’augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde en France
est-elle réelle ou liée à l’évolution des pratiques
diagnostiques et thérapeutiques des pathologies thyroïdiennes
?
2) Part éventuelle de l’accident de Tchnernobyl dans l’augmentation
de l’incidence des cancers de la thyroïde en France.
3) Pertinence d’une étude épidémiologique visant
à vérifier l’existence d’un excès du risque de cancer
thyroïdien lié aux retombées de l’accident de Tchnernobyl
? .
TABAC
-
Estimation du nombre de fumeurs traités avant et après délistage
des substituts nicotiniques. Ces substituts sont vendus sans ordonnance
(délistés) depuis fin 1999. BEH n° 22-23/2001
1) Il est possible d’affirmer que le délistage s’est accompagné
d’un doublement des ventes de substituts nicotiniques sur l’année
par effet direct de l’accès facilité en pharmacie et par
l’effet indirect de la publicité des laboratoires pharmaceutiques.
2) Il est possible d’affirmer que le délistage ne s’est pas
accompagné d’une diminution de l’activité des centres de
tabacologie mais qu’il s’est accompagné d’une diminution de plus
de la moitié des prescriptions par les médecins non-spécialistes
du tabac.
3) Des hypothèses reposant sur de nombreuses incertitudes sont
possibles pour calculer les nombres d’arrêts supplémentaires
liés à ces mesures.
La meilleure estimation est de 160 000 arrêts supplémentaires
du tabagisme obtenus grâce à la mesure du délistage.
TÉTANOS
-
Le tétanos en France en 1998 et 1999- BEH n ° 17/2001
Le tétanos est une toxi-infection due à un bacille anaérobie
gram positif, capable de sporuler, le clostridium tétani.
Cette bactérie ubiquitaire persiste dans le sol sous forme sporulée,
extrêmement résistante. Elle pénètre dans l’organisme
via une plaie. Il y a alors germination des spores et production de toxines
entraînant après une incubation de 4 à 21 jours, une
atteinte neuromusculaire (contracture, spasmes musculaires et convulsions).
Il y a 3 formes de maladie : généralisée (la plus
fréquente et la plus grave, 80 % des cas) localisée (région
proche de la plaie); ou céphalique avec atteinte des nerfs crâniens.
Un vaccin efficace et d’une innocuité quasiment parfaite existe
depuis plus d’un demi siècle pour prévenir cette maladie.
Principales caractéristiques épidémiologiques
:
- l’incidence :
elle est de 0,34 (1998) et 0,29 (1999) par millions d’habitants, en
décroissance au cours de ces trois dernières années.
- répartition par âge et par sexe : 20 cas déclarés
en 1998 contre 17 cas déclarés en 1999.
Les cas sont principalement des personnes âgées (84% du
total des cas ont 70 ans et plus), et des femmes (81%)
- distribution saisonnière : pic estival avec 43% des cas survenant
lors des mois d’été ;
- porte d’entrée :
* en 1998, la porte d’entrée a été une blessure
dans 12 cas (67%) le plus souvent liée à des travaux de jardinage,
piqûre végétale, matériel souillé. Plaies
chroniques dans 6 autres cas ;
* en 1999, blessure dans 9 cas (60%), liée à des travaux
de jardinages, piqûre végétale, matériel souillé.
Plaies chroniques dans 6 autres cas ;
- durée d’incubation : médiane de 8 jours ;
- pronostic de la maladie ;
* 10 cas sont décédés, 6 en 1998 et 4 cas en 1999
soit une létalité de 30% et de 23,5% respectivement ;
* 4 cas ont présenté des séquelles en 1998 et
1 cas en 1999 ;
Les 22 autres patients ont guéri sans séquelles.
- antécédents vaccinaux : les cas surviennent chez des
personnes mal ou non vaccinées.
Conclusion :
Même si le nombre de cas annuels de tétanos reste faible,
cette maladie demeure une maladie grave pouvant s’accompagner de séquelles
et dont la létalité est élevée.
Malgré la diminution de l’incidence, les cas et les décès
pourraient êtres évités par une prévention reposant
sur la vaccination par l’anatoxine tétanique (tous les 10 ans chez
l’adulte) et en cas de plaie, vaccination et administration d'immunoglobulines
spécifiques humaines.
TOXI-INFECTIONS
-
Les toxi-infections alimentaires collectives en France en 1998 - BEH n°15/2001
Définition d’une TIAC
Un foyer de TIAC est défini par la survenue d’au moins deux
cas groupés d’une symptomatologie similaire, digestive, d’origine
alimentaire.
Systèmes de surveillance
* déclaration obligatoire
* centre national de référence des salmonella et shigella
(CNRSS).
Commentaire
Le nombre de déclarations de TIAC (DO) a augmenté constamment
depuis 3 ans. En 1998, 662 foyers de TIAC ont été recensés.
Il persiste cependant une sous déclaration importante. Salmonella
reste la principale cause des TIAC déclarées et sa part étiologique
dans les foyers reste stable.
Le serotype Enteritidis reste prédominant.
En 1998, le serotype salmonella typhimurium a été à
l’origine de plusieurs foyers de salmonelloses, survenues dans des collectivité
scolaires et attribuées à la consommation de steaks hachés
de boeuf.
Recommandations
Les efforts d’application des recommandations concernant la restauration
collective doivent être poursuivis et renforcés, notamment
dans les institutions médico-sociales, en restauration commerciale
et scolaire où le nombre de foyers de TIAC, en particulier à
salmonelles, reste élevé
Les efforts de prévention doivent porter sur les points suivants
en restauration collective :
- bonnes pratiques de transport, stockage, préparation des aliments
- respect strict des chaînes du froid et du chaud
- utilisation de mayonnaises industrielles, de préparation à
base d’oeufs pasteurisés et de poudre d’oeufs.
En milieu familial :
- placer rapidement après l’achat les oeufs dans le réfrigérateur
(4°) où ils seront conservés 2 semaines maximum.
- pour les personnes plus vulnérables (âgées -
malades - jeunes enfant ...) ne pas consommer d’oeufs crus ou peu cuits
- préparation à base d’oeufs sans cuisson (mayonnaise,
crèmes, pâtisseries, ...) à préparer le plus
près possible du moment de consommation et à maintenir au
froid.
Enfin les viandes hachées et les viandes de volaille doivent
être consommés cuites (à coeur).
TUBERCULOSE
-
Les cas de tuberculose déclarés en France en 1998 et 1999
- BEH n° 10/2001
Introduction
Les estimations de l’O.M.S. sont de près de 8 millions de personnes
atteintes de tuberculose chaque année et 2 millions de décès.
Plus de 95 % des personnes atteintes vivent dans les Pays en développement.
En France après un arrêt de la régression de l’incidence
de la maladie le taux d’incidence de la tuberculose a diminué à
partir de 1995 mais le nombre de cas déclarés reste le plus
élevé parmi l’ensemble des maladies à déclaration
obligatoire.
Modalités de la surveillance de la tuberculose :
- maladie à déclaration obligatoire depuis 1964
- critère de déclaration : présence d’une tuberculose
maladie ayant conduit à la mise en route d’un traitement antituberculeux
(au moins 3 antituberculeux).
Résultats
- Evolution de l’incidence
en 1998 et 1999, le taux d’incidence des cas déclarés
en France métropolitaine était de 11,1 cas pour
100 000 hab.
Depuis 1997, ce taux est stable : (en 1998 : 6651 cas déclarés)
contre 6674 cas déclarés en 1999) en France métropolitaine.
L’Ile de France a un taux d’incidence plus de 2 fois supérieur
à la moyenne nationale (26,4/100 000 hab).
Toutes les autres régions, sauf l’Alsace et la Bretagne, ont
des taux d’incidence inférieurs à 10/100 000 hab.
- Répartition par sexe et par âge :
le taux d’incidence augmente avec l’âge pour atteindre 28,3 cas
pour 100 000 personnes de 75 ans et plus. Age médian 46 ans. 60
% des cas de sexe masculin
- Répartition par nationalité
* 7,3 cas pour 100 000 personnes de nationalité française
en 1999.
* 45,8 cas pour 100 000 personnes de nationalité étrangère
* Pays de naissance :
- 62 % en France
- 14 % Afrique Nord
- 11 % Afrique subsaahérienne
- Taux de mortalité
En 1997, 692 décès, soit 10 % de cas de tuberculose décédés
parmis l’ensemble des cas déclarés.
- Formes cliniques
les formes pulmonaires sont prédominantes (78% en 1998)
- Tuberculose et infection par le VIH.
La proportion de sujets infectés par le VIH parmis l’ensemble
des cas de tuberculose est de 4% (3,9 % en métropole, 13 % dans
les DOM). Elle était de 10% en 1995.
Conclusion
On peut estimer qu’il y a environ 11000 nouveaux cas de tuberculose
chaque année en France.
Les populations les plus exposées sont les personnes âgées
de plus de 75 ans, les adultes jeunes de sexe masculin et les personnes
de nationalité étrangère. Les taux d’incidence très
élevés de la tuberculose observés chez les personnes
de nationalité étrangère dans certains départements
d’île de France sont préoccupants.
Des programmes ciblés sur ces populations associant dépistage,
prise en charge médicale et sociale, suivi des malades permettront
de réduire l’incidence de la tuberculose. Les populations en grande
précarité doivent également faire l’objet d’une attention
particulière.
VIH/SIDA
-
Prise en charge et chimioprophylaxie des expositions au VIH à l’assistance
publique - hôpitaux de Paris, analyse de 3354 demandes d’avis - BEH
n°11/2001
Résultats
Sur une période de 2 ans, les 3354 demandes d’avis concernaient
:
- pour 58% d’entre eux des expositions professionnelles
- pour 36% des expositions sexuelles
- pour 6% d’autres types d’expositions (seringues traînantes,
rixes ...)
Sur l’ensemble des AES recensées, 50% ont fait l’objet d’une
proposition de chimioprophylaxie anti VIH, soit 32% des AES professionnels,
78 % des expositions sexuelles et 60% des AES autres. Les bithérapies
ont représenté 39 % des traitements instaurés
et les trithérapies 60%.
Conclusion
Les expositions professionnelles ont représenté le plus
grand nombre de demandes d’avis, mais ce sont les expositions sexuelles
qui ont donné lieu au plus grand nombre de mise sous traitement.
La première cause d’arrêt de la chimioprophylaxie est le retour
d’un résultat négatif de la sérologie VIH du sujet
source.
La généralisation de la mise à disposition des
tests rapides de diagnostic du VIH devrait permettre de diminuer de plus
de 25% les chimioprophylaxie instaurées suite à une exposition
professionnelle au VIH.
-
Surveillance du Sida en France. BEH n°24/2001
Au 31 décembre 2000, le nombre de personnes vivantes atteintes
de Sida est estimé entre 22500 et 24800 et le nombre total de décès
depuis le début de l’épidémie entre 36500 et 39600.
- Augmentation de la population vivante atteinte de Sida
En 1999 et 2000 le nombre de nouveaux cas de sida s’est stabilisé
autour de 1700 cas annuels, et le nombre de décès à
environ 600/an.
Sur cette période le nombre total de personnes en vie après
avoir développé un sida poursuit sa progression d’environ
5 % par an.
- Nombre important de patients non dépistés ou non traités
avant le diagnostic de sida.
Près des ¾ des cas de Sida diagnostiqués en 1999/2000
n’ont pas bénéficié de traitement
antiretroviral pré-sida.
- Prépondérance de la classe d’âge 30-44 ans, diminution
du nombre de cas masculins, augmentation de cas féminins
* âge au diagnostic de sida entre 30 et 44 ans dans 60
% des cas.
* nombre de cas de sida chez les hommes en diminution de 9%.
* chez les femmes en augmentation de 9% (femmes souvent de nationalité
africaine).
- Prépondérance de la contamination hétérosexuelle
:
44% des cas de sida diagnostiqués en 2000.
- Augmentation du nombre de cas de sida chez les femmes de nationalité
africaine.
En 1999 et 2000, 27% des cas de sida diagnostiqués chez les
femmes concernent des femmes de nationalité africaine.
- Modes d’entrée dans le sida différents selon qu’il
y a eu ou non un traitement antiretroviral pré-sida.
* parmi les personnes traitées les pathologies inaugurales
les plus fréquentes sont les candidoses (19%), les pneumocystoses
(12%) et les lymphomes (11 %).
* parmi les personnes découvrant leur séroposivité
au diagnostic de sida, les pathologies les plus fréquentes sont
la pneumocystose (34%), la candidose oesophagienne (14%), la toxoplasmose
cérébrale (14%)... .
DIVERS
-
Pratique du Roller et port de casque - BEH n°13/2001
- L’augmentation de la pratique du Roller, en particulier en zone urbaine
et celle des risques d’accidents rend nécessaire une meilleure connaissance
de cette pratique et de ses adeptes.
Cette étude a permis d’établir le profil socio démographique
du pratiquant de Roller et de voir si ce dernier utilise un casque.
Le profil type du pratiquant de Roller est un sujet jeune, homme ou
femme, urbain de milieu socio-économique plutôt favorisé
et vivant seul (e) (parmi les personnes âgées entre 20 et
39 ans).
En terme de comportement de prévention, un peu plus d’un pratiquant
de Roller sur dix a porté un casque lors de sa dernière sortie,
plus parmi les hommes que les femmes.
Trois profils se distinguent dans le port du casque en fonction de
l’âge :
- les plus jeunes (12-14 ans) sont plus nombreux à avoir porté
le casque et plus nombreux à pratiquer le Roller ;
- les adolescents et jeunes adultes chez lesquels le port du casque
est peu fréquent ;
- les adultes (à partir de 30 ans) parmis lesquels le port du
casque est «aléatoire».
Plus globalement, le casque est essentiellement porté lorsqu’il
est obligatoire (92,3% des usagers de deux roues motorisés ont mis
un casque à leur dernière sortie).
Il est important de préciser que la protection uniquement par
le casque est insuffisante. Les protège-poignets sont vivement recommandés
car ils évitent les conséquences de l’accident de Roller
le plus fréquent : les traumatismes des membres supérieurs
liés à une chute.
Epidémiologie des accidents de Roller en France (1997-1999)
Introduction
C’est à partir du 18ème siècle que des inventeurs
de diverses nationalités mettront au point des patins à roulettes.
Le patin à roulettes dont les roues sont disposées en carré
connaîtra un véritable engouement dans la deuxième
moitié du 19ème siècle et de nombreuses patinoires
furent construites à cette époque.
Les premières compétitions sportives (artistiques, de
vitesse) seront organisées en 1910.
Après la 2ème guerre mondiale, le patin à roulettes
décline et c’est la planche à roulettes (skate board) qui
s’impose dans les années 70. Finalement c’est en 1990 qu’ est mis
au point le «patin à roues alignées» ou in-line
skate (roller- blade), il constitue aujourd’hui une activité récréative
et sportive très populaire.
Résultats
Entre 1997 et 1999, 2075 accidents de Roller ont été
enregistrés par 7 hôpitaux
- ils ont concerné plus souvent des hommes (64,1%) que des femmes
(35,8%)
- les accidentés étaient jeunes : 16,5 % moins de 10
ans, 48,5 % de 10 à 14 ans, 13,3% de 15 à 19 ans, 14,5% de
20 à 34 ans et 7,2 % de 35 ans et plus.
- la répartition des accidents montre une saisonnalité
marquée : près de la moitié des accidents de l’année
ont lieu au printemps.
- presque la totalité des accidents a résulté
d’une chute (91%) surtout entre 10 et 14 ans.
- les principales lésions ont été des contusions
(40%), les fractures (34,3%), les luxations et les entorses (13,4%), les
plaies ouvertes (9,1%). Le membre supérieur est en cause dans près
de 2/3 des lésions (poignet surtout avec fractures).
Conclusion
Il y a actuellement des millions de pratiquants de Roller en France,
ce qui entraîne des dizaines de milliers d’accidents par an, parfois
graves et pouvant laisser des séquelles importantes. Il s’agit donc
d’un véritable problème de santé publique qui doit
être abordé sous différentes facettes :
- évolution de la réglementation concernant les lieux
de pratique ou le port de protection
- normes pour la fabrication de ces protections
- information des pratiquants, ... .
SANTÉ AU TRAVAIL
CHRONOBIOLOGIE
-
Selon une étude, les décalages horaires fréquents
ont des répercussions sur l’organisme. Le Monde 28 mai 2001. Elisabeth
Bursaux
Nature Neuroscience de Juin 2001 reprend les conclusions d’une étude
de Kwangwook Cho du Medical Research Council de Bristol. Ce chercheur a
comparé des équipages aériens faisant le même
nombre d’heures de vol mais en parcourant plus de 7 fuseaux horaires pour
le premier groupe et des distances plus courtes pour le groupe témoin.
Le premier groupe est soumis à un stress plus important que
le chercheur rapporte à l’augmentation permanente du cortisol. Il
a aussi étudié la taille des hippocampes et la trouve significativement
atrophiée dans ce groupe et ce, en relation directe avec le taux
de cortisol. Il serait possible que ces lésions soient réversibles
car les neurones de l’hippocampe se multiplieraient.
Ces données seraient-elles extrapolables pour les travailleurs
aux horaires décalés ?
RADIATIONS IONISANTES
-
La vie exposée des travailleurs précaires du nucléaire.
Le Monde, 29 mai 2001
Annie Thébaud-Mony, sociologue de l’INSERM, révèle
dans une étude « L’industrie nucléaire. Sous traitance
et servitude » aux éditions EDK et Inserm, la « gestion
de l’emploi par la dose ». EDF se défend de sélectionner
ses travailleurs en fonction des doses radioactives reçues et veut
continuer à garantir une efficacité économique optimum
en ayant recours à des entreprises extérieures pour assurer
les opérations de maintenance saisonnières.
TMS
-
Des experts alertent sur l’épidémie des troubles musculo-squelettiques.
Le Monde, 22 mai 2001, Marie Béatrice Baudet
Les derniers chiffres des TMS en France, pour 1999, sont en augmentation,
11000 déclarations, contre 9000 en 1998. Les chirurgiens déclarent
eux intervenir sur 130000 syndromes du canal carpien. Même si on
estime à 50% le taux d’origine professionnelle, on arriverait à
65000….
La loi du silence sévit aussi aux Etats-Unis. De nombreuses
études universitaires ont souligné la sous-déclaration
de la maladie notamment chez les travailleurs immigrés qui craignent
pour leur emploi. 1,8 million TMS ont été recensés
en 2000, l’Occupationnal Safety and Health Administration estime que le
chiffre réel serait au moins du double.
SANTÉ
CANCER / UV
-
Méfaits du soleil (I) Pourquoi le soleil est dangereux - Par Michel
JEANMOUGIN - La revue du Praticien – Médecine générale
– 14 mai 2001
Objectif :
Comprendre les mécanismes d’agression du soleil.
Les rayonnements UVA et UVB ont un effet délétère
sur la structure moléculaire des cellules, avec une triple conséquence
: mutation, immunosuppression et carcinogénèse.
En résumé :
· Les quantités d’UV sont maximales en juin-juillet,
celles de mai, d’août, d’avril et de septembre sont comparables.
· L’index UV est diffusé par les médias dans les
bulletins de “ Météo Solaire ”.
· Les UVB ont une action délétère directe
sur les structures moléculaires.
· Les UVA ont des effets délétères indirects
par la production de “ radicaux libres ”.
· L ‘effet immunosuppresseur des UV favorise la photocarcinogénèse.
RESPONSABILITE MEDICALE
-
Responsabilité médicale : le défaut d’information
est une faute - Par Pascale CHAILLOU - La revue du Praticien – Médecine
générale – 14 mai 2001
Objectif :
Se repérer dans l ‘évolution de la responsabilité
médicale.
Pour engager la responsabilité civile du médecin, le
patient doit apporter la preuve d’une faute. Mais la jurisprudence récente
tend à faciliter cette démarche : par exemple, le défaut
d’information est une faute et c’est au médecin de prouver qu’il
a informé le patient.
En résumé :
· Le médecin doit informer son patient des risques des
actes médicaux diagnostiques ou thérapeutiques.
· L’information doit porter sur l’ensemble des risques, même
si ceux-ci sont exceptionnels.
· La preuve de l’information peut être faite par tous
moyens par le médecin. Il a la charge de cette preuve.
· En matière pénale, l’omission de porter secours
n’est punissable que si elle est volontaire.
VACCINATION
-
Vaccination contre l’hépatite B :le risque de sclérose en
plaques est-il réel ? Par Jean-Pierre SOLLET - La revue du Praticien
– Médecine générale – 14 mai 2001
Il s’agit d’une analyse intéressante de quelques études
épidémiologiques, notamment une étude cas-témoin
sur deux cohortes de plus de 100.000 infirmières.
FORMATION
-
Nutrition et plaisir- - La revue du Praticien – Médecine générale
– 14 mai 2001
Questions-Santé-Plaisir, le programme d’information nutritionnelle
de Lesieur et Nestlé, se poursuit cette année avec des soirées
de formation médicale organisées dans différentes
régions. Elles concernent aussi les médecins du travail.
Pour plus d’information : http://www.lesieur.fr
Ou Nestlé nutrition
: 01.60.53.53.53
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Document réalisé et mis à jour par le Dr
Nathalie
Delaunay
Médecin du travail, AST du Bas-Rhin
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Sociale
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