L@ Revue de Presse Mensuelle d'AST67
Avril 2001
EDITORI@L
Le 29/03/01, le Conseil Economique et Social a présenté
un projet d’avis sur le harcèlement moral au travail. Il propose
que la notion de harcèlement moral soit étendue au secteur
public et que soit adoptée une sanction pénale. Il soumet
également l’idée que le harcèlement moral soit reconnu
comme risque professionnel.
Le Medef votera contre ce projet d’avis sur le harcèlement
moral mais souhaite favoriser des actions de sensibilisation dans les entreprises
en partenariat avec les médecins du travail, les représentants
du personnel et les organismes officiels.
Enfin, la Ministre de l’Emploi et de la Solidarité considère
que le harcèlement moral au travail est un risque professionnel
et est d’avis de rajouter ce risque dans le rapport annuel du médecin
du travail.
Après la découverte d’un gène de l’horloge
biologique (Revue de Presse de janvier 2001), c’est au tour d’une équipe
de chercheurs japonais de montrer que les mécanismes moléculaires
régulant les rythmes circadiens dans les fibroblastes cultivés
ressemblent fortement à ceux de l’horloge centrale. Grâce
à cette découverte, les cellules de la peau pourraient être
utilisées pour identifier les anomalies génétiques
des sujets qui présentent des troubles du rythme veille – sommeil
(Le Quotidien du Médecin).
A lire absolument le dossier sur le risque de transmission de
l’encéphalopathie spongiforme bovine aux travailleurs de la filière
de boucherie (DMT).
Enfin, cet été le festival d’Avignon présentera
une pièce de théâtre particulière. En effet,
les comédiens principaux sont d’anciens salariés licenciés
d’un groupe de la grande distribution. La pièce intitulée
«La femme jetable » retrace les conflits avec leur ancienne
direction.
Bonne lecture et A très bientôt,
Nathalie Delaunay
ACTUALITE SOCIALE
AMIANTE
-
Deux fois plus de cancers liés à l’amiante que prévu
– Quotidien du Médecin n° 6889 du lundi 2 avril p. 19
Dans une enquête publiée dans l’hebdomadaire «
Le point », on évalue à 1366 le nombre de mésothéliomes
en 1998 en France. Les cancers pulmonaires seraient 1,5 fois plus nombreux.
Le Professeur Marcel GOLDBERG, épidémiologiste responsable
du programme de surveillance des mésothéliomes à l’Institut
de veille sanitaire exprime aujourd’hui son inquiétude pour les
travailleurs qui procèdent aux déflocages et pour ceux également
qui opèrent à proximité des chantiers de démolition
des immeubles qui contiennent de l’amiante. L’Association nationale de
défense des victimes de l’amiante (ANDEVA) lance un appel aux renforcements
des moyens de contrôle et de surveillance des chantiers.
CHRONIQUE DE CHRISTOPHE
DEJOURS
-
Evaluer les activités de service ? par Christophe Dejours. Le Monde
du 13 février
S’ajoute aujourd’hui aux traditionnels métiers du travail social,
une quantité impressionnante de « nouveaux métiers
» que multiplient les politiques de la ville :agent d’ambiance, correspondant
de nuit, etc…. Dans son rapport, Mme Brévan, déléguée
interministérielle à la ville, insiste sur l’urgence de reconnaître
les savoir-faire et les métiers de ces nouveaux professionnels.
Mais le travail social accompli est invisible. Ces professionnels n’ont
ni le temps, ni les moyens d’élaborer leur expérience et
de la transformer en connaissances organisées et transmissibles…,
donc reconnaissables. S’il y a parfois reconnaissance, il s’agit d’une
reconnaissance au sens de gratitude exprimée par les bénéficiaires
même de ces services et non de reconnaissance de la qualité
du travail. Ce qui n’empêche qu’on réclame l’évaluation
de ce travail et de toutes les activités de service. Alors, on évalue,
on quantifie, avec force méthodes objectives le travail qu’on ne
sait même pas décrire. Ces évaluations peuvent créer
des sentiments d’injustice, d’absurdité, voire désorganiser
des services, avec comme résultat une augmentation de la morbidité
psychologique. Pour pouvoir reconnaître, il faut d’abord connaître,
il est temps de financer la recherche sur l’analyse du travail dans les
services. On verra alors comment reprendre le dossier de l’évaluation.
DISCRIMINATIONS
-
Les députés complètent le texte sur la lutte contre
les discriminations– Liaisons Sociales Quotidien n° 13376 du 05/04/01
L’ Assemblée Nationale a adopté en seconde lecture la
proposition de loi visant à lutter plus efficacement contre les
discriminations au travail.
En effet, la liste des motifs de discrimination (art. L 122-45 du Code
du travail) a été élargie à :
· L’orientation sexuelle ;
· L’apparence physique ;
· Le patronyme ;
· La discrimination fondée sur l’âge (rajouté
par le Sénat).
Les moyens des Inspecteurs du travail ont été aussi augmentés,
pour leur permettre de mettre à jour, des faits de discrimination.
Enfin, les associations auront le droit d’exercer en justice en faveur
d’un salarié ou d’un candidat ayant subi une discrimination. Seules
conditions : les associations doivent avoir été crées
depuis plus de 5 ans et justifier d’un accord de l’intéressé.
-
Racisme au travail – Le sujet n’est plus tabou (dossier) – Entreprises
et Carrières n° 570 du 03 au 09/04/01
En France, le taux de chômage des étrangers d’origine
non européenne est trois fois plus élevée que
celui des nationaux. Dans ce dossier très complet sont abordés
les problèmes juridiques liés à la discrimination,
les pratiques de sensibilisation de certaines entreprises de travail temporaire
et des programmes de formations visant à comprendre les différences
culturelles de leurs clients ou d’une partie de leur personnel.
-
Les discriminations raciales sont jugés les plus grands – Entreprises
et Carrières n° 571 du 10 au 16/04/01
L’Assemblée nationale a adopté à la majorité
le 03/O 4/01 une proposition de loi (PS) visant à lutter contre
les discriminations au travail. Cette loi complète le Code du travail
et aménage la charge de la preuve : ce sera désormais à
l’employeur d’apporter la preuve que sa décision en cas de litige
est « justifié par des éléments objectifs, étranges
à toutes discriminations ».
Une enquête réalisée par Epsy essaie de mesurer
le degré de gravité attribué par les salariés
interrogés aux différentes discriminations et de les faire
concorder avec la fréquence de celle-ci.
Viennent en tête (gravité et fréquence confondues)
:
- - les discriminations raciales (environ 80 %) ;
- les discriminations
sexuelles (40 %) ;
- les
discriminations liées à l’âge (41 %) ;
- les discriminations
liées à l’apparence physique (35 % ) ;
- les discriminations
liées à un handicap (30 %).
EGALITE PROFESSIONNELLE
-
Le travail de nuit des femmes légalisé – Liaison Sociales
Quotidien n° 13391 du 27/04/01
Afin de se mettre en conformité, la France a transposé
en droit français la Directive communautaire de 1976 sur l’égalité
professionnelle.
En effet, le Code du Travail (art. L- 213-1) est modifié afin
de lever l’interdiction du travail de nuit des femmes dans l’industrie.Toutefois,
ce travail de nuit doit être exceptionnel. Il ne peut être
mis en place qu’après conclusion d’une convention ou d’un accord
collectif de branche ou d’entreprise. Le travail de nuit (21 heures à
6 heures) ne peut excéder 8 heures par jour et 40 heures par semaine.
Si le travail de nuit est incompatible avec des « obligations familiales
impérieuses », « le salarié travaillant de jour
peut refuser d’être affecté à un poste de nuit sans
que le refus ne constitue une faute ou un licenciement ». Tout travailleur
de nuit bénéficie d’une surveillance médicale particulière.
Une femme enceinte ou venant d’accoucher peut-être affectée
à une poste de jour à rémunération égale.
Si elle ne peut être reclassée, « une suspension
de contrat de travail est prévue assortie d’une garantie de rémunération
».
EUROPE
-
Espagne - Liaisons Sociales Europe n° 31 – 25/04/ au 08/05/01
D’après le syndicat CCOO, l’Europe est sur le point de connaître
une épidémie de cancers pulmonaires et de la plèvre.
L’Espagne serait particulièrement touché. En effet, ce pays
comme la Grèce et le Portugal n’ont pas transposé la directive
européenne de 1999 qui interdit l’usage de l’amiante dans la fabrication
des produits. Le syndicat CCOO demande la reconnaissance de ces cancers
en maladie professionnelle et la retraite à 50 ans pour les salariés
exposés.
-
Pays-Bas - Maximum intrigue pour recruter – Entreprise et Carrières
n° 570 du 03 au 09/04/01
Tandis qu’une agence de communication néerlandaise envoie des
« Mots doux » le jour de la Saint Valentin pour
recruter son personnel. D’autres, comme la Société informatique
de Ranstad chargent des acteurs qui ont pour mission d’aborder en récitant
des poèmes des candidats potentiels lors d’un festival de théâtre
de la rue. Enfin, la Société Top Talent organise des tests
et des entretiens d’embauche dans un stade de football, un studio de TV
ou un salon automobile.
ETHERS DE GLYCOL
-
ETHERS DE GLYCOL – Liaisons Sociales Quotidien n° 13387
La Ministre de l’ Emploi annoncé le lancement de deux
études épidémiologiques sur les éthers de glycol.
Sera aussi organisé prochainement un forum sur ce thème.
HYGIENE ET SECURITE
-
Hygiène et sécurité sur le devant de la scène
– Liaisons Sociales Europe N° 31 du 25/04 au 08/05/01
La présidence française a été marquée
par l’obtention d’un accord politique des quinze sur deux propositions
de directives portant sur le travail en hauteur et la protection contre
les vibrations. « La proposition de directive sur le travail en hauteur
modifie la directive 89/655 sur l’utilisation des équipements de
travail en introduisant les dispositions relatives aux équipements
de travail servant au levage afin de couvrir plus spécifiquement
le travail en hauteur ». Cette nouvelle directive devrait permettre
l’extension des règles relatives à la sécurité
dans le cadre d’un travail en hauteur à tous les autres secteurs,
et, non plus le secteur du bâtiment seulement. Enfin, au sujet de
la proposition de directive sur la protection contre les vibrations un
accord politique a été obtenu (difficilement) « sur
la détermination de valeurs d’exposition au-delà desquels
les principes de prévention définis par la directive-cadre
de 1989 doivent être appliqués » et aussi sur la fixation
des valeurs limites qui ne doivent pas être dépassées.
INTERNET
-
Les chercheurs s’indignent des prétentions financières des
revues scientifiques – Le Monde du 21/04/01
Déjà plus de 14000 signataires pour « une bibliothèque
publique pour la science ». En France, un millier de chercheurs y
ont déjà souscrit. Si vous souhaitez signer cette pétition
: www.publiclibraryofscience.org
RAYONNEMENTS IONISANTS.
-
Protection contre les rayonnements ionisants - Liaisons Sociales
Quotidien n° 13375 du 04/04/01
L’ordonnance n° 2001-270 du 28/03/01 en date du 28/03/01, transpose
en droit français 3 directives européennes (Euraton) relatives
à la protection contre les rayonnements ionisants :
· Directive 96/29 du 13/05/96 = relative à la protection
des populations ;
· Directive 90/641 du 04/12/90 = relative à la protection
des travailleurs ;
· Directive 17/43 du 30/06/97 = relative à la protection
des personnes exposées à des fins médicales.
Cette ordonnance améliore notamment « la protection
des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, en particulier
les travailleurs non –salariés et les travailleurs précaires
».
Prochainement, « un décret en Conseil d’état
doit préciser les modalités d’application aux travailleurs
salariés et non salariés des dispositions concernant la protection
contre les risques d’exposition aux rayonnement ionisants (VLE, les références
d’exposition …) – article L 231-7-1 nouveau Code du Travail.
Ainsi que des mesures spécifiques de protection des travailleurs
précaires sont prévues, article L 122-3-17 et article L –
124-22 nouveau Code du travail).
SANTE AU TRAVAIL
-
Médecine du travail : 159 postes d’interne mis au concours -
Quotidien du Médecin n° 6898 du vendredi 13/04 p. 15
Voici l’une des premières mesures du gouvernement pour redresser
le déficit en médecins du travail. Le nombre de postes d’interne
fixé à 159 pour le concours 2001 est paru dans un arrêté
publié au JO du 11 avril. Rappelons que ce déficit est actuellement
évalué entre 500 à 1500.
-
Le licenciement pour raison de santé c’est possible - Quotidien
du Médecin n° 6880 du mardi 20 mars, p. 17
Le rôle du médecin du travail dans ce cas de licenciement
pour arrêts de travail répétés pour maladie
semble négligé. D’un côté il y a l’état
de santé du salarié qui aurait bien besoin du soutien du
médecin du travail, de l’autre celle de l’entreprise soutenu par
une jurisprudence de la Cour de Cassation. Un licenciement est en
effet autorisé (sans passer par le médecin du travail) si
les absences répétées du salarié entravent
le fonctionnement de l’entreprise. On attend maintenant le verdict de la
Cour de Justice qui devra se prononcer au milieu des contradictions des
lois (décembre 1992) et des jurisprudences.
SIDA ET TRAVAIL
-
Emploi des séropositifs – Liaisons Sociales Quotidien n° 13384
L’Agefiph va signer le 17/04/01 une convention nationale en faveur
de l’emploi des personnes séropositives et malades du Sida, pour
2 ans.
USA
-
BUSH ENTERRE LA PREVENTION DES MALADIES PROFESSIONNELLES – Entreprises
et Carrières n° 571 du 10 au 16/04/01
Le projet de prévention des TMS travaillé pendant plus
de 10 ans par les fonctionnaires de l’OSHA a « été
mis à mort en quelques semaines par les lobbyings patronaux ».
Cette réglementation OSHA avait été approuvée
par Bill Clinton à la fin de son mandat.
VIOLENCE AU TRAVAIL
/ HARCELEMENT MORAL
-
Le CES veut pénaliser le harcèlement moral - Liaisons Sociales
Quotidien n° 13373 du 02/04/01
Le CES a présenté le 29/03/01 un projet d’avis sur le
harcèlement moral au travail.
Il propose la définition suivante : « Aucun salarié
ne doit subir les agissements répétés du harcèlement
moral d’un employeur, de son représentant ou de, quiconque visant
à dégrader les conditions humaines, relationnelles, matérielles
de son travail, de nature à porter atteinte à ses droits
et à sa dignité, pouvant altérer gravement son état
de santé et pouvant compromettre son avenir professionnel ».
Cette définition prend en compte le fait que le harcèlement
peut être vertical (par la hiérarchie) ou horizontal (par
les collègues). Ce qui le différencie du projet de loi présenté
en première lecture à l’Assemblée nationale où
n’est mentionné que le harcèlement vertical.
Le CES considère également que la notion de harcèlement
moral doit être étendue au secteur public. Il propose aussi
l’adoption d’une disposition pénale et qu’il soit reconnu comme
risque professionnel (pour l’instant le projet de loi actuel ne prévoit
qu’une modification du Code du travail).
-
Harcèlement moral au travail : les objectifs du Médef – Liaisons
Sociales Quotidien n° 13381 du 12/04/01
Le Médef, l’ ACFCI et la CGPME voteront contre le projet d’
avis sur le harcèlement moral au travail présenté
par M. Debout, au Conseil économique et social.
En effet, le Médef refuse que le projet mette «
d’office à la charge de l’entreprise la responsabilité de
ce type de situation et sa réparation ». Il ne souhaite pas
non plus que soit prévu « … une nouvelle sanction pénale
ou de le reconnaître comme une maladie professionnelle ».
En revanche, il favorise les actions de prévention et de sensibilisation
(prévus par l’INRS) dans les entreprises privées en partenariat
avec les Médecins du travail, les représentants du personnel
et les organismes officiels.
-
Elisabeth Guigou refuse la pénalisation du harcèlement moral-
Liaisons Sociales Quotidien n° 13382 du 13/04/01
L’avis du CES présenté par Michel Debout sur le
harcèlement moral à été adopté le 11/04/01.
La ministre de l’emploi et de la solidarité a participé à
la séance plénière. Elle a aussi précisé
que le gouvernement n’a pas l’intention « d’exposer les entreprises
à des avalanches de contentieux contestables ».
La ministre souhaite d’une part l’exclusion du champs du harcèlement
moral aux pratiques qui concernent les collègues de travail et d’autre
part, l’élargissement des dispositions sur le harcèlement
moral aux fonctions publiques.
La ministre considère que le harcèlement moral est un
risque professionnel. Elle compte rajouter ce risque dans le rapport annuel
du médecin du travail ( par modification du décret sur le
contenu du rapport annuel).
Enfin, la sanction du harcèlement moral sera facilitée
par l’aménagement de la charge de la preuve.
« Le projet de loi de modernisation sociale contient des
dispositions prévoyants :
- les sanctions disciplinaires pour les auteurs de harcèlement
moral ;
- une protection des salariés qui témoignent ;
- une réparation du salarié dont la rupture du contrat
de travail est intervenue à la suite d’un harcèlement moral
».
DIVERS
-
Quand les salariés prennent leur revanche sur la scène –
Entreprise et Carrières n° 569 du 27/03 au 02/04/01
Sera présenté l’été prochain au festival
d’Avignon, une pièce de théâtre dont les comédiens
sont d’anciens salariés du magasin Auchan Le Havre. La pièce
de théâtre intitulée « La femme jetable »
retrace les conflits avec leur ancienne direction.
-
Les médecins traitants partenaires dans la lutte contre l’exclusion
professionnelle - Quotidien du médecin N° 6897 jeudi 12 avril
Page 16
Depuis 1997, CIME 92 (Cellule d’Insertion pour le Maintien dans l’emploi
dans les Hauts de Seine) a enregistré plus de 600 dossiers de salariés
susceptibles d’être mis en inaptitude médicale. Parmis les
cas conclus, plus de 70 % aboutissent au maintien dans l’emploi dont plus
de 95 % au sein de l’entreprise. Dans 3 cas sur 5 un soutien financier
( fonds AGEFIPTH notamment) a été nécessaire. Ce bilan
met l’accent sur la nécessité d’une étroite collaboration
des médecins traitants, qu’il est important de sensibiliser aux
conséquences professionnelles des arrêts de travail (voir
QM n°6880 du 20.03.01 page 17). Les actions les plus efficaces se situent
bien en amont des décisions d’aptitude.
-
Les médecins diplômés en 1982 devraient enfin pouvoir
changer de spécialité - Quotidien du Médecin
n°6897 du jeudi 12 avril Page 7
Le Conseil de l’ordre était déjà intervenu auprès
du ministère pour que la loi de modernisation sociale prévoit
des passerelles entre les spécialités . Dans son projet,
cette loi prévoit de déterminer comment les médecins
qui on exercé pendant au moins 3 ans leur activité professionnelle
peuvent accéder à une formation de 3e cycle des études
médicales différente de leur formation initiale.
-
L’heure d’été est pérennisée – Liaison sociales
Quotidien 28/03/01 n° 13370
La directive européenne du 19/01/01 publié au JO CE du
02/08/01, « pérennise » l’heure d’été
en les établissant pour une durée indéterminée.
A partir de l’année 2002, l’heure d’été débutera
à 1 heure du matin, temps universel, dans chaque état membre,
le dernier dimanche de mars, et se terminera à 1 heure du matin,
temps universel, le dernier dimanche d’octobre.
SANTE AU TRAVAIL
AMIANTE
-
Conditions de travail des opérateurs dans les chantiers de désamiantage.
Secteur 2 matériaux friables. DMT n°84, 4è trimestre
84TF97 p 389-404
Une étude par questionnaire a été faite pour évaluer
les conditions de travail des chantiers de retrait d’amiante. Le désamiantage
est
un métier considéré comme pénible par les salariés
qui l’exerce. La moyenne d’âge est de 31 ans et ce sont les plus
jeunes qui considèrent leur travail comme épuisant. Ce sont
eux aussi qui font les tâches les plus difficiles. Les principaux
facteur de pénibilité rapportés par les salariés
sont les contraintes d’organisation (entrées et sorties de zone),
posturales, thermiques et celles liées au rythme de travail.
Ce travail fatigant pose aussi le problème de sécurité.
Inévitablement, un surcroît de fatigue peut entraîner
un risque supplémentaire d’accidents et un moins bon respect
des consignes de sécurité. Il semblerait que les meilleurs
rythmes de travail qui puissent être proposés soient :
- si le chantier ne présente pas de contrainte spécifique
2 fois 2h30 éventuellement 3 fois 2h en respectant une heure de
récupération avant chaque nouvelle entrée ;
- si des contraintes spécifiques sont prévisibles le
temps de séjour devrait être réduit sans dépasser
le nombre d’entrées de trois par jour.
Le questionnaire qui suit l’article peut apporter une aide précieuse
lors du suivi de chantier par les médecins du travail.
CHRONOBIOLOGIE
-
La peau : une fenêtre de l’horloge centrale du cerveau – Quotidien
du Médecin n°6898 vendredi 13 avril page 6
Une équipe de chercheurs japonais vient de publier une étude
dans la revue « Science » * qui montre que les mécanismes
moléculaires régulant les rythmes circadiens dans les fibroblastes
cultivés ressemblent fortement à ceux de l’horloge centrale.
L’application de cette découverte fondamentale serait de pouvoir
utiliser ces cellules de la peau pour identifier les anomalies génétiques
des sujets qui présentent des troubles du rythme veille-sommeil.
ESB
-
Risque de transmission de l’agent de l’encéphalopathie spongiforme
bovine aux travailleurs de la filière de boucherie. DMT n°84,
4è trimestre 84TD 108 p 415-434
Avant d’aborder le risque de transmission de l’ESB. Cet article rappelle
les autres zoonoses susceptibles d’être contractées dans les
filières de la viande.
- Brucellose : le risque a fortement diminué. Dans l’espèce
bovine, cette maladie devrait être éradiquée par l’instauration
de l’abattage systématique des derniers foyers. Par contre le risque
persiste pour les salariés en contact d’ovins ou carpins.
- Tuberculose : 3 à 5% des cas de tuberculose humaine sont dus
à des mycobactéries bovines. La lutte passe par un abattage
sélectif.
- Fièvre Q : risque potentiel stable ;
- Salmonellose : risque potentiel lors de la manipulation de l’appareil
digestif des animaux infectés.
- Leptospirose : le rat est le réservoir. Mais, risque de contamination
par des bovins à l’abattoir.
- Listériose : contamination possible surtout lors de la manipulation
de l’appareil reproducteur.
- Campylobactériose : contamination possible lors de la manipulation
de tubes digestifs.
- Escheichia Coli : la contamination par contact en abattoir paraît
possible mais insuffisante pour pouvoir entraîner une maladie.
- Charbon quelques foyers persistent.
Le mode de contamination est variable selon l’agent pathogène,
les animaux malades représentent le plus grand danger. Les viscères
représentent le plus grand risque contaminant.
L’ESB est parti de l’Angleterre, le premier cas connu en France date
de 1991, en mai 2000, 97 cas dénombrés. Les premiers signes
de maladie sont des troubles du comportement puis des troubles de la marche.
Ces symptômes sont plus faciles à détecter par l’éleveur
qu’à l’abattoir. Les farines animales sont à l’origine de
la transmission. D’autres modes de transmission sont suspectés :
maternel dans 10% des cas (pas de contamination par le lait), environnemental,
par les acariens et les vaccins. Le risque de transmission de l’agent bovin
à l’être humain a été démontré
en 1996. Un gramme, voire un milligramme de cervelle suffirait pour contaminer
un bovin. A l’abattoir, les Matériels à Risques Spécifiés
(MRS) sont : la cervelle, les yeux et la moelle épinière
(++), les amygdales, la rate, le thymus, les viscères abdominaux
et thoraciques. Les MRS sont collectés pour incinération.
La pratique du jonchage est désormais interdite. Tous les animaux
malades sont euthanasiés dans les élevages et incinérés.
Des tests de diagnostics de l’ESB sont effectués post-mortem. Une
très grande sensibilité de ces tests permettrait d’éviter
qu’un animal infecté passe dans la chaîne alimentaire et protègerait
ainsi le consommateur. Ces tests effectués après l’abattage
ne permettent pas d’envisager la protection des salariés dans les
abattoirs… Actuellement le risque professionnel de transmission n’est pas
démontré. Toutefois ces agents sont extrêmement résistants
à tous les modes classiques de décontamination et dans le
milieu extérieur.
En abattoirs, les risques face à des animaux a priori sains
sont :
- Avec les bovins : le poste où la carcasse est coupée
en deux (des solutions de remplacement sont actuellement en cours d’étude)
et la manipulation des MRS. Des protections des yeux, des mains et de la
bouche doivent être utilisées et adaptées au type de
travail.
- Avec les moutons : pas de risque de transmission de la tremblante
du mouton dans sa forme habituelle
- Avec les porcs : aucun cas connu de nos jours.
Dans les laboratoires : les manipulations se font dans des laboratoires
de niveau P3.
En cas de contacts accidentel par des matières qui pourraient
être infectieuses on préconise en cas de projection oculaire
un lavage abondant à l’eau. En cas de contact avec une plaie, il
faut s’inspirer des recommandations en cas d’AES.
FILIERES DECHETS
-
Hygiène et santé dans la filière déchets. DMT
n°84, 4è trimestre 84TD 107 p 409-413
Notes de congrès.
Différentes études tentent de faire le point sur les
risques rencontrés dans la filière des déchets.
- Dans la filière ordures ménagères, on note l’importance
de la charge physique, le risque bruit y est présent. La formation
des salariés à la sécurité revêt toute
son importance (manutention, accidents, protections individuelles)
- Dans la filière des déchets industriels : sols pollués
-rebuts de fabrication ; Les dangers sont liés au risque chimique,
aux manutentions mécaniques et manuelles. De grands principes de
prévention doivent être respectés : organisation du
chantier, limitation de l’émission des polluants, utilisation de
moyens isolants le travailleur de la pollution, adaptation du rythme de
travail aux contraintes du chantier, utilisation de protections individuelles,
ventilation assistée.
- Dans la filière des eaux usées : le risque dépend
du contenu des eaux usées et dépend de l’importance de l’exposition.
Le risque professionnel micro biologique reste faible mais est souvent
le résultat d’un accident. D’où l’importance du respect des
consignes de sécurité. Concernant les vaccinations : le tétanos
–polio est indispensable et doit être exigé, les vaccinations
contre l’hépatite A, l’hépatite B et la leptospirose sont
recommandées.
RADIATIONS IONISANTES
-
Gestion des sources ionisantes en milieu universitaire, médical
et industriel. Montbéliard, 21-22 juin 2000
DMT n°84, 4è trimestre 84TD 106 p 405-408.Ces notes de congrès
retracent les différentes réflexions sur les problèmes
posés par l’utilisation des rayonnements ionisants autres que les
installations nucléaires de base.
SOCIOLOGIE
-
Sciences Humaines, mars 2001, dossier « Travail, mode d’emploi ».Serge
Paugam, Les formes de l’intégration professionnelle, p.22-26.On
entend généralement par précarité professionnelle,
instabilité de l’emploi. Le salarié est précaire lorsqu’il
ne peut pas prévoir son avenir professionnel. Il est possible d’élargir
ce concept en définissant la précarité professionnelle
sous l’angle de l’insatisfaction au travail, travail qui semble sans intérêt,
mal rétribué et faiblement reconnu par l’entreprise. On peut
aussi distinguer deux dimensions de la précarité, non nécessairement
corrélées, en considérant le rapport à l’emploi
et le rapport au travail.
Le type idéal d’intégration professionnelle serait alors
la double assurance de la reconnaissance matérielle et symbolique
du travail et de la protection sociale qui découle de l’emploi.
Trois types de déviations par rapport à cette intégration
assurée peuvent être distingués :
- l’intégration incertaine : c’est une situation où l’instabilité
de l’emploi n’entraîne pas d’insatisfaction au travail ; il s’agit
en particulier de salariés intérimaires qui disposent d’atouts
professionnels pour se valoriser dans les entreprises ;
- l’intégration laborieuse : ces salariés dont l’emploi
n’est pas menacé ont un travail qui implique souffrances physiques
ou morales ;
- l’intégration disqualifiante : les salariés ont un
poste de travail, un contrat, une rémunération mais ils sont
privés de tout ce qui fait sens, à savoir reconnaissance,
dignité, moyen d’expression et enfin stabilité.
Serge Paugam, sociologue, chercheur au CNRS vient de publier Le salarié
de la précarité, les nouvelles formes de l’intégration
professionnelle, PUF, « Le lien social », 2000.
STRESS
-
Une start-up pour promouvoir le bon stress– Quotidien du Médecin
n° 6881 du mercredi 21 mars 2001 page 24. Exo-stress, est une start-up
crée à Rennes par deux chercheurs en psychologie du travail.
Elle a pour objectif d’utiliser positivement certaines formes de stress
et s’adresse aux décideurs et salariés soucieux d’optimiser
leurs ressources professionnelles.
DIVERS
-
Travailler peut tuer - Quotidien du Médecin n° 6882 du
Jeudi 22 mars 2001 page 22.
Dans la rubrique « vos malades ont lu » on attire
l’attention sur le sujet traité par l’Express du 15 mars. Le stress
engendré par les nouvelles organisations de travail y a une place
importante. Cet article insiste notamment sur la sous-reconnaissance des
conséquences délétères de ces « nouveaux
» risques professionnels.
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Un observatoire de la migraine en entreprise - Quotidien du Médecin
n°6883 du vendredi 23 mars page 9.
Dans le cadre du projet NOEMIE (Nouvel observatoire épidémiologique
migraine initié en entreprise) mené par les Laboratoires
Glaxo-Wellcome au sein de l’usine PSA Peugeot-Citroën, la médecine
du travail est mise à contribution. Communication, informations,
diagnostics, orientations articulent ce vaste programme dont le but est
d’améliorer la connaissance de cette pathologie parfois très
invalidante. En essayant d’améliorer la qualité de vie des
patients c’est aussi l’aspect économique qui est également
pris en compte. On estime entre 15 à 20 millions, le nombre de journées
de travail perdues chaque année par migraine.
SANTE PUBLIQUE
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Talons aiguilles et larges font jeu égal dans le risque de gonarthrose–
Quotidien du Médecin n° 6894 du lundi 4 avril page 10
Une étude américaine publiée dans la revue " The
Lancet " estime que la taille de la surface d’appui des talons hauts
(7 cm) ne modifie pas le risque ostéoarticulaire même
lors d’un port prolongé. Ce risque est aujourd’hui reconnu comme
étant dégénératif, lié à une
cascade de contraintes mécaniques telles qu’une augmentation des
couples de torsion des genoux et au final une majoration de la pression
dans l’articulation fémoro-patellaire.
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Quelle politique de santé publique aujourd’hui ? par Marcel Goldberg,
Claudine Herzlich et Alfred Spira
Le Monde du 14 février
Certes, la sécurité sanitaire, qui a centré toute
l’attention depuis quelques années, ne doit pas être négligée
mais ne doit pas non plus occuper tout l’espace de réflexion et
de décision. Les problèmes de la santé mentale, du
vieillissement, de la santé au travail pèsent bien plus lourd
sur la santé des citoyens. La santé croise la plupart des
secteurs de la vie sociale, notamment l’activité économique.
Mener une politique de santé publique exige des décisions
difficiles et engendre des conflits d’intérêt. On a cru régler
le problème par la création des agences. Mais les experts
sont là pour donner l’information. Ils ne peuvent ni coordonner
leurs interventions, ni faire la décision politique. Il y a nécessité
d’un débat public. Sur tous ces plans, l’Etat doit prendre ses responsabilités.
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Bernard Kouchner veut développer « une culture de la santé
publique ». Le Monde du 28 mars
Le nouveau ministre délégué à la santé
a présenté son programme devant la Conférence nationale
de santé. Ce chantier considérable a le mérite malgré
un aspect un peu « catalogue » de présenter des priorités
de santé publique, dans un univers jusqu’ici essentiellement tourné
vers les soins. Un comité, au sein du ministère, en assurera
le suivi tous les 15 jours. Le ministère de la santé tiendra,
tous les 2 mois, une séance d’information publique pendant laquelle
il sera à l’écoute de toute personne qui souhaiterait l’alerter
sur un risque éventuel…
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Document réalisé et mis à jour par le Dr
Nathalie
Delaunay
Médecin du travail, AST du Bas-Rhin
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Sociale
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