L@ Revue de Presse Mensuelle d'AST67
Mars 2001
EDITORI@L
Le 28/02/01 la Ministre de l’Emploi et de la Solidarité
à précisé la position du gouvernement devant l’assemblée
générale du Conseil Supérieur de la Prévention
des Risques Professionnels sur l’accord interprofessionnel du 13 septembre
2000. Le gouvernement entend d’abord lutter contre la pénurie de
médecins du travail. Pour cela il est prévu après
une formation spécifique la conversion de 500 médecins de
ville en médecins du travail et la régionalisation de l’Internat
dit «européen ». La pluridisciplinarité sera
aussi mise en place dans les services de Médecine du travail, pour
permettre à terme «aux médecins de se consacrer dans
de meilleures conditions à ce qui est leur véritable
métier ».
Ce mois-ci le harcèlement moral a défrayé
la chronique. Des juristes et l’ Association Nationale des Directeurs
et Cadres de la fonction du Personnel donnent leur avis sur le projet de
loi relatif au harcèlement moral. Tous souhaiteraient que les dispositions
législatives sur le harcèlement moral soient étendues
aux fonctionnaires. Parallèlement, le nouveau livre de MF Hirigoyen
paraît en librairie. Dans ce nouvel ouvrage, l’auteur tente de définir
plus précisément l’expression «harcèlement
moral », trop abusivement employée.
A lire absolument le dossier sur le plomb
de la revue Travail et Sécurité. Le Professeur Furon souhaiterait
la révision des normes de plombémie à la baisse.
Enfin, le nombre de nouveaux cas de sida en
France est stable mais plus de 10 % des cas de sida sont diagnostiqués
chez les moins de 30 ans.
Bonne lecture et A très bientôt, Nathalie Delaunay
ACTUALITE SOCIALE
ACCIDENTS
DU TRAVAIL – MALADIES PROFESSIONNELLES
-
Plus d’actifs et plus d’accidents du travail - Liaisons Sociales
Quotidien n° 13351 du 01/03/01
Lors du Conseil supérieur de la prévention des risques
professionnels, qui s’est réuni le 28/02/01 en présence de
la Ministre de l’emploi et de la solidarité, les membres ont pris
connaissance du bilan 2000 des conditions de travail. Ils ont pu constater
que l’année 1998,comme l’année 1999 est marquée
par une hausse du nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles
(+ 12 %) qui serait liée à la hausse du nombre d’actifs.
-
Motivations d’arrêt de travail – Liaisons Sociales Quotidien n°
13354 du 06/03/01
Les syndicats des Médecins libéraux (SML) dénonce
la disposition législative qui oblige les médecins libéraux
à «motiver médicalement » les demandes d’arrêt
de travail en cas de versements d’indemnités journalières.
Ils appellent les adhérents à mettre des affiches d’information
dans leurs salles d’attente.
AMIANTE
-
Amiante - Liaisons Sociales quotidien n° 13360 du 20.03.01
« L ‘organisation mondiale du commerce (OMC) a donné
raison le 12/03/01 en appel à l’Union Européenne et à
la France dans le conflit sur les importations canadiennes d’amiante, qui
les oppose au gouvernement d’Ottawa ».
Depuis 1997, un décret français interdit la production
et l’importation d’amiante en France mais le Québec avant l’interdiction
était le premier exportateur d’amiante en France.
Durant le mois de juillet 2000, un groupe d’experts de l’OMC, «avait
déclaré légitime l’interdiction édictée
par la France d’importer des produits contenant de l’amiante CHYSOTILE
en raison de son caractère cancérigène, qui affectait
particulièrement le Canada ». Mais le Canada aurait fait appel
à cette sentence en invoquant son préjudice commercial.
La France et l’U.E. ont mis en avant une clause de l’article 20 des
derniers accords du GAT, invoquant «la protection de la santé
et de la vie des personnes ». Pour le Canada, «une utilisation
contrôlée » de l’amiante, grâce à une réglementation
stricte était suffisante pour assurer la santé et la sécurité
des travailleurs et des publics.
L’organe d’appel de l’OMC a considéré qu’il n’y avait
pas de solution «raisonnablement disponible » autre que l’interdiction
de l’amiante décrétée par la France
CHRONIQUE DE CHRISTOPHE
DEJOURS
-
Evaluer les activités de service ? par Christophe Dejours. Le Monde
du 13 février
S’ajoute aujourd’hui aux traditionnels métiers du travail social,
une quantité impressionnante de « nouveaux métiers
» que multiplient les politiques de la ville :agent d’ambiance, correspondant
de nuit, etc…. Dans son rapport, Mme Brévan, déléguée
interministérielle à la ville, insiste sur l’urgence de reconnaître
les savoir-faire et les métiers de ces nouveaux professionnels.
Mais le travail social accompli est invisible. Ces professionnels n’ont
ni le temps, ni les moyens d’élaborer leur expérience et
de la transformer en connaissances organisées et transmissibles…,
donc reconnaissables. S’il y a parfois reconnaissance, il s’agit d’une
reconnaissance au sens de gratitude exprimée par les bénéficiaires
même de ces services et non de reconnaissance de la qualité
du travail. Ce qui n’empêche qu’on réclame l’évaluation
de ce travail et de toutes les activités de service. Alors, on évalue,
on quantifie, avec force méthodes objectives le travail qu’on ne
sait même pas décrire. Ces évaluations peuvent créer
des sentiments d’injustice, d’absurdité, voire désorganiser
des services, avec comme résultat une augmentation de la morbidité
psychologique.
Pour pouvoir reconnaître, il faut d’abord connaître, il
est temps de financer la recherche sur l’analyse du travail dans les services.
On verra alors comment reprendre le dossier de l’évaluation.
EGALITES PROFESSIONNELLES
– HOMMES/FEMMES
-
Partage du temps inégalitaire entre les hommes et les femmes
- Liaison Sociales Quotidien n° 13362 du 16/03/01
D’après deux enquêtes réalisées par la DARES,
les femmes consacreraient deux fois plus de temps aux «temps parentaux
et domestiques » (24 %) que les hommes (11 %).
En effet, «sur une journée théorique de 24 heures,
les femmes fournissent en moyenne 11 heures de travail (contre < 10heures
pour les hommes) dont 4 h 20 de temps professionnel (6 h 30 pour
les hommes), 4 h 30 de temps domestique (contre 2 h 10 pour les hommes)
et 2 h 10 de temps parental (contre 1 heure).
Enfin, dans les couples où les deux conjoints travaillent à
temps plein les femmes accomplissent près de 60 % de l’ensemble
du temps consacré aux enfants et près de 70 % de celui absorbé
par les tâches domestiques. Les hommes disposent de beaucoup plus
de temps personnel.
-
Le «réseau FEMMES » de la CFE-CGC - Liaison
Sociales Quotidien n° 13357 du 09/03/01
S’irrite de la permanence de la célébration de
la journée de la femme et demande la création d’une «journée
de l’homme » pour «faire prendre conscience de l’incongruité
de la chose ».
EUROPE
-
Les Quinze face au vieillissement - Liaisons Sociales quotidien n°
13369 du 27.0301
Les principales conclusions en matière sociale du Conseil européen
de Stockholm sont les suivantes :
- accroître le nombre d’actifs ;
- maintenir les salariés âgés sur le marché
du travail ;
- augmenter la mobilité des travailleurs dans l’Union européenne
;
- mettre en place une stratégie qui garantisse des systèmes
de pensions «surs et viables ».
-
Syndicalisme allemand - Liaisons Sociales quotidien n° 13364 du 20.03.01
« Verdi » est le nom du plus grand syndicat du monde
(Vereinigte Dienstleistungsgewerkschaft)
En effet, les cinq syndicats allemands du secteur des services (3 millions
de salariés) ont fusionné.
-
«Congés-couette » contre maladies imaginaires - Entreprises
et Carrières n° 568 du 20 au 26/03/01
Dans le cadre du Working life balance mis en place par le gouvernement
Blaire. Certaines entreprises du Royaume Uni ont institué le «duvet
Day » («congé-couettes »). Cette nouvelle catégorie
de congé (un à plusieurs jours par an) serait à
la disposition du salarié sans préavis et rémunérée.
Ces «congés » permettraient aux salariés de «décompresser
» lorsqu’ils le souhaitent et réduiraient les absences pour
maladie.
FONCTION PUBLIQUE
-
Prévention médicale dans la fonction publique - Liaisons
Sociales quotidien n° 13364 du 20.03.01
Le Décret n° 2001 – 232 du 12/0301 (5017/03/01 p. 4352)
«fixe les conditions dans lesquelles les administrations ou
établissements visés à l’article 2 de la loi statutaire
de la fonction publique d ’Etat peuvent faire appel aux soins
de médecine générale relevant du titre IV, livre II
du Code du travail ».
Des conventions peuvent ainsi être signées avec des services
de Médecine du travail agrées aux agents publics et des services
médicaux du travail en agriculture, agrées.
Sont aussi changés les titres qui permettent au médecin
d’exercer les fonctions de médecin de prévention.
SANTE AU TRAVAIL
-
L’accord santé au travail validé- Liaisons Sociales quotidien
n° 13352 du 02/03.01
« L’assemblée générale du conseil supérieur
de la prévention des risques professionnels du 28/02/01 à
demander à la Ministre de l’Emploi et de la Solidarité de
préciser «la position du gouvernement sur l’accord interprofessionnel
du 13/09/00 relatif à la santé au travail, complété
par les déclarations des signataires du 18/12/00 ».
Certains points méritent l’attention, notamment :
Concernant la Médecine du travail le gouvernement va mettre
en place rapidement des mesures permettant d’obtenir «une médecine
du travail renforcée dans son indépendance des services de
santé au travail plus efficace grâce à la pluridisciplinarité,
plus transparent dans leur gestion, grâce à un contrôle
social plus exigeant ».
Mais pour cela, il faut d’abord lutter contre la «pénurie
» de médecin du travail. En effet, sont envisagées
3 mesures :
- La régularisation d’environ 150 médecins «clandestins
» sans spécialisation. Entre 1998 et 2000 plus de 500 médecins
«non diplômés » ont été formés
;
- L’organisation d’une formation spécifique proposée
pour un temps à 500 médecins de ville, souhaitant devenir
médecins du travail ;
- - La Régionalisation de l’Internat «dit Européen
».
Enfin, «la mise en place de la pluridisciplinarité
dans les services de Médecine du travail, pour permettre à
terme «aux médecins de se consacrer dans de meilleures
conditions à ce qui est son véritable métier ».
-
Réforme de la médecine du travail : le gouvernement reprend
la main - QM n° 6861 du 21 février 2001 page 6
Une note de cadrage du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité
précise les points de l’accord du 13 septembre sur la santé
au travail et sur lesquels il entend construire la réforme initiée
par Martine Aubry. Il entend notamment répondre à la pénurie
de médecins du travail en organisant la reconversion des médecins
libéraux.
Ce projet de reconversion des généralistes fait pour
le Ministre actuel de l’Emploi et de la Solidarité, Elisabeth GUIGOU,
partie de priorités. Elle l’a notamment rappelé devant le
Conseil supérieur de la prévention et de la Solidarité,
le jour où les médecins du travail étaient appelés
à manifester à l’appel du Syndicat national professionnel
des médecins du travail (SNPMT) (Déficit en médecins
du travail : Elisabeth GUIGOU propose la reconversion de généralistes
- QM n° 6868 du 2 mars 2001 page 4).
De leur côté, les syndicats de salariés confirment
leur opposition à pallier le déficit en médecins du
travail par des généralistes libéraux, idée
proposée initialement MEDEF (Médecine du travail : la place
des généralistes est de plus en plus contestée - QM
n° 6863 du 23 février 2001 page 5).
Quant aux syndicats de médecins du travail, ils regrettent l’absence
d’effort du gouvernement pour augmenter le nombre de postes d’internes
de la spécialité. En revanche la régionalisation du
concours européen a été bien accueillie (Mesures contre
la pénurie de médecins du travail : les syndicats restent
sceptiques - QM n° 6869 du 5 mars 2001 page 6).
Le gouvernement souhaite également renforcer l’indépendance
des médecins du travail et encourager la pluridisciplinarité
sur le terrain. Enfin, la contribution de la spécialité à
la veille sanitaire semble être également une priorité.
L’évaluation et la prévention des risques professionnels,
surtout pour les petites entreprises, devraient également s’appuyer
l’avis de commissions paritaires locales et des branches professionnelles.
TRAVAIL TEMPORAIRE
-
L’emploi intérimaire occupait fin janvier 763 800 personnes soit
une augmentation de 6,29 % par rapport au mois de décembre 2000.
De plus, en 1 an l’emploi intérimaire a connu une hausse de 20,8
%.
VIOLENCE
AU TRAVAIL/HARCELEMENT MORAL/SEXUEL
-
Harcèlement au travail - Liaisons Sociales Quotidien n°
13355 du 07/03/01
Pour assurer une meilleure information et un meilleur accompagnement
des victimes, six associations de lutte contre le harcèlement
au travail ont décidé de créer «un réseau
national d’échanges, de compétences et de moyens ».
Elles dénoncent aussi le projet de loi sur le harcèlement
moral, car il exclue les fonctionnaires et il ne condamne que le harcèlement
par la hiérarchie.
-
Faut-il légiférer sur le harcèlement moral? Liaisons
Sociales / Magazine Mars 2001
Trois juristes donnent leur avis.
- Béatrice Lapérou-Schneider – Maître de Conférences
à l’Université de Franche-Comté ;
- Joël Grangé, Avocat associé, Grande
Largrette Nouvelle.
- Philippe Ravisy, Avocat, auteur de l’ouvrage le «harcèlement
moral au travail » (Ed. Delmas) cf. Revue de presse octobre 2000.
-
Harcèlement moral : l’avis des DRH - Liaisons Sociales quotidien
n° 13362 du 19.03.01
L’ANDCP (Association Nationale des Directeurs et Cadres de la fonction
du Personnel) a écrit un rapport sur le harcèlement moral
qui fait suite à une enquête réalisée auprès
de ses membres.
Ce rapport contient notamment :
- une fiche technique pour les DRH ;
- des recommandations destinées au Conseil économique
et social :
- l’ANDCP propose :
- «d’affirmer et de compléter la définition du
harcèlement moral en en proposant une autre : «
toute conduite abusive de la part d’une personne ayant autorité
ou non, se manifestant dans l’entreprise ou l’institution, d’une façon
répétitive dans la durée, par des comportements, actions,
écrits, paroles, brimades, pouvant porter atteinte à la personne,
sa dignité ou son intégrité physique ou psychique,
en vue de mettre ou mettant en péril son emploi ou dégradant
le climat de travail ».
- d’insérer les nouvelles dispositions sur le harcèlement
moral dans le règlement intérieur de l’entreprise ;
- D’ étendre les dispositions sur le harcèlement moral
aux fonctionnaires ;
-
Nouveaux chapitres sur le harcèlement moral - Entretien avec
Marie-France Hirigoyen. Entreprise et Carrières n° 567 du 13
au 19/03/01
Le nouveau livre de M.F. Hirigoyen, paraît en librairie le 15
mars 2001. Il s’intitule «Malaise dans le travail – Harcèlement
moral : démêler le vrai du faux » ed. Syros 300 pages,
115 frs.)
Dans son nouvel ouvrage M.F. Hirigoyen tente de définir plus
précisément le terme de «harcèlement moral »
qui a été abusivement utilisé, pour mettre
en place une «prévention efficace ».
-
Une consultation « souffrance et travail ». QM n° 6860
du 20 février 2001 page 14
La Fédération nationale des accidentés du travail
et des handicapés (FNATH) vient de mettre en place, dans un
premier temps dans la région Ile-de-France, une consultation spécialisée*
pour porter assistance aux salariés en « état de souffrance
mentale » en rapport avec leurs activités professionnelles.
(*tél. 01 47 00 17 57)
-
Violences sexuelles et physiques chez les fournisseurs indonésiens
de Nike. Le Monde du 24 février
Nike l’a fait ! La multinationale a diligenté une enquête
sur les conditions de travail auprès de 4000 des 54000 salariés
que comptent neuf sites de fabrication sous-traitants en Indonésie.
Ce sont des chercheurs universitaires de Jakarta qui ont réalisé
des entretiens d’une heure en tête à tête ainsi que
1000 heures d’entretiens de groupe.
Les résultats sont accablants selon les termes du rapport rendu
public : « presque 2,5 % des salariés ont déclaré
avoir été victimes d’attouchements sexuels et 8% de commentaires
à caractère sexuel inappropriés. Plus de 3% d’entre
eux ont déclaré avoir été victimes d’abus physiques
de la part de leur hiérarchie …30% des salariés ont reçu
des reproches verbaux abusifs ».
Belle opération de communication pour les uns, la publication
d’un tel document marque un tournant. Malgré les codes de bonne
conduite dont de nombreuses multinationales se dotent, peu d’entre elles
essaient de contrôler leur application. Nulle ne pourra désormais
se voiler la face sur les véritables conditions de travail.
DIVERS
-
Accompagner des chômeurs accélère leur retour à
l’emploi – Liaisons Sociales Quotidien n° 13355 du 07.03.01
D’après le bilan d’activité de l’ANPE, plus de 1,1 million
de chômeurs ont bénéficié du programme «nouveau
départ » durant l’année 2000. L’objectif de ce programme
est «d’apporter aux demandeurs d’emploi de longue durée, aux
RMISTES et aux jeunes atteignant six mois de chômage, un suivi personnalisé
d’aide à la recherche d’emploi ».
Au total, 57 % des bénéficiaires sont «sortis du
chômage ou ont travaillé au moins à mi-temps »
au bout de quatre mois de suivi personnalisé.
-
Le groupe Peugeot Citroën anticipe le vieillissement de ses
salariés - Liaisons Sociales quotidien n° 13360 du 14.03.01
Afin « (…) de renoncer à l’idée de gérer
les effectifs par le biais des départs anticipés (… »)
et de se préparer au fait que les gens travailleront sans doute
dans l’avenir jusqu’à 65 ans » le PDG de PSA, Jean-Martin
Folz et les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, GSEA)
ont signé le 08 mars 2001 un accord sur l’amélioration des
conditions de travail chez PSA Peugeot Citroën.
En effet, les conditions de travail seront prises en compte dès
la conception de nouveaux véhicules. Des groupes de travail constitués
d’équipes pluridisciplinaires associant aussi les médecins
du travail, les ergonomes et les techniciens sécurité vont
se pencher sur ce nouveau projet, dont l’objectif est de diminuer «les
contraintes physiques, mentales et environnementales » pour le plus
grand nombre de postes de travail.
-
Transports routiers - Liaisons Sociales quotidien n° 13365 du 21.03.01
Le temps de travail des chauffeurs routiers diminue en France et les
salaires auraient tendance à augmenter d’après la Fédération
Nationale du Transport routier (FNTR) :
- 14 % des chauffeurs estiment travailler plus de 60 h/semaine en 2000
(contre 23 % en 1996) ;
- 35 % des chauffeurs estiment travailler entre 50 et 60 h en 2000
(contre 46 % en 1996°).
- 51 % des chauffeurs estiment travailler moins de 50h/semaine (contre
46 % en 1996).
-
A Carnaux, la mine devient parc de loisirs - Entreprises et Carrières
n° 568 du 20 au 26/03/01
Une reconversion réussie dans la région Midi-Pyrénées,
un ancien bassin minier va être transformé en parc de loisirs
et devrait créer près de 1000 emplois.
-
Mines de potasse d’Alsace - Liaisons Sociales quotidien n° 13369 du
27.03.01
L’arrêt de l’exploitation des mines de potasse a été
fixe en octobre 2003.
SANTE AU TRAVAIL
BRUIT
-
L’OMS contre les méfaits du bruit. QM n° 6860 du 20 février
2001 page 15
L’OMS se positionne contre les effets délétères
liées aux bruits notamment dans le milieu professionnel. Elle rappelle
que les programmes de lutte s’appuient sur la formation des travailleurs
et les tests auditifs périodiques.
ETHERS DE GLYCOL
-
Les éthers de glycol sont interdits pour les femmes enceintes. QM
n° 6869 du 5 mars 2001 page 26
Depuis le 1er février 2001, un décret oblige les employeurs
de salariés exposés à tout agent toxique pour la reproduction
de leur substituer un agent moins dangereux. C’est dans ce cadre et suite
à l’expertise collective de l’INSERM en octobre 1999, qu’un plan
d’action a été présenté par Elisabeth GUIGOU
devant le Conseil supérieur de la prévention des risques
professionnels. Outre l’éviction des femmes enceintes ou allaitantes
à tout poste de travail exposant aux éthers de glycol, le
décret prévoit également la protection des jeunes
de moins de 18 ans vis à vis du chlorure de vinyle monomère.
Ils ne pourront par ailleurs être exposés au benzène
que pour les besoins de leur formation professionnelle. L’Institut de veille
sanitaire a également été sollicité par le
gouvernement pour coordonner des études épidémiologiques
sur les éthers de glycol.
BTP
-
Le travail en chantier souterrain expose à des troubles respiratoires.
QM n° 6871 du 7 mars 2001 page 12
Une étude* réalisée auprès des ouvriers
ayant participé à la construction du métro d’Oslo
tend à objectiver des effets délétères respiratoires
hauts et bas chez ceux qui travaillent en souterrain par rapport à
ceux qui oeuvrent à l’extérieur. Sont incriminés les
poussières et les particules de quartz du sol norvégien mais
également et de façon non négligeable le dioxyde d’azote
qui s’échappe des engins diesel utilisés sur ces chantiers.
Ces émanations sont connus pour être potentiellement inflammatoires
sur l’arbre bronchique.(* « European Respiratory Journal, mars 2001)
DIVERS
-
Des médecins handicapés s’adressent à leurs confrères.
QM n° 6876 du 14 mars 2001 page 27
C’est à l’occasion du 29è MEDEC que les médecins
handicapés ont proposé l’introduction d’un module sur le
handicap dans le cursus universitaire médical. C’est en effet leur
expérience de patients qui les conduit aujourd’hui à faire
cette démarche de sensibilisation auprès de leurs confrères
pour une prise en charge plus adaptée.
-
Produits de construction: Risques et enjeux d'une directive - Travail et
Sécurité février 2001
La directive produit de construction a été établie
par la commission européenne pour faciliter, au sein des pays membres,
la libre circulation des produits entrant dans la composition des ouvrages
de bâtiments et de génie civil.
Cette directive ne tient pas compte des risques rencontrés lors
des phases de travaux, liés à la manutention ou à
la stabilité provisoire des produits. Cet article présente
la directive et des représentants de la CRAM expliquent les difficultés
qu'ils rencontrent en normalisation pour faire prendre en compte la sécurité
des opérateurs dans ces normes produits.
TMS/MANUTENTION
-
Le parachèvement prend l'empreinte de la prévention -
Travail et Sécurité – mars 2000
Cet atelier qui a pour tâche d'assurer les opérations
de finition de la pièce de fonderie en sortie de chantier de moulage
et du décochage, n'avait pas jusqu'ici été la priorité
des préventeurs. Le pôle d'assistance en ergonomie de la CRAM
Nord-Est a coordonné une action pour améliorer la prévention
dans ce secteur.
Les études de postes ont mis en évidence que la moitié
des ébavureurs - meuleurs souffrent de TMS. Les mauvaises conditions
de travail (90% des pièces sont présentées à
même le sol, pas de dispositif de ventilation dans un cas sur 3,
...) majorent le risque d'accident du travail. Les préconisation
des préventeurs sont présentées dans cet article.
-
Tonnellerie: Une poignée de guidage pour réduire les effets
du gestes répétitifs - Travail et Sécurité
mars 2000
Une tonnellerie de Saint-Caprais en Gironde a transformé deux
postes d'assemblage très contraignants et pourvoyeurs de TMS. Des
tables d'assemblage ont été transformées pour limiter
la répétition des gestes pathogènes.
LEGISLATION (ALCOOL
ET TOXIMANIE)
-
Le droit en pratique - Alcoolémie et toxicomanie: dépistage
sur le lieu du travail - Travail et Sécurité mars 2000
Cet article fait le point sur la législation concernant la consommation
d'alcool et de stupéfiants sur les lieux du travail.
La jurisprudence et les textes encadrent strictement les moyens auxquels
le chef d'entreprise peut recourir pour contrôler l'état d'ébriété
d'un salarié ou sa toxicomanie. Le recours à l'alcootest
ne peut être systématique. Il peut être utilisé
pour contrôler l'alcoolémie d'un salarié qui manipule
des produits dangereux ou est affecté à une machine
dangereuse ou encore conduit des véhicules automobiles. Le dépistage
de la toxicomanie des salariés obéit aux mêmes principes.
C'est au médecin du travail dans le cadre de la détermination
de l'aptitude qu'il appartient de mettre en place un dépistage qui
ne peut pas lui être imposé par l'employeur.
Le médecin peut s'aider dans sa décision, des principes
établis en la matière par le comité consultatif national
d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé.
Dans un avis du 16/10/1989, ce comité indique que certains postes
de travail comportant de grandes exigences en matière de sécurité
et de maîtrise du comportement peuvent justifier un dépistage.
Le salarié doit être préalablement informé
par le médecin du travail de la nature et de l'objet du test concernant
son aptitude. Les résultats sont soumis au secret médical.
L'alcootest quant à lui peut être pratiqué par
un non médecin. Il n'y a pas lieu d'imposer la présence d'un
tiers ou de prévoir la possibilité d'une contre expertise.
En effet, ce test ne peut avoir pour objet que de faire cesser une situation
dangereuse et non pas de faire constater une faute.
TRAVAIL TEMPORAIRE ET SECURITE
-
Facteurs de sécurité et d’insécurité
pour les salariés intérimaires. Résultats d’une étude
comparative dans 4 entreprises utilisatrices de main d’œuvre intérimaire.
p 7 à 26 - Cahiers de Notes Documentaires – Hygiène et Sécurité
du Travail -N°178, 1er trimestre 2000
Pour faire face à l’internationalisation des marchés,
les entreprises recherchent une flexibilité maximale et mettent
en place de nouvelles formes d’organisation du travail. Le recours au travail
précaire s’inscrit dans cette démarche ; il permet aux entreprises
utilisatrices de réagir rapidement aux variations de charges, imprévues
ou saisonnières, sans augmenter de manière permanente leurs
charges financières.
Cette étude vise à mettre en évidence par une
démarche comparative entre 4 entreprises utilisatrices, l’existence
de facteurs de sécurité et d’insécurité pour
le personnel intérimaire. La démarche consiste à analyser
les politiques de sécurité et de recours à l’intérim.
Des éléments de réflexion sur les méthodes
utilisées et notamment sur l’élaboration de certains indicateurs,
permettent d’évaluer l’efficacité de leurs pratiques préventives.
RISQUE CHIMIQUE
-
Evaluation du risque chimique. Hiérarchisation des «risques
potentiels ». p 29 à 34 - Cahiers de Notes Documentaires
– Hygiène et Sécurité du Travail -N°178, 1er trimestre
2000
Evaluer le risque chimique en entreprise nécessite, dans un
premier temps, de réunir des informations sur les substances ou
produits utilisés. Une méthode simplifiée, fondée
sur les réponses d’experts en hygiène industrielle, a été
développée pour hiérarchiser les «risques chimiques
potentiels », à partir d’un nombre restreint d’informations
issues des fiches de données de sécurité ou de l’étiquetage.
Véritable outil d’aide à la décision, cette méthode
permet d’établir des priorités, lors de l’évaluation
du risque chimique, en vue de déterminer une politique de prévention
en entreprise.
-
Utilisation de l’acide fluorhydrique dans les laboratoires de chimie. Prévention
des risques. p 37 à 41- Cahiers de Notes Documentaires – Hygiène
et Sécurité du Travail -N°178, 1er trimestre 2000
L’utilisation des acides forts est très répandue dans
les laboratoires et leurs propriétés corrosives sont bien
connues. Le cas de l’acide fluorhydrique est particulier, car les brûlures
qu’il occasionne, aggravées par sa grande affinité pour le
calcium sanguin, imposent des mesures thérapeutiques immédiates,
afin d’éviter des conséquences qui peuvent être dramatiques.
La mise au point présentée ici, est destinée à
tous les utilisateurs en laboratoire concernés par la mise en œuvre
de cet acide.
-
L'exposition professionnelle des femmes enceintes aux solvants organiques
- Travail et Sécurité mars 2000
L'INRS a entrepris une revue des connaissances épidémiologiques
les plus récentes sur les risques liés à l'exposition
professionnelle de femmes enceintes aux solvants organiques.
Plusieurs études épidémiologiques suggèrent
la possibilité d'une augmentation modérée du risque
d'avortement spontané et de malformations congénitales (fentes
palatines).
L'absence de données précises sur l'exposition est un
point faible fréquemment présenté par ces études.
-
Plomb, le risque persiste - Travail et Sécurité
mars 2000
Plus de 120 000 salariés français exposés au plomb.
Les sources d'exposition sont nombreuses et touchent fréquemment
le BTP (chantiers de réhabilitation, ...) et la métallurgie.
Pour chacune des sources correspond une toxicité spécifique
qui dépend de l'état dans lequel le plomb se trouve (vapeurs,
poussières), de la taille des particules et du type de composés
(oxyde de plomb, chromate de plomb, ...). L'exposition professionnelle
au plomb évolue. Certaines expositions disparaissent (plomb tétraéthyle
dans l'essence plombée), d'autres se développent et sont
liés à des usages passés (céruse dans les peintures,
canalisation en plomb). Il est prévisible que le nombre de salariés
potentiellement exposés dans le secteur du BTP va croître.
En particulier par une augmentation du nombre de chantiers d'enlèvement
des peintures au plomb pour lutter contre le saturnisme infantile en Ile
de France.
Se prévenir du plomb: Une nouvelle donne réglementaire
Actuellement réglementée par le décret de 1988,
une évolution est prévue pour les prochains mois par la transposition
des directives européennes "agents chimiques" et "agents cancérogènes".
Elle maintient une valeur limite contraignante de 150 µg/m3 dans
l'atmosphère pour une durée quotidienne de 8 heures ainsi
qu'une limite biologique de 70 µg/100 ml de sang pour la plombémie.
Aujourd'hui on sait que le plomb est toxique à partir de seuil
relativement bas. La révision des normes est nécessaire selon
le Professeur Daniel FURON. Il faudrait abaisser la plombémie à
50 - 60 µg/100 ml de sang. Il faudrait envisager des plombémies
différentes pour les salariés anciennement et nouvellement
exposés.
Le suivi médical est encore plus difficile dans les chantiers
du BTP où l'exposition varie fréquemment.
Santé: Les multiples effets toxiques du plomb
Les acquis scientifiques récents mettent en évidence
des effets toxiques pour des seuils de plus en plus bas.
Le plomb pénètre surtout par les voies respiratoires
et digestives. Il va se fixer sur l'os, ainsi que dans différents
organes tels que le foie, les reins, le cerveau, ...
Dans le cas du foetus, il traverse le placenta et passe dans le lait
maternel.
La plombémie dépend de nombreux facteurs (espèce
chimique, habitudes tabagiques, alimentation, efforts physiques, ...).
Lors d'une absorption importante, 80% du plomb qui pénètre
dans l'organisme s'accumule dans l'os. Il s'agit d'une source de contamination
permanente interne.
En cas d'exposition chronique, les signes de départ sont
vagues et peu spécifiques: fatigue, douleur abdominale, troubles
nerveux, sanguins et rénaux.
Des anomalies biologiques rénales peuvent apparaître dès
que la plombémie est supérieure à 30 µg/100
ml de sang.
Au niveau du SNC, on observe un vieillissement cérébral.
Il est classé toxique pour la reproduction. Une plombémie
supérieur à 40 µg/100 ml peut entraîner une diminution
de la fertilité masculine.
Une forte exposition est toxique pour le foetus.
L'effet cancérogène du plomb est controversé.
Il est classé 2B par le CIRC (cancérogènes potentiels
pour l'homme). Le chromate et arséniate de plomb sont classés
en 1 (cancérogènes certains pour l'homme).
L'avis du Professeur Daniel FURON
Pour des taux bas, on retrouve des anomalies de conduction nerveuse.
Certaines atteintes sont irréversibles.
La toxicité du plomb est différente en fonction de l'âge,
de l'expression de certains gènes.
Sur le terrain: chantier du BTP: Prévenir le risque
Un exemple de mesures de prévention à mettre en oeuvre
pour l'enlèvement de peintures plombifères.
Chez un fabricant de batteries: Une mobilisation permanente contre
le plomb
Objectif double: améliorer la prévention existante et
éviter d'exporter le plomb à l'extérieur.
-
Le point des connaissances sur les phtalates - Travail et Sécurité
fevrier 2001
Cet article fait le point sur les phtalates qui sont des plastifiants
du PVC auquel ils confèrent la flexibilité voulue. Il définit
les risques pour l'homme, les voies d'exposition et la réglementation.
Les mesures de prévention sont également détaillées.
EPI
-
Efficacité de masques anti-gaz à ventilation libre en situation
industrielle. p 43 à 52 - Cahiers de Notes Documentaires – Hygiène
et Sécurité du Travail -N°178, 1er trimestre 2000
A travers la variabilité des résultats, l’étude
souligne l’insuffisance de la seule protection individuelle pour faire
face au problème de pollution gazeuse dans l’industrie.
METROLOGIE
-
Mesurage de la concentration en nombre de fibres dans l’air. Etude comparée
de la méthode du filtre à membrane et des appareils à
lecture directe. Résultats préliminaires. p 55 à 63
- Cahiers de Notes Documentaires – Hygiène et Sécurité
du Travail -N°178, 1er trimestre 2000
L’étalonnage des appareils à lecture directe, par rapport
à la méthode conventionnelle, semble indispensable pour une
mesure plus précise qu’une simple évaluation, car les résultats
peuvent être complètement erronés pour certaines classes
granulométriques d’aérosols fibreux.
ERGONOMIE
-
Mobilier de bureau: Une nouvelle norme européenne sur les sièges
de bureau - Travail et Sécurité fevrier 2001
La norme européenne EN 1335 "Mobilier de bureau - sièges
de travail de bureau" a été publiée. Elle se décompose
en trois parties: dimensions et détermination des dimensions, exigences
de sécurité et essais de sécurité.
Deux supports pédagogiques ont été conçus:
un CD Rom illustrant les 3 parties de EN 1335 et un support papier sous
forme d'une plaquette de 3 feuillets pour chacune des parties. Le CD Rom
intitulé "la norme par l'image - EN 1335" est disponible. Il permet
de comprendre la norme, mais ne peut pas la remplacer.
-
Directives européennes: Nouvelles règles pour une meilleure
sécurité des appareils à pression - Travail
et Sécurité fevrier 2001
Deux nouvelles directives européennes vont progressivement modifier
les règles de conception, de fabrication et de contrôle des
appareils à pression de gaz et de vapeurs.
L'enjeu est une meilleure prise en compte de la sécurité
pour des équipements moins dangereux. Les industriels vont devoir
faire une analyse des risques afin de déterminer ceux qui s'appliquent
à leurs équipements.
A partir du 29 mai 2002, tous les appareils à pression, y compris
ceux qui sont destinés à des installations existantes, devront
être fabriqués suivant les nouvelles dispositions.
En 1998, 953 accidents du travail avec arrêt ont été
provoqués par des appareils sous pression. 23,7% d'entre eux concernent
les mains.
SANTE PUBLIQUE
ARBOVIROSES
-
Dengue d’importation observée dans les centres hospitaliers universitaires
du sud de la France 1994-1999 - BEH n°3/2001
La dengue est la plus fréquente des arboviroses. elle sévit
sur le mode endémoépidémique en Asie du Sud-Est, Iles
du Pacifique Occidental et de l’Océan indien, pays côtiers
de l’Afrique de l’Est et de l’Ouest, Amérique Centrale, Nord de
l’Amérique du Sud et Iles Caraïbes.
Le virus de la dengue est transmis au cours d’une piqûre diurne
de moustique. La forme clinique la plus fréquente est bénigne
avec fièvre élevée, céphalées frontales,
myalgies diffuses. Les formes hémorragiques ou avec choc constituent
des tableaux plus sévères pouvant conduire au décès.
De 1994 à 1999, 82 cas de dengue importée ont été
retenues, dont 26 étaient des cas confirmés et 56 des cas
probables.
Le risque moyen de contracter une dengue pour un voyageur à
destination d’une zone endemique est estimé à 1/1000.
La pathologie est peu spécifique au niveau de sa présentation
clinique, le diagnostic doit être évoqué en même
temps que celui du paludisme devant un état fébrile et algique
survenant dans les 15 jours suivant le retour d’un pays d’endémie.
Les signes cutanés sont évocateurs ainsi qu’une thrombopénie,
leuconeutropénie.
La dengue est devenue la deuxième cause des états fébriles
au retour des pays tropicaux, après le paludisme. La mise en place
d’un réseau de surveillance par le groupe Infectio Sud permettra
d’informer les professionnels de santé sur les circonstances d’évocation
du diagnostic et les méthodes disponibles pour le confirmer.
LEGIONELLOSES
-
Les légionelloses déclarées en France en 1999 : enquête
– BEH n°52/2000
* Résultats
- en 1999, 440 cas ont été déclarés
- l’âge médian était de 57 ans
- 47 % des cas ont été déclarés entre juin
et octobre
- la létalité était de 21 %
- facteurs favorisants retrouvés dans 68 % des cas : le tabagisme
d’abord, mais aussi cancer ou hémopathie, diabète, traitements
corticoïdes ou immunosuppresseurs
- l’espèce L. pneumophila représentait 98 % des diagnostics
pour lesquels l’espèce est précisée
- exposition à risque dans les 10 jours précédant
la maladie rapportée pour 46 % des malades : séjour en hôpital
ou clinique; séjour en hôtel ou camping, bateau de croisière,
établissement thermal ... .
* Discussion :
Depuis 1997, le nombre des cas de légionellose est en augmentation,
en particulier dû à l’amélioration des méthodes
diagnostiques et une meilleure connaissance de la maladie.
En 1999, près de la moitié des cas ont été
diagnostiqués par détection de l’antigène urinaire,
facile d’utilisation.
Il est souhaitable, si possible, d’avoir en complément des prélèvements
respiratoires, car la culture permet la comparaison des souches humaines
et environnementales.
L’incidence en France est de 0,73 cas pour 100 000 habitants et se
situe dans la moyenne européenne.
Parmis les 440 cas, on peut noter 5 cas concernant des routiers. Ces
personnes prennent des douches sur des aires d'autoroutes ou dans des stations
services. Les douches dans ces lieux sont souvent utilisées de façon
intermittente à des températures probablement insuffisantes
pour contrôler la multiplication des légionelles.
Ces lieux potentiellement à risque devraient faire l’objet d’un
suivi préventif de leurs installations.
LEISHMANIOSES EN FRANCE
-
Les leishmanioses déclarées en France en 1999 - BEH n°05/2001
Les leishmanioses sont des maladies parasitaires dues à la présence
chez l’homme d’un protozoaire flagellé du genre leishmania. Les
leishmania sont transmises dans la nature par piqûre infectante d’un
insecte vecteur, le phlébotome.
Chez l’homme, les manifestations cliniques sont diverses : la leishmaniose
viscérale (LV), les leishmanioses cutanées (LC) et la leishmaniose
cutanéo-muqueuse (LCM).
L’incidence annuelle mondiale des leishmanioses, toutes formes cliniques
confondues est estimée par l’OMS entre 1,5 et 2 millions de cas.
La Leishmaniose à leishmania infantum dont le chien est le réservoir
est présente dans le sud de la France, principalement dans les départements
méditerranéens.
Le recensement des cas sur le territoire national est l’une des missions
du Centre National de Référence des Leishmania (CNRL) crée
en mars 1998 : en France les leishmanioses ne sont pas soumises à
déclaration obligatoire.
Résultats
Pour l’année 1999, 109 cas de leishmanioses ont été
déclarés au CNRL dont 25 cas de LV, 81 cas de LC et 3 cas
de L muqueuse.
Discussion
- les foyers connus du sud de la France sont : Côte d’Azur, Provence,
Cévennes et Pyrénées-Orientales
- les souches identifiées appartiennent majoritairement à
L. infantum.
- l’immunodépression représente un facteur important
favorisant les leishmanioses, avec en premier plan l’infection VIH.
- la L.C est abondante en Guyane Française, les missions militaires
en forêt profonde sont une occasion fréquente de contamination
des hommes.
* Discussion
La stabilité du nombre de nouveaux cas de sida (alors qu’il
y avait une baisse auparavant) n’est pas liée au relâchement
des comportements de prévention.Le fait de développer le
sida est lié surtout au fait de ne pas connaître sa séropositivité,
en particulier chez les étrangers.
Dans leurs messages, les programmes d’incitation au dépistage
devraient s’adresser en particulier, en direction des personnes s’exposant
au VIH lors des rapports hétérosexuels et des personnes de
nationalité d’un pays d’Afrique, notamment sub-saharienne.
POLITIQUE DE SANTE
PUBLIQUE EN FRANCE
-
Quelle politique de santé publique aujourd’hui ? par Marcel Goldberg,
Claudine Herzlich et Alfred Spira. Le Monde du 14 février
Certes, la sécurité sanitaire, qui a centré toute
l’attention depuis quelques années, ne doit pas être négligée
mais ne doit pas non plus occuper tout l’espace de réflexion et
de décision. Les problèmes de la santé mentale, du
vieillissement, de la santé au travail pèsent bien plus lourd
sur la santé des citoyens. La santé croise la plupart des
secteurs de la vie sociale, notamment l’activité économique.
Mener une politique de santé publique exige des décisions
difficiles et engendre des conflits d’intérêt. On a cru régler
le problème par la création des agences. Mais les experts
sont là pour donner l’information. Ils ne peuvent ni coordonner
leurs interventions, ni faire la décision politique. Il y a nécessité
d’un débat public. Sur tous ces plans, l’Etat doit prendre ses responsabilités.
POLLUTION DU RESEAU D’EAU
-
Pollution du réseau d’eau potable à Strasbourg et survenue
concomitante de gastro-entérites - mai 2000 - BEH N °
02/2001
* Enquête
Le 26 mai 2000, une contamination bactériologique de l’eau du
réseau d’un secteur du centre-ville de Strasbourg est détectée
alors qu’une importante canalisation de 60 cm de diamètre a été
remise en eau la veille après plusieurs semaines de travaux.
Des consignes de non-consommation de l’eau sur un secteur de Strasbourg
sont données le lendemain. Dans les jours suivants, le centre 15
signale à la DDASS une augmentation des appels pour gastro-entérites.
La DDASS fait réaliser une étude épidémiologique
pour rechercher une éventuelle association entre l’augmentation
de cas de gastro-entérites et la contamination de l’eau.
* Méthodes
- enquête épidémiologique cas témoins
- analyses environnementales : analyses bactériologiques de
l’eau en différents points
- enquête auprès des pharmacies (consommation d’anti-diarrhéiques,
antiémétisants ...).
* Résultats
- enquête épidémiologique : seule la consommation
d’eau du réseau apparaît liée à la survenue
de gastro-entérites, une relation dose réponse apparaît
selon que les personnes aient consommé une quantité faible
moyenne ou forte d’eau du réseau. Cependant les personnes malades
ont pu mémoriser d’avantage leur consommation d’eau ... .
- analyses environnementales
Les niveaux maximum de contamination microbiologique ont été
retrouvés le 28 mai ( coliformes fécaux, spores sulfito réductrices)
- enquête auprès des pharmacies : seulement 13 pharmacies
sur 78 ont fourni des données exploitables. Les ventes de médicaments
pour les traitements des gastro-entérites ont augmenté de
57 % dans la zone polluée dans les semaines autour de la pollution.
*Conclusion
L’étude montre l’importance du risque lorsque les indicateurs
de contamination fécale qui caractérisent l’eau atteignent
les niveaux tels que ceux retrouvés le 26 mai.
Il est regrettable de ne pas disposer d’analyses plus précises
de l’eau, ni d’analyses microbiologiques de selles.
Il faut noter les difficultés rencontrées localement
pour disposer en urgence d'un recensement détaillé des cas
de gastro-entérites, de même 13 pharmacies seulement sur 78
interrogées ont fourni des données exploitables : il semblerait
intéressant d’étudier les raisons de la faible mobilisation
des pharmacies ainsi que leurs difficultés pour fournir des ventes
journalières de médicaments.
PREVENTION DE LA TOXICOMANIE
-
Contribution à l’évaluation de la politique de réduction
des risques sanitaires chez les usagers de drogues intraveineux – BEH N°05/2001
Rapport SIAMOIS de l’InVS
Les informations répertoriées concernent les ventes de
seringues et de produits de substitution dans les 23000 pharmacies françaises.
En effet depuis une dizaine d’années s’est développée
en France une politique dite de réduction des risques (RDR) dont
l’objectif est de prévenir la survenue de problèmes sanitaires
et sociaux liés à l’usage de drogues, notamment les infections
par les virus du sida, des hépatites B et C (lors du partage des
seringues).
Pour atteindre ces objectifs
- des seringues stériles sont vendues sans prescription en pharmacie
depuis 1987 ou distribuées gratuitement par plus d’une centaine
d’associations depuis mars 1995
- des produits de substitution prévus pour la voie orale sont
prescrits en ville depuis 1995 pour la Méthadone et 1996 pour le
Subutex.
Les conclusions de cette enquête sont les suivantes : la
politique de réduction des risques a amélioré nettement
la santé des usagers de drogues IV ; il y a eu augmentation très
importante de l’offre de produits de substitution (+60%) depuis 1996, avec
diminution très marquée des surdoses mortelles (-70%), de
l’usage d'héroïne (-58%), diminution de la réutilisation
de la seringue (-60%).
Par contre, cette politique de réduction des risques semble
sans effet sur la prévalence du VHC qui se maintient à un
niveau très élevé. Il semblerait que la diffusion
importante des produits du substitution s’accompagne de modifications
de comportement et d’usages : utilisation détournée du Subutex
par voie intraveineuse et sa consommation dans des contextes de polytoxicomanies
dangereuses, forte croissance de la consommation de cocaïne (+ 144%
en 4 ans).
Les bénéfices et les risques des traitements de substitution
doivent faire l’objet d’une évaluation plus précise.
Il conviendra également d’évaluer la dimension des risques
sexuels chez les UDIV, sans doute responsable d’une partie des contaminations
résiduelles par le VIH.
Il faudra renforcer d’autres actions en direction des populations vulnérables
et difficiles à atteindre : les jeunes usagers, ou les détenus
UDIV.
SIDA
-
Tendances récentes du SIDA en France (Janvier 1998 - Juin 2000)
- BEH n°52/2000
* Résultats
- stabilisation du nombre de nouveaux cas de SIDA
300 à 400 cas par semestre chez
les personnes contaminés par rapports hétérosexuels
250 cas par semestre chez les homosexuels
masculins
100 à 150 cas par semestre chez les
usagers de drogues injectables
Le nombre de personnes ayant développé un sida et vivantes
à la fin de chaque semestre augmente pour chacun des 3 modes de
contamination mais il progresse plus rapidement chez les personnes contaminées
par rapports hétérosexuels.
- Prépondérance des cas de SIDA liés à
une contamination hétérosexuelle. De 01.98 à 06.2000,
40 % des cas de sida diagnostiqués ont été contaminés
par rapports hétérosexuels, 30 % par rapports homosexuels
et 15 % par usage de drogues injectables.
- Part croissante des personnes de nationalité étrangère
parmi les cas de sida.
Sur la période 01.98 à 06.2000, 963 cas de sida ont été
diagnostiqués en France chez des personnes de nationalité
étrangère, soit près d’un quart des cas (963 sur 4224
cas). Cette augmentation de nouveaux cas touche essentiellement les personnes
ayant pour nationalité celle d’un pays d’Afrique sub-saharienne.
- Plus de 10 % des cas de sida diagnostiqués chez des adultes
jeunes (<30 ans).
OUVRAGES
-
Apports nutritionnels conseillés : les dernières recommandations.
QM n° 6862 du 22 février 2001 page 12
Un ouvrage de référence destiné aux professionnels
de la nutrition vient de sortir sous sa troisième édition*.
Il s’agit des « Apports nutritionnels conseillés pour la population
française » dont l’objectif de dépister et corriger
les carences qualitatives et quantitatives liées aux déséquilibres
alimentaires. Des bases solides réalisées sous l’égide
de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire
des aliments) et coordonnée par le Pr Ambroise MARTIN, sur lesquelles
peuvent s’appuyer les médecins du travail préoccupés
par l’alimentation de certaines professions à risque de «
malnutrition ». *Editions TEC&DOC, 608 pages, 290F. Site Internet
: http://www.afsaa.fr
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Document réalisé et mis à jour par le Dr
Nathalie
Delaunay
Médecin du travail, AST du Bas-Rhin
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