Dernière mise à jour Février 2004
Le statut vaccinal du sportif doit s'envisager différemment selon que l’on s’adresse à des sportifs de haut niveau, le plus souvent professionnels, ou à des sportifs amateurs, fussent-ils passionnés, encore qu’en dehors du niveau de responsabilité, la recherche d’efficacité soit souvent la même.
La vaccination des sportifs amateurs
Les recommandations actuelles concernant les vaccinations de l’adulte peuvent s’appliquer in extenso avec quelques accommodations sur les indications et les précautions à prendre.
Concernant les indications, il est important de recommander la vaccination
contre l’hépatite B chez les sportifs pratiquant un sport de contact.
On veillera particulièrement au respect des rappels antitétaniques
pour tous les sports de plein air, en particulier les sports hippiques.
La vaccination antigrippale est à envisager chez tous les sportifs
qui pratiquent leur compétition pendant la saison hivernale en se
rappelant que la saison hivernale n’est pas la même dans l’hémisphère
nord et l’hémisphère sud.
Les sports aquatiques en plein air (plongée, kayak, rafting,
triathlon), pour peu qu’ils soient pratiqués avec assiduité,
sont également à prendre en compte vis-à-vis du risque
de l’hépatite A surtout si ces sportifs assouvissent leur passion
dans des pays où le risque fécal-oral est important. Une
sérologie pré-vaccinale est alors conseillée chez
les plus de 40 ans pour éviter une vaccination inutile chez un individu
déjà naturellement immunisé contre l’hépatite
A. Dans le même ordre d'idée, une prophylaxie de la leptospirose
par vaccination peut être proposée pour certains sports (triathlon,
plongée, kayak, etc..).
La prévention de la rage pourrait être envisagée
chez les adeptes du trecking, voire les spéléos surtout dans
les pays à forte endémicité.
Concernant les précautions à prendre, il est recommandé que toutes les vaccinations ne soient pas effectuées dans les 7 jours qui précèdent une compétition ni pendant une phase d’entraînement plus intensif bien que certaines études suggèrent qu’une activité physique modérée au décours d’un vaccin entraîne une meilleure réaction immunitaire.
La vaccination des sportifs professionnels
Ces individus sont particulièrement entourés du point
de vue de leur santé par des équipes médicales qui
sont parfois très sourcilleuses de leurs prérogatives y compris
dans le domaine vaccinal mais il est parfois très utile de rappeler
l’importance du suivi vaccinal au même titre que les conseils nutritionnels
ou liés à l’environnement.
En outre, les sportifs de haut niveau sont parfois très jeunes
et une vérification du statut immunitaire vis-à-vis des maladies
infantiles que l’on peut prévenir par un vaccin (Type ROR, varicelle)
apparaît également utile.
Dans la mesure où les athlètes surentraînés
dont des sujets fragiles vis-à-vis d’infections rares mais graves,
certains auteurs américains recommandent une vaccination contre
le pneumocoque et le méningocoque.
Enfin, les vaccinations spécifiques du voyageur sont également
à étudier avec attention en fonction des séjours parfois
longs et mouvementés à l’étranger. Ainsi, s’est posé
le problème de savoir s’il fallait vacciner contre l’encéphalite
japonaise, les athlètes participant aux jeux olympiques de Séoul
ou à la dernière coupe du monde de Football.
Un débat existe encore sur une éventuelle efficacité
vaccinale moindre chez le sportif de haut niveau surentraîné
:raison de plus pour que l’ensemble de ces vaccinations soient intelligemment
programmées pendant les périodes creuses du point de vue
sportif même si elles sont de plus en plus rares !
A l’opposé de ces actions programmées, des actions de
vaccinations post exposition peuvent s’imposer en urgence dans une équipe
lorsqu’un cas de grippe, d’hépatite A, de méningite ou de
varicelle apparaît et pourrait “décimer l’équipe”.
Les sportifs amateurs ou professionnels sont à l’écoute de leur corps et demandent à rester performants : ils devraient être plus sensibles aux actions de prévention des maladies infectieuses qui relèvent de l’hygiène de vie et des vaccinations à condition que les médecins les informent. Les consultations pour certificat d’aptitude pourraient être un moment privilégié pour parler aussi des vaccinations. Les sportifs voyagent souvent dans des conditions “plus sportives” que la population générale : une attention particulière doit être portée sur la vaccination de ces voyageurs particuliers.
Références
1. Preventing infectious disease in sports. WB Howe. The
Physician and Sports medecine Vol. 31, N°2, 2003
2. Immunizations : recommendations and resources for active patients.
RA Strickas et al. The
Physician and Sports medecine Vol. 29, N°10, 2001
3. Calendrier
vaccinal 2003. Bulletin épidémiologique hebdomadaire
N°6, 2003