Prévention des affections professionnelles
dans les laboratoires d'analyses médicales
Pr Alain Cantineau - Thomas Perrin

 
 III. LES AUTRES RISQUES
 
     A. Le risque chimique, toxique et allergique

     B. Les risques physiques
         1) liés au matériel utilisé dans le laboratoire
         2) …et comme partout…
 
 Dernière mise à jour 20 juillet 1998


III. les autres risques

 

A. le risque chimique, toxique et allergique

Le risque chimique en laboratoire d’analyses médicales a beaucoup perdu de son importance. Le recours de plus en plus fréquent à des techniques d’analyse en kit dont les réactifs sont prêts à l’emploi a rendu désuet la fabrication de réactifs par le laboratoire lui-même. Seuls certaines analyses très spécifiques et rares, ainsi que les travaux de recherche dans les laboratoires d’enseignement peuvent encore nécessiter de telles préparations.

Le risque toxique : lorsqu’ils sont encore préparés, les réactifs de laboratoire peuvent contenir un grand nombre de composants : cyanures, colorants azoïques et métalliques, acides et alcalins puissants, solvants. Le sélénium utilisé pour des travaux de laboratoire ou de phytopharmacie, est responsable de brûlures oculaires, d'irritations cutanées, d'œdèmes aigus des poumons (TRG 75)

Les mutagènes, acrylamide monomère, mercaptoéthanol, bromure d'éthydium…) sont utilisés en laboratoire de biologie moléculaire. Des procédures strictes existent pour leur emploi. Certains dérivés nitrosés sont l'objet d'un tableau particulier (TRG 85).

Le risque allergique existe également, pour tous les réactifs et plus particulièrement pour le méthacrylate de méthyle utilisé pour les résines d'inclusions d'os au laboratoire d'histologie expose à des maladies respiratoires et cutanées de nature allergique (TRG 82, 65) et le latex des gants médicaux, (TRG 95). Les enzymes (trypsine, papaïne) exposent aux dermites, aux ulcérations, aux conjonctivites, aux rhinites, à l'asthme (TRG 63).

 


B. Les risques physiques

 1) liés au matériel utilisé dans le laboratoire
 

Les centrifugeuses et les fours autoclaves sont susceptibles d’être à l’origine d’accidents graves. Le respect des consigne d’utilisation et leur contrôle technique régulier permet en grande partie de les prévenir :

 

Elle doivent répondre à la norme NF E 40 010 et faire l’objet d’une vérification annuelle par une personne qualifiée. Cette vérification porte sur :  
Vérification visuelle :   
 
- stabilité ; 

- fixation des éléments de protection ; 

- état des matériaux ; 

- état de propreté ; 

- état des filtres et échappements ; 

- état des liaisons et raccordements hydrauliques, électriques et pneumatiques).

Etat des indicateurs :  

- manomètres, thermomètres, ampèremètres, tachymètres ; 

- voyants, inscription (sens de marche, plaques de conformité) ; 

- tenue de cahier de sécurité.

Essais en fonctionnement :  

- anomalies du fonctionnement ; 

- fonctionnement des dispositifs d’arrêts automatiques et manuels.

Réglages et jeux :   

- des niveaux et pressions des fluides ; 

- des ressorts ; 

- état des pièces d’usure ; 

- réglage des fins de course.

   
Connaître son autoclave :   

- sa contenance, sa pression de vapeur, sa température ; 

- la réglementation ; 

- le nom de la société de maintenance ; 

- les dates de la dernière et prochaine visite de contrôle ;  

- le placer dans un endroit isolé et bien ventilé.

Problèmes possibles :  

- fuites (jets de vapeur et projection) ; 

- surpression (formation d’un bouchon dans un dispositif de circulation des fluides) ; 

- régulation défaillante de la température.

En cas de dysfonctionnement :   

- faire vérifier les soupapes, les détecteurs, les joints et les dispositifs de sécurité.

Obligations réglementaires : (décret 2/4/1926)  

- visite périodique tous les 18 mois par un organisme agréé ; 

- réépreuve après 10 ans de service, à l’eau sous pression (1,5 fois la pression de service) 

- tenue d’un registre de sécurité (dates des visites, incidents et accidents) ; 

- afficher les consignes de sécurité ; 

- formation obligatoire du personnel.


2) …et comme partout…

… le personnel reste soumis aux risques électrique, du travail sur écran de visualisation, sur microscope optique, du travail dans des postures pénibles de l'amiante lorsqu'elle est encore présente (calorifugeage de vieux autoclaves par exemple).
 



 
Dernière mise à jour :  20 juillet 1998 
Document réalisé par : Pr Alain Cantineau, chef du service de pathologie professionnelle des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg 
Thomas Perrin, médecin du travail

Prévention des affections professionnelles en laboratoire d'analyses médicales
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