VACCINATION CONTRE L'HÉPATITE B ,
RISQUES PROFESSIONNELS EN MILIEU DE SOIN ET EFFETS INDÉSIRABLES
:
MISE AU POINT
Dr Michel Klerlein
Dossier rédigé en mars 1998
Dossier mis à jour en septembre 2008
Les données
à jour au 31 mars 1998
Analyse de
la relation entre les maladies notifiées et les vaccinations effectuées
Bénéfice
de la vaccination contre l'hépatite B
Discussion et perspectives
Conclusion
Sources bibliographiques et
Liens utiles
A la suite de campagnes de presse répétées mettant en cause la responsabilité de la vaccination contre l'hépatite B dans la survenue de maladies neurologiques (dont la sclérose en plaque - SEP), le Secrétaire d'État à la Santé a saisi le Comité Technique des Vaccinations et le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique pour obtenir leur avis concernant la stratégie vaccinale.
A cette occasion, il m'a paru utile de proposer aux salariés une mise au point sur ce sujet.
Dernière mise à jour janvier 2001
538 maladies ont été notifiées dans les suites de vaccinations contre l'hépatite B, se répartissant en 271 maladies neurologiques, 160 maladies immunitaires et 107 maladies hématologiques (maladies du sang). Ces chiffres sont à comparer aux 75 millions de doses de vaccins distribuées pour vacciner de 20 à 25 millions de personnes.
Plusieurs arguments vont à l'encontre de cette liaison :
1. Il n'y a pas d'augmentation de l'incidence (nombre de nouveaux cas) de maladies neurologiques en France.
2. Le nombre de cas déclarés de SEP chez les personnes vaccinées est inférieur au nombre de cas "attendus". En effet, la SEP est une maladie dont l'incidence (nombre de nouveaux cas par an) est stable, s'établissant entre 1 et 3 pour 100 000, selon les régions. L'incidence des cas notifiés en France est de 0,6 pour 100 000 personnes vaccinées, comme dans les autres pays ayant une politique de vaccination contre l'hépatite B.
3. Les caractéristiques épidémiologiques des SEP notifiées sont identiques aux SEP habituelles (âge, sexe, gravité...) ne permettant pas de différencier une éventuelle SEP secondaire à la vaccination de la SEP habituelle.
4. Le délai d'apparition des SEP notifiées après vaccination est aléatoire.
5. Le virus de l'hépatite B n'a jamais, par lui-même, provoqué
de maladie neurologique du type de la SEP. D'ailleurs les distributions
géographiques de ces deux maladies sont très différentes.
Lorsqu'est préconisée une mesure de
santé publique, le rapport bénéfice-risque doit être
très élevé.
C'est effectivement le cas pour la population des
travailleurs exposés au risque biologique, puisqu'il n'y a plus
que quelques cas d'hépatites B professionnelles actuellement, contre
plusieurs centaines avant le vaccin.
Par ailleurs, les données épidémiologiques
de Taiwan, montrent pour la première fois en 1996, une diminution
de l'incidence du cancer du foie qui, dans cette île, est pratiquement
entièrement lié au virus de l'hépatite B.
Il n'est pas possible à l'heure actuelle,
d'affirmer avec certitude qu'il n'existe aucun lien de causalité
entre la vaccination anti-hépatite B et les maladies notifiées.
Des études complémentaires, prospectives, qui ne souffriront
d'aucune faiblesse méthodologique sont en cours.
Toutefois, si un risque existait, il serait extrêmement
faible et ne remettrait pas en cause la nécessité vaccinale
pour les groupes à risque, dont feront toujours partie les personnels
travaillant en milieu de soin.
Dans l'attente des résultats des études
complémentaires, et en adoptant le principe de précaution,
les instances d'experts consultées par le ministère préconisent
de ne plus effectuer de rappel systématique, mais de moduler les
rappels en fonction de l'importance du risque. Cette décision incombera
au médecin du travail. L'arrêté d'application de l'article
L 10 du Code de la Santé Publique sera modifié dans ce sens.
| Dernière mise à jour : | janvier 2001 |
| Document réalisé par : | Dr Michel Klerlein |