Contrôle des nuisances atmosphériques
dans les ateliers
Jean-Bernard
Gallay
Médecin du travail, Saint-Gobain (Pont à Mousson)
Dernière mise à jour Avril 2002
OBJET
Cette règle interne définit l’organisation, applicable
à un site ou un atelier, pour réaliser les contrôles
des nuisances atmosphériques des ateliers, et les mesures à
appliquer en fonction des résultats observés.
OBJECTIFS
Cette règle interne répond à un double objectif
:
-
SANITAIRE : En identifiant et mesurant les différents polluants
présents dans les ateliers et les postes de travail dans le but
de prévenir leurs effets nocifs.
-
RÉGLEMENTAIRE : Afin de répondre aux différentes exigences
contractuelles qui régissent la qualité de l’air des locaux
de travail.
Ces contrôles ont donc un caractère obligatoire vis-à-vis
de la réglementation du travail dont les principaux textes de portée
générale sont :
-
Arrêté du 9 Octobre 1987 : contrôle de l’aération
et de l’assainissement des locaux de travail ( J.O. du 22/10/87)
-
Décret n° 84.1093 relatif aux règles de ventilation applicables
dans les ateliers et fixant des valeurs limites pour les concentrations
en poussières inspirables et poussières alvéolaires
( J.O. du 8/12/84)
-
Circulaire du 7 Février 1989 publiée par le Ministère
des Affaires Sociales, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle «
Introduction à la surveillance des atmosphères de travail
».
-
Décret
n° 2001-1016 du 05 Novembre 2001, portant sur la création
d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la
santé et la sécurité des travailleurs
N.B. : Il existe de nombreuses réglementations spécifiques
à des risques (silices, amiante, plomb, etc…) qui doivent être
prises en compte en plus des textes généraux.

RÔLES ET RESPONSABILITÉS
Le tableau ci-dessous résume les participations des différents
acteurs à toutes les phases des contrôles. L'adaptation des
rôles est bien sûr nécessaire en fonction de l'existence
ou non des fonctions dans l'entreprise.
|
Services concernés |
Lab.. d'analyse |
Service sécurité |
Service médical |
|
1. Inventaire des risques
|
+ |
0 |
+ |
+ |
| 2. Identification des risques |
+ |
+ |
+ |
+ |
| 3. Estimation de l'exposition |
+ |
0 |
+ |
+ |
| 4. Analyse du risque par mesurage |
0 |
+ |
0 |
0 |
| 5. Interprétation des risques |
0 |
+ |
0 |
+ |
| 6. Surveillance des risques |
0 |
0 |
0 |
+ |
| 7. Réduction des risques |
+ |
0 |
+/- |
+/- |
| 8. Communication des résultats au CHSCT |
0 |
0 |
+ |
+ |
Sur un plan pratique, ces responsabilités doivent être
menées de façon conjointe et parallèle entre tous
les acteurs :
-
Tous les acteurs négocient les stades 1,2 et 3 une ou plusieurs
fois par an lors d’une réunion qui permet de déterminer un
plan annuel de mesure.
-
Un laboratoire est chargé de réaliser des prélèvements,
des analyses et d’établir un rapport technique (stade 4).
-
L’interprétation du rapport du laboratoire est réalisé
par le Service Médical qui en fait retour aux services concernés,
à la Direction, aux intéressés ayant participé
aux mesures, et aux CHSCT (stade 5).
-
La surveillance des risques sanitaires est assurée par le
Service Médical ainsi que l'information individuelle des résultats
(stade 6).
-
Les mesures de réductions techniques des risques sont sous la
responsabilité de services. Le Service Sécurité
et le Service Médical sont consultés pour conseiller sur
les mesures de réductions (stade 7).
-
L'organisation de mesures représente un coût qui doit faire
l'objet d'un budget annuel calculé sur le prix moyen de la
prestation du laboratoire d'analyses retenu.
RÉSULTATS – INTERPRÉTATION
Les résultats sont interprétés en fonction des
normes existantes. La réglementation française recommande
le respect de valeurs limites d’exposition, qui sont fixées pour
certains produits.
L’interprétation des résultats en terme acceptable,
tolérable et dépassement répond aux exigences
des recommandations des textes sur la surveillance des atmosphères
de travail.
En particulier, le terme dépassement s’entend dans
une démarche d’amélioration d’une situation qui doit tendre
vers le tolérable et l’acceptable. Elle ne signifie pas la nécessité
d’un arrêt de l’activité humaine au poste de travail, mais
incite à une démarche corrective de progrès. Seuls,
des « dépassements caractérisés des normes »
contrôlés par un laboratoire agréé par le Ministère
du Travail, peuvent faire l’objet d’une mise en demeure de la part de l’Inspection
du Travail.
En l’absence de valeur limite française, les résultats sont
comparés aux normes internationales (USA, ALLEMAGNE,…)
La VME (Valeur Moyenne d’Exposition) est une concentration de
polluant atmosphérique, exprimés en ppm (partie pour million)
ou en mg/m 3 (milligramme par mètre cube), qui ne doit pas être
dépassée pour une exposition de 8h par jour, 5 jours par
semaine pendant une vie professionnelle.
La VLE (Valeur Limite d’Exposition) est une concentration maximum
tolérable sur 15 minutes pendant un poste.
Les résultats seront considérés comme :
-
ACCEPTABLES si les chiffres mesurés sont <
0,3 VME
-
TOLÉRABLES entre 0,3 et 0,7 VME
-
DÉPASSEMENT si > 0,7 VME ou > VME
Les actions de suivi et de correction se feront en fonction de ces niveaux
de résultats : elles découlent des recommandations des
circulaires, mais en tenant compte que de 3 niveaux basés sur notre
expérience.
-
< 0,3 VME
-
Analyse de problèmes particuliers (pénétration cutanée)
-
Pas de nouvelles mesures en dehors de modification des procédés
de travail, des postes, des produits, des quantités mises en oeuvres.
-
Contrôle réglementaire des installations de ventilation et
surveillance des moyens de protection.
-
0,3 < VME < 0,7
-
Analyse détaillée des points de pollution pour identifier
les lieux de plus forte exposition afin de les réduire.
-
Examen des résultats des contrôles de ventilation et des moyens
de protection mis à disposition des opérateurs.
-
Décision de contrôle régulier des concentrations de
toxique selon un plan (type d’analyse – fréquente en particulier).
-
> 0,7 VME ou > VME
-
Actions correctives après examen détaillé des sources
de pollutions et des qualités des ventilations. Pas de nouvelles
mesures sans actions de réduction préalable.
-
Contrôle de l’efficacité des actions après correction
par de nouveaux mesurages des polluants.
N.B. :
Une règle interne est un ensemble de pratiques
validé par un site, une entreprise, afin d'appliquer les réglementations
dans les ateliers et au poste de travail.
La validation à priori par l'entreprise de ces règles
d'évaluation et de décision de mesurages, et des actions
de suivi et de correction qui en découlent, semble indispensable
à la réalisation d'une action d'Hygiène Industrielle.
DOCUMENTS & LIENS UTILES
-
Détection des gaz et vapeurs (INRS, ED 894)
-
Introduction aux valeurs limites d'exposition professionnelle (dossier
INRS)
Contrôle des nuisances atmosphériques
dans les ateliers
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