Risques professionnels en Bijouterie Joaillerie
Dr Jacques PIOLLAT
Médecine du Travail,
15 Rue des Colibris - 38100 Grenoble - Tél. :
04 76 40 09 09 - Fax : 04 76 22 77 77
Mémoire pour le DES de Médecine du Travail
– soutenu le 27/04/1999
Encadrement scientifique : Dr Anne MAITRE – IUMTE – CHRG
- 38700 La Tronche
Mise en page et publication : Dr Christian
BROTEL, MT2I, 38100 Grenoble.
Dernière mise à jour Avril 2001
La bijouterie est un art dont l'histoire suit celles
des civilisations humaines depuis des millénaires. Ce métier
a ses us et coutumes. Actuellement deux métiers très différents
se côtoient :
-
La bijouterie artisanale suit cette tradition et ne vit essentiellement
que par la réparation ou quelquefois la création d'objets
uniques de grande qualité.
-
Parallèlement la bijouterie industrielle utilise tous les
moyens modernes de la rationalisation et de la production en grande série
pour fabriquer des pièces identiques à un coût le plus
faible possible, afin de conquérir une nouvelle clientèle.
Dans les deux cas, les bijoutiers se regroupent autour
des grandes villes qui peuvent proposer le poinçon qui valide
l'authenticité du bijou et sa teneur en or.
Lors de la fabrication ou la réparation,
les ouvriers sont soumis à une succession de risques dont
ils sont en partie conscients.
-
Après le dessin initial, l'étape de la fonte du métal
soumet le bijoutier, bien sûr aux risques mécaniques
et thermiques peu spécifiques, mais aussi à la silice,
lors de la constitution d'un moule en plâtre réfractaire.
-
Ce dernier est tapissé de borax, secondairement enlevé par
de l'acide nitrique. Puis la pièce est trempée dans
un bain d'acide fluorhydrique pour le nettoyer. Jusqu'à récemment
le fondeur était équipé de gants en amiante.
-
L'étape suivante est celle de la soudure par brasure. Elle
est réalisée habituellement avec de l'argent, du cadmium
ou des alliages d'or, après un trempage préalable dans
du borax. L'amiante a été longtemps le matériau
sur lequel l'ouvrier posait l'objet à souder.
-
Après son assemblage, le bijou est classiquement décapé
par de l'acide sulfurique à 10%, chauffé.
-
Puis il est poli sur un tour imprégné de pâte
à polir dont la constitution peut contenir de la silice,
de l'étain associé au cuivre ou au plomb, de l'oxyde
de fer, de chrome.
-
Enfin le bijou est séché dans un bain à ultrasons,
qui peut être bruyant.
-
De nombreuses électrodépositions peuvent être
réalisées, en particulier la dorure qui met en jeu de l'aurocyanure.
A tous les stades du travail, des réactions
d'irritations ou d'hypersensibilisation, en particulier au nickel
sont possibles. Le bruit peut être important. L'amiante peut
être éradiqué dans cette profession, de même
que le plomb ou l'acide
fluorhydrique. Les risques liés à la silice sont dus
au plâtre réfractaire et au meulage. Le décapage des
bijoux peut être
effectué avec des produits moins toxiques que l'acide sulfurique.
Le polissage nécessite une surveillance spécifique car les
risques liés à la pâte à polir existent.
Une prévention technique et individuelle associée à
un suivi médical paraît souhaitable. Quant à l'électrodéposition,
elle nécessite des règles de stockage et d'utilisation
des produits strictes associées à un système d'aspiration
le plus efficient possible.
Le médecin du travail dans cette profession
se trouve face à de petites entreprises et il lui faut être
le plus convaincant et le plus persuasif possible car toute modification
pour la sécurité représente des investissements importants
qui doivent faire
l'objet d'un consensus pour qu'ils soient réalisés, puis
utilisés.
Ci joint les différents chapitres du mémoire
au format PDF :
Risques professionnels en Bijouterie Joaillerie
Cette page appartient au site d'AST67
Vous pouvez télécharger et diffuser ces pages mais veuillez
mentionner le site d'AST67 et le nom de l'auteur.
Si vous avez des commentaires ou des suggestions permettant d'améliorer
ce document d'informations,
veuillez contacter le rédacteur de cette page Dr
Christian BROTEL