AMIANTE

Notions essentielles

Dernière mise à jour mars 2008
Caractéristiques

Substance minérale naturelle, l'amiante ou asbeste est un silicate fibreux.
On distingue deux groupes minéralogiques, les serpentines et les amphiboles :
1. le chrysotile ou amiante blanc est la variété la plus courante, la seule du groupe serpentine.
2. les amphiboles comprennent cinq variétés :



Utilisation
Les différentes utilisations des fibres d'amiante mettent à profit leur exceptionnelle qualité de résistance à la chaleur et au feu, leur inertie chimique, leur résistance mécanique et leur imputrescibilité.
Les amiantes trouvent leur application :
- dans l'industrie du bâtiment
- dans l'industrie pour le calorifugeage et l'étanchéité
- dans la construction navale comme isolant et résistant au feu
- dans l'industrie textile pour la confection de vêtements résistant au feu et pour tous travaux de calorifugeage ainsi que comme filtre vis-à-vis des substances agressives
- dans l'industrie de l'automobile pour les garnitures de friction
- dans l'industrie des matières plastiques pour l'isolation et la calorifugation
- dans les produits d'étanchéité
- dans les produits de filtration pour l'industrie alimentaire et pharmaceutique
- dans la production de produits moulés isolants électriques Globalement, l'amiante entre dans la composition de plus de 3000 produits. Le chrysotile est la variété la plus utilisée; l'amosite est surtout utilisé pour l'isolation thermique; la crocidolite pour sa résistance mécanique et sa tenue aux acides.



Méthodes de détection et de détermination dans l'air

Les concentrations en milieu de travail sont déterminées par microscopie optique en contraste de phase, conformément à l'arrêté du 14 mai 1996 et à la norme AFNOR X 43-269 de 1991, et exprimées en fibre / cm3.

 Les teneurs dans l'atmosphère des immeubles bâtis et dans l'environnement sont déterminées par microscopie électronique à transmission, conformément au décret n° 96-97 du 7 février 1996 et à la norme AFNOR X 43-050 de 1996, et exprimées en fibre / litre.



Risques - Pathologie - Toxicologie
La taille et la géométrie des fibres sont les principaux facteurs qui déterminent la pénétration de l'amiante et sa distribution dans les voies respiratoires.
L'inhalation de fibres d'amiante expose à des affections diverses dont certaines sont d'une extrême gravité : L'amiante est classée cancérogène n° 1 par le CIRC, c'est donc un cancérogène certain pour l'homme.



Maladies professionnelles

Les tableaux de maladie professionnelle : n° 30 et n° 30 bis du régime général ( décret n° 96-445 du 22 février 1996 ) et n° 47  et n ° 47 bis du régime agricole.

La réparation des maladies professionnelles dues à l'inhalation de poussières d'amiante (INRS,  TC 73)

Le nombre de déclarations figure en 3 éme position et c'est un 1/3 du budget "réparation" qui est concerné par l'amiante pour l'année 1995.



Valeurs limites d'exposition

Décret n° 96-98 du 7 février 1996 abrogé par le décret 2006-761 du 30 juin 2006.

Décret n° 2006-271 du 30 juin 2006

Pour l'application de ces dispositions, seules sont prises en compte les fibres de plus de 5 m de longueur, de 3 m au plus de largeur et dont le rapport longueur / largeur excède 3. Les mesures se font en microscopie optique par un organisme agréé.

 Le décret n° 96-97 du 7 février 1996 fait obligation à tous les propriétaires d' immeuble de rechercher la présence d'amiante dans les flocages, calorifugeages et faux plafonds, selon une démarche bien précise.
Le propriétaire doit faire appel à un contrôleur technique agréé ( ou un technicien de la construction ayant contracté une assurance spéciale pour ce type d'activité ), pour faire évaluer la présence d'amiante dans le bâtiment.
Le contrôleur recherche dans un premier temps la présence :

En cas de repérage positif, il procéde à des prélèvements de matèriaux pour la recherche d'amiante en microscopie optique à lumière polarisée. La présence d'amiante ne se repère pas à la vue mais à l'examen microscopique du matériau.

 Si les résultats sont négatifs, l'absence d'amiante est confirmée.

 Dans le cas contraire, le contrôleur procéde, dans un deuxième temps, à une évaluation de l'état des matériaux selon une grille annexée à l'arrêté du 7 février 1996 modifié par l'arrêté du 15 janvier 1998 et qui donne un score d'évaluation de 1 à 3 :

Les résultats des prélèvements atmosphériques en microscopie électronique ( M.E. ) ne peuvent être comparés aux résultats en microscopie optique ( M.O. ). En effet, les méthodes ne sont pas similaires et les fibres comptées ne sont pas les mêmes :


Principaux textes réglementaires

Locaux de travail

Décret n° 96-98 du 7 février 1996 modifié par le décret n° 96-1132 du 24 décembre 1996 et par le décret n° 97-1219 du 26 décembre 1997 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante. Les activités concernées sont classées en 3 sections :

Arrêté du 14 mai 1996 : Travaux interdits

Article R. 234-20 du Code du Travail concernant certains travaux interdits aux jeunes travailleurs de moins de 18 ans, complété par le décret du 7 février 1996.

 Arrêté du 8 octobre 1990 modifié par l'arrêté du 4 avril 1996 fixant la liste des travaux pour lesquels il ne peut être fait appel aux salariés sous contrat de travail à durée déterminé ou aux salariés des entreprises de travail temporaires : fabrication ou transformation de matériaux contenant de l'amiante, entretien ou maintenance de flocage ou calorifugeage, confinement ou retrait de l'amiante, démolition.

Médecine du travail

Estimation du risque amiante par le médecin du travail (INRS, brochure TF 86)

Physiopathologie des maladies liées à l'amiante (INRS, brochure TC 71)

Arrêté du 11 juillet 1977 fixant la liste des travaux nécessitant une surveillance médicale spéciale

 Arrêté du 28 février 1995 mettant en place le suivi post-professionnel des salariés ayant été exposés à des agents cancérogènes : pour l'amiante, un examen clinique annuel complété tous les 2 ans par un examen radiologique du thorax et par une exploration fonctionnelle respiratoire avec courbe débit-volume.

 Sections I et II du chapitre III du décret n° 96-98 du 7 février 1996 : un travailleur ne peut être affecté à des travaux relevant de ces sections, que si la fiche d'aptitude établie en application de l'article R.241-57 du Code du Travail atteste qu'il ne présente pas de contre-indication médicale à ces travaux. Cette fiche d'aptitude est renouvelée au moins une fois par an.
Pour ces travaux relevant des sections I et II :

Arrêté du 6 décembre 1996 portant application de l'article 16 du décret n° 96-98 du 7 février 1996 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l'inhalation des poussières d'amiante fixant le modèle de l'attestation d'exposition à remplir par l'employeur et le médecin du travail ( annexe V ).

 Arrêté du 13 décembre 1996 portant application des articles 13 et 32 du décret n° 96-98 du 7 février 1996 et déterminant les recommandations et fixant les instructions techniques que doivent respecter les médecins du travail assurant la surveillance médicale des salariés concernés et selon le secteur d'activités ( annexe VI ). D'une façon générale, l'action du médecin est précisée dans les domaines suivant :

Circulaire DRT 98/10 du 5 novembre 1998 concernant les modalités d'application des dispositions relatives à la protection des travailleurs contre les risques liés à l'amiante

Elaboration d’une stratégie de surveillance médicale clinique des personnes exposées à l’amiante  : conférence de consensus (15 janvier 1999)

Protection de la population

Décret n° 96-97 du 7 février 1996 modifié par le décret n° 97-855 du 12 septembre 1997   relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l'amiante dans les immeubles bâtis. Les propriétaires de tous les immeubles, à la seule exception des immeubles à usage d'habitation comportant un seul logement, doivent rechercher la présence de calorifugeages contenant de l'amiante, et la présence de flocage contenant de l'amiante dans les immeubles construits avant 1980, et depuis septembre 1997, la présence d'amiante dans les faux plafonds.

Arrêté du 7 février 1996 modifié par l'arrêté du 15 janvier 1998 relatif aux modalités d'évaluation et l'état de conservation des matériaux susceptibles de contenir de l'amiante.

 Arrêté du 14 mai 1996 relatif aux règles techniques que doivent respecter les entreprises effectuant des activités de confinement et de retrait d'amiante.

 Décret n° 96-1133 du 24 décembre 1996 relatif à l'interdiction de l'amiante à partir du 1er janvier 1997.

 Arrêté du 24 décembre 1996 relatif aux exceptions à l'interdiction de l'amiante ( annexe III ).

 Arrêté du 24 décembre 1996 relatif au formulaire de déclaration en vue d'exceptions à l'interdiction de l'amiante ( annexe IV ).

 Décret n° 97-855 du 12 septembre 1997 : extension de la détection d'amiante dans les faux plafonds.

Arrêté du 15 janvier 1998 modifiant l'arrêté du 7 février 1996 relatif aux modalités d'évaluation de l'état de conservation des flocages et des calorifugeages contenant de l'amiante et aux mesures d'empoussiérement dans les immeubles bâtis.(J.O. du 24 janvier 1998)

Arrêté du 15 janvier 1998 modifiant l'arrêté du 7 février 1996 relatif aux modalités d'évaluation de l'état de conservation des faux-plafonds contenant de l'amiante et aux mesures d'empoussiérement dans les immeubles bâtis.(J.O. du 5 février 1998)

Protection de l'environnement

Circulaire du 19 juillet 1996 du Ministère de l'Environnement relative à l'élimination des déchets de déflocage et de décalorifugeage : les déchets issus des travaux de la section 2 seront considérés comme déchets industriels spéciaux et traités dans des installations spécialisées.

 Circulaire du 9 janvier 1997 modifiée relative à l'élimination des déchets d'amiante-ciment.

 Circulaire du 12 mars 1997 relatives à l'élimination.


Conclusion et éléments de réflexion

En pratique tous les métiers du bâtiment, les métiers de maintenance et d'isolation sont concernés par l'amiante.

 Vu le risque cancérogène de l'amiante, il est choquant que l'étiquetage indiquant la présence d'amiante se limite à la banale lettre a absolument non évocatrice du risque.

 La prévention technique lors de l'exposition à cette fibre cancérogène sera fondamentale et prioritairement une protection collective. La valeur limite d'exposition n'est pas médicalement une valeur de sécurité.

 Quelle est la toxicité des produits de substitution ?


Références & Bibliographie



Liens utiles

Document réalisé et mis à jour par François Muller, médecin du travail
AST du Bas - Rhin ( France )

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