L’association Migrations Santé Alsace
vous invite à
une soirée débat sur
« Prévention, Santé, Cultures»
le mardi 4 décembre 2007 à 20 h
à la Maison des Associations
1 place des Orphelins – 67000 Strasbourg
Les statistiques le montrent : les migrants font partie des catégories
sociales les plus durement touchées dans leur état de santé
en France : ils meurent plus précocement, sont plus handicapés,
présentent des affections médicales plus évoluées.
Ils partagent en cela les problèmes de santé des catégories
sociales auxquelles ils appartiennent : un enseignant du secondaire du
Rwanda, qui se retrouve à être vigile de nuit dans une zone
d’activité industrielle en France, verra son état
de santé, ainsi que celui de sa famille, prendre les caractéristiques
du groupe social des vigiles de nuit, et non celles du groupe des enseignants
en France.
Pourtant, d’autres statistiques ont montré qu’au moment
de leur arrivée en France, cet état de santé était
à âge égal plutôt meilleur que celui des autochtones.
D’autres montrent que l’évolution de l’état
de santé des immigrés est différente de celui de
ceux de leurs communautés qui n’émigrent pas.
Ce constat pousse à tenter de « faire quelque chose ».
Faire quelque chose pour PREVENIR cette évolution.
Mais les meilleures volontés se heurtent à de grandes difficultés
lorsqu’il s’agit de faire : en effet, autant les soins peuvent
être donnés à ceux qui sont malades, autant la préservation
de la santé ne peut être administrée comme une potion.
La santé est une notion complexe, qui touche l’humain dans
l’ensemble de ses dimensions, personnelles, familiales, sociales
et culturelles. Les résistances individuelles, mais aussi communautaires
sont fréquentes et puissantes en matière de Promotion de
la Santé ou d’Education pour la Santé. Quelle est
donc la nature de ces obstacles ?
Une société qui cherche à protéger la santé
de ses membres assume une de ses missions majeure… cependant, cette
entreprise ne peut être acceptable sans que le statut des individus
comme sujets à part entière ne leur soit reconnu et sans
qu'eux-mêmes ne se reconnaissent comme partie intégrante
de cette société.
Les migrants ont-ils encore une place en tant que sujet au sein de nos
sociétés ? Les évolutions des lois françaises,
la création d’un ministère de l’immigration
et de l‘identité nationale, la proclamation d’un supposé
«problème de l’immigration», la promotion du
déterminisme biologique, mais aussi les pratiques discriminatoires,
au travail, dans le logement, à l’école, et parfois
même dans le système de soin, tendent à reléguer
les migrants à une place d’objet. Comment alors penser la
Prévention de la Santé pour ces personnes ?
La thématique de cette soirée a pour objet de nous aider
à comprendre comment nous pouvons ou devons intégrer les
notions de culture(s) dans nos différentes actions.
En matière de prévention, il ne s’agira pas d’imposer
des modifications de comportements mais d’accompagner des changements
qui permettront aux personnes de faire des choix éclairés,
et d'occuper pleinement une place de sujet.
Pour nous aider à réfléchir à ces questions,
nous avons invité :
- Nicole SCHAUDER, Médecin de Santé Publique,
et Directrice du CRES Alsace qui a pour mission – entre autres –
d'assurer la formation en éducation pour la santé de tous
les professionnels et futurs professionnels de santé, et de favoriser
la mise en place d'une politique de santé adaptée aux besoins
de la population.
- Denise VOGELEISEN, Ethnologue, enseigne à Strasbourg
au sein des universités Marc Bloch et Louis Pasteur, ainsi qu’à
l’ESTES (Ecole Supérieure en Travail Educatif et Social).
Elle définit sa fonction comme celle d’un « traducteur
culturel, qui envisage l’homme dans sa globalité, comme un
généraliste », et présente en cela des parentés
avec la médecine.
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