B 039 Monsieur LASFARGUES Gérard
Précarité de l’emploi et santé : des différences
hommes/femmes
B 044 Madame PEZE Marie
Approche psychosomatique et psychodynamique des T.M.S. : les athlètes
au quotidien
B 008 Madame DARTOIS Marie-France
Introduction de la guelte dans un grand magasin et souffrance au travail
B 040 Monsieur JAYET Christian
Mobilisation des équipes médicales d’EDF-GDF face à
la situation des agents des plateaux d’accueil clientèle
B 006 Monsieur CARRE Alain
Organisation du travail et clinique en santé au travail
B 012 Monsieur WENDLING René
Le recours accru à la sous-traitance : implications pour la santé
des salariés et pour l’action de prévention
B 042 Madame DONIOL-SHAW Ghislaine
Travail en sous-traitance et santé mentale
B 048 Madame BIE Béatrice
Le médecin du travail face au coût psychique d’une restructuration
hospitalière. Les aléas du témoignage
B 038 Madame JACQUES Colette
Lorsque l’organisation médico-sociale actuelle contribue à
la construction de la maladie et du handicap
B 037 Monsieur CHAMOUX A
Stress et travail : rôle de la pénibilité psychique
du travail
B 001 Madame CHASTANG Françoise
La précarité d’emploi est -elle facteur de risque de la récidive
suicidaire ?
B 030 Monsieur SCHEUER Alfred
Perception du harcèlement sexuel par les médecins du travail
en Lorraine
B 031 Monsieur RANDON Alain
La souffrance chez les machinistes-receveurs victimes d’agressions
B 010 Monsieur LITZENBERGER Marc
Mots pour maux au travail : une réponse à la violence psychologique
en entreprise
B 051 Madame MULLER Béatrice
Agent de maîtrise et réorganisation du travail : réflexions
à partir d’une évaluation de la charge mentale d’agents de
maîtrise de production
B041 Madame JACQUES Colette
L’aménagement et réduction du temps de travail et le médecin
du travail, conseiller en santé au travail
B 055 Madame TOURANCHET Annie
Évaluation des liens entre souffrance mentale et facteurs professionnels
dans trois secteurs d’activités
B 034 Madame DOUSSON Christine
Étude de l’état de santé des salariés de la
grande distribution dans le rhône : epigrandis 1
B 002 Monsieur POMMIER Jean-Louis
Nouvelles formes d’organisation du travail : contraintes au travail et
santé mentale
B 050 Monsieur DJERIRI Khalid
La mondialisation de la prévention des risques professionnels dépendra
en premier lieu de l’attitude des médecins du travail des pays industrialisés
!
B 045 Madame VERDUN ESQUER Catherine
Etude santé-mentale chez les agents des services hospitaliers (ASH)
du CHR de Bordeaux
B 027 Madame LAIB-IDDER Chérifa
Le gestionnaire des ressources humaines face aux nouvelles formes d’organisation
du travail : effets sur la santé mentale
B 020 Monsieur JEGADEN Dominique
Polyvalence à rotations rapides, sexe et santé. Étude
régionale dans une entreprise du secteur tertiaire
B 029 Monsieur HUEZ Dominique
Une situation de décompensation psychopathologique collective aiguë
dans un service de 75 personnes
B 049 Monsieur DJERIRI Khalid
« L’alcoolisme chronique d’un chef d’entreprise peut-il perturber
l’état de santé de ses employés ? « . A partir
d’une observation clinique et d’une enquête descriptive comparant
deux entreprises de distribution de même dimension
B 053 Monsieur MARTIN Dominique
« Le burn-out », le médecin et le psychologue
B 005 Madame BOYER-RABY Huguette
Travail et santé mentale des salariés travaillant avec un
micro-ordinateur portable hors de l’entreprise (bureau mobile)
B 046 Madame ANDRIEU Catherine
Expérience d’un suivi de délocalisation
B 023 Madame LEPRINCE Isabelle
Les fabuleuses richesses économiques du cerveau
B 036 Monsieur MONFRIN Francis
Troubles du sommeil et psychiques parmi les chauffeurs routiers. Rôle
des conditions du travail
B 014 Madame GOZLAN-SAVARO Martine
Vécu des serveurs en restauration : un lien avec l’organisation
du travail ?
B 013 Madame DRIDA Michèle
Le syndrome du canal carpien d’origine professionnelle : aspects psychologiques
et psychosociologiques
B 007 Monsieur CHOUANIERE Dominique
Stress professionnel : orienter un programme de recherche en exploitant
l’information existante
B 015 Monsieur CHNEIWEISS Laurent
L’observatoire du stress
B 011 Madame MOKHTARI Radia
Fragilisation de l’emploi et évaluation de la charge de travail
B 039 PRECARITE de l'EMPLOI et SANTE : DES DIFFERENCES HOMMES / FEMMES.
LASFARGUES G. (1), DONIOL-SHAW G. (2), DERRIENNIC F. (3), BARDOT F. (1) HUEZ D. (1), RONDEAU DU NOYER C. (1)
(1) Institut de médecine du travail du Val de Loire, médecine
B, CHU Bretonneau
37044 Tours cedex
(2) LATTS- CNRS, ENPC, 6-8 av B. Pascal - cité Descartes - 77455
Marne la Vallée cedex 2
(3)INSERM U170, Villejuif
L'enquête épidémiologique PREST (PREcarité - Santé - Travail) a été conduite en 1996 afin d'explorer les liens entre précarité du travail et santé en décrivant les parcours d'activité professionnelle et la situation de travail de salariés embauchés sur des contrats précaires pour y rechercher des hypothèses explicatives des altérations éventuelles de la santé.
Il s'agit d'une enquête par autoquestionnaire et par questionnaire posé par le médecin du travail remplis à l'occasion de la visite d'embauche. 180 médecins du travail de la région Centre ont participé à l'enquête ce qui a conduit à 1452 questionnaires exploitables.
Les données recueillies portent sur les caractéristiques socio-professionnelles des sujets, sur leur parcours d'emplois sur les 5 dernières années (chômage, formation, statut contractuel des emplois occupés) et sur les conditions de travail de leur emploi actuel et de l'emploi précédent. La santé a été principalement évaluée à l'aide du NHP (Nottingham Health Profil). Il s'agit d'une échelle de santé perçue, validée en langue française, qui prend en compte les 6 dimensions suivantes: Mobilité physique, Isolement social, Douleurs, Réactions émotionnelles, Tonus, Sommeil.
Les premiers résultats montrent des liens statistiques entre la précarisation de l'emploi, quelles que soient ses formes, c'est à dire pas seulement celle du statut, et la santé, les hommes étant prioritairement touchés par la précarité contractuelle et les femmes par la précarité des conditions d'emploi (notamment par la voie du temps partiel imposé) indépendamment du statut de cet emploi.
Chez les hommes, les salariés en CES mais également ceux titulaires d'un contrat d'insertion ou de qualification ont la moins bonne santé perçue, en particulier dans ses dimensions à composante mentale prédominante (isolement social, réactions émotionnelles).
Chez les femmes, la part de contrats à temps partiel, proche de 50 %, brouille les résultats et d'autres éléments, en particulier les types d'horaires attachés aux contrats (temps partiel ou temps complet) doivent être intégrés à l'analyse pour expliquer les dégradations de santé.
Les résultats montrent des liens statistiques entre la catégorie professionnelle des salariés dans leur emploi actuel et plusieurs dimensions du NHP. Dans la population féminine, la santé perçue est la moins bonne chez les employées du commerce et de l'hôtellerie. Chez les hommes, la santé perçue est moins bonne chez les employés du commerce et de l'hôtellerie mais aussi chez les personnels de service.
Globalement, les résultats apparaissent particulièrement
représentatifs de l'évolution des conditions d'emploi et
de travail dans certains secteurs d'activité du tertiaire allant
dans le sens d'une précarisation globale et d'une atteinte à
la santé des salariés.
PEZE M. Unité de la main Douloureuse. Hôpital Max Fourestier. 92000 Nanterre
Les T.M.S., dénomination générique, regroupent des pathologies dont l'axe central est l'atteinte du mouvement. L'Unité de Traitement de la Main Douloureuse a pour particularité une prise en charge pluridisciplinaire assurant au patient, dés la première consultation, la présence du chirurgien, de la psychosomaticienne, du médecin de rééducation fonctionnelle, du kinésithérapeute.
Cette posture clinique nous a permis, au delà de l'approche biomécanique et ergonomique des T.M.S., une réflexion sur la place du geste dans l'économie psychosomatique, sur la place du geste dans l'actuelle organisation du travail, à partir d'une série de 145 patientes .
Le travail répétitif, sous contrainte de temps, monotone ou trop prescrit induit un verrouillage des ressources mentales personnelles, une hyperactivité sensori-motrice. Les défenses utilisées pour “ tenir ” au travail sont de type comportemental car le geste aide à ne pas penser.
La sur-utilisation imposée de l'appareil locomoteur place les patients dans un risque d'usure puis d'atteinte musculo-squelettique.
La souffrance physique et mentale au travail questionne donc l'organisation
du travail, en quoi cette dernière permet ou ne permet pas l'investissement
de la personnalité dans la tâche à accomplir.
DARTOIS M-F.
ACIMT 5A, rue Victor Sellier 25041 Besançon
Médecin du travail de ce grand magasin, j'entends et constate
des manifestations importantes de souffrance du personnel en majorité
féminin, après l'introduction d'un nouveau mode de rémunération
individualisée proportionnellement aux ventes réalisées
par chaque vendeuse: la guelte.
La question du sens de cette souffrance est abordée au travers d'une approche comparée à partir des théories du stress au travail, puis des concepts de la psychodynamique du travail.
C'est l'analyse psychodynamique qui permet de montrer en quoi:
- la souffrance apparaît comme en lien avec l'organisation du
travail,
- la réduction de la tâche à sa finalité,
fait l'impasse sur le travail réel qui n'est pas reconnu,
- la dynamique de la reconnaissance est barrée, ce qui met à
mal la construction de l'identité, l'accomplissement de soi. A défaut
de reconnaissance, c'est la souffrance qui jaillit,
- la guelte détruit la communauté d'appartenance qui
permet d'effectuer le travail en coopération selon des règles
et des défenses.
Cette étude réalisée au travers de deux approches
différentes montre que la première, en termes de stress évacue
finalement la parole, le sens du travail, et considère que l'individu
qui souffre, souffre parce qu'il est fragile, vulnérable. La deuxième
prend en considération la parole de l'individu qui souffre sans
le dissocier de son groupe de travail. Elle permet de comprendre en quoi
le sens du travail n'est pas lié qu'à la rémunération,
mais aussi à des enjeux d'identité et d'appartenance.
Docteurs BREMENT F., DEHEZ. A.M., DESOBRY P., DUBOIS A., MATHEVON P., ROBIN F., médecins du travail. Mme ALLARD N., infirmière du travail. Docteur JAYET C., attaché de psychodynamique du travail ; Mme ZEME-RAMIREZ M., ergonome ; Service Central d'Appui à la Médecine du Travail, EDF-GDF, 30 avenue de Wagram 75382 Paris Cedex 08.
Les nouvelles formes d'organisation du travail des agents des plateaux clientèle ont bouleversé le rapport de ces agents à leur travail. Celui-ci s'exprime plus souvent et avec plus d'intensité sur le versant de la souffrance que sur celui du plaisir. Cette communication a pour objectif de présenter une démarche de mobilisation de la communauté des médecins et des infirmièr(e)s du Travail d'EDF-GDF face à cette situation.
Ces équipes médicales réparties sur 102 Centres de distribution disposent d'un Service Central d'Appui à la Médecine du Travail. Elles ont alerté ce service des difficultés de travail de cette population. La Commission de Psychodynamique du Travail, composée d'un médecin spécialisé dans cette discipline, de médecins du travail, d'une infirmière du travail et d'une ergonome, a alors proposé à l'ensemble des équipes de témoigner de leurs perceptions, de leurs préoccupations et de leurs interventions sur ce sujet. L'objectif affiché était double: favoriser, d'une part, la capitalisation de leurs expériences en la restituant à cette communauté professionnelle; ouvrir, d'autre part, un débat sur les hypothèses, les interprétations et les formes d'action de ces équipes.
Ces échanges d'expérience pourront, sur le long terme, aider ces praticiens à élargir leur grille de lecture et affiner leur méthodologie d'action. Ceci devrait leur permettre d'utiliser encore mieux les marges de manœuvre disponibles pour l'amélioration des conditions de travail dans leurs actions de terrain.
Grâce à ce témoignage, il est possible de confronter
la perception des équipes médicales avec la vision de l'entreprise
sur les conditions de vie et de travail des agents d'accueil des plateaux
clientèle. Sa forme collective donne une plus grande force à
ce qui fait état de l'existence de problèmes de santé
en rapport avec des organisations du travail dont la décision relève
du niveau national. Le but est de sensibiliser les différents acteurs
de l'entreprise afin qu'un débat puisse s'ouvrir sur cette réalité.
CARRE A., DEVEAUX A., MACHEFER J., RIQUET O.
"Santé et Médecine du Travail" (SMT) 25, rue Edmont Nocard
- 94410, Saint-Maurice
L'organisation du travail actuelle détruit les collectifs formels et informels. Isolés, les salariés luttent pour conserver leur normalité dans un silence assourdissant. Si la clinique médicale peut rendre compte de cette lutte, lorsque ses effets répondent aux critères de la pathologie, elle est impuissante à décrire la souffrance "ordinaire" qui peut se traduire par des comportements étranges. Surtout elle ne peut mettre en évidence les liens entre la souffrance et l'organisation du travail devenue pathogène. Cela impose l'élaboration d'une clinique différente.
La clinique médicale classique considère, en effet, la normalité en opposition à la maladie. Elle ne l'aborde pas, en général, du point de vue du sujet qui tente de maintenir son équilibre psychologique tel que conçu et construit par un ensemble de paramètres sociaux, culturels, politiques et psychologiques. Une frontière se crée alors entre la clinique, se référant à la maladie, généralisée aux populations, et une autre clinique, en référence à ce que le sujet considère comme normal La "normalité subjective" celle recherchée par le sujet : "sa" santé, n'est pas entièrement réductible à la "normalité objective", inverse d'un état pathologique, observée par le médecin: "la" santé. Cette clinique peut mettre en évidence les atteintes à la santé en relation avec certaines organisations du travail car elle permet d'établir un lien entre diverses expressions du vécu au travail, articuler ce qui est collectif avec les histoires individuelles, permettre d'exprimer des hypothèses étiologiques.
Les médecins du travail de l'association "Santé et Médecine
du Travail" (SMT) travaillent collectivement à l'exploration de
cette nouvelle clinique, complémentaire pour leur exercice, de la
clinique médicale classique, qui conserve par ailleurs tout son
intérêt. Après un premier ouvrage de témoignage,
ils ont consacré une partie d'un livre publié récemment
et fruit de leur coopération à un début de contribution
à cette clinique. Une référence théorique essentielle
en est la psychodynamique du travaiL Ce nouvel abord des questions de santé
devrait ouvrir des perspectives pour la santé publique, pour que
soient pris en compte les effets sur la santé de l'organisation
du travaiL Les médecins du travail de SMT, considérant que
cette clinique n'est pas exclusive de leur spécialité, ont
pour projet de travailler à sa construction avec leurs confrères
d'autres spécialités, médecins psychiatres et médecins
généralistes.
WENDLING R. (1), DRIDA M. (1)
(1) Service Prévention et Gestion des Risques Professionnels
de la CRAM Alsace-Moselle BP 392 - 67010 Strasbourg Cedex
Le recours accru à la sous-traitance lié aux politiques
de flexibilité et de réduction des coûts provoque :
* un transfert de contrainte (coûts, délais, risques,
responsabilités) sur les entreprises sous-traitantes, contraintes
qui sont à leur tour répercutées directement sur les
salariés de ces entreprises, soumettant ces derniers à une
pression de plus en plus forte.
* des mutations de l'organisation du travail se traduisant par une
dislocation des organisations du travail traditionnelles et une division
accrue du travail, une dégradation des conditions de travail.
* des mutations du rapport subjectif au travail : à travers
la mise en concurrence des salariés, la modification des rapports
de subordination, le développement de la polyvalence, la disparition
des collectifs apparaissent des remaniements de la place que tient le travail
dans la dynamique personnelle, des déstabilisations des fondements
de l'identité.
* une accentuation du sentiment d'insécurité liée
à la précarisation des statuts et à la peur du chômage.
Cette situation est particulièrement pathogène comme en témoigne l'intensification de la souffrance des salariés, souffrance qui apparaît à travers une augmentation des Troubles Musculo-Squelettiques, des problèmes liés au “stress” et de l'accidentabilité dans le cadre de l'intérim ou de la sous-traitance sur site notamment.
Se pose du même coup la question de l'adaptation de l'action de
prévention à cette nouvelle donne face à la multiplication
des environnements instables, à la parcellisation des tâches
et de l'activité, à la dispersion des lieux de travail, à
la détérioration de certaines conditions de travail entre
autres.
DONIOL-SHAW G (1), DERRIENNIC F (2), SANDRET N (3), HUEZ D, SURRIBAS H (4)
(1) ENPC-LATTS-CNRS, 6-8 av. Blaise Pascal, Cité Descartes, 77455 Marne La Vallée, Cedex 2. (2) INSERM, Unité 170, Villejuif, (3) Inspection Médicale du Travail, Paris. (4) Médecins du Travail, Chinon.
Depuis de nombreuses années, le travail en sous-traitance s'est développé dans les entreprises et, simultanément, les conditions de travail et d'emploi des salariés sous-traitants se sont largement précarisées. Peu de connaissances sont cependant disponibles sur les effets de cette précarité croissante sur la santé des salariés.
La première phase de l'enquête épidémiologique STED - Sous Traitance EDF (Electricité De France) DATR (Directement Affectés aux Travaux sous Rayonnements Ionisants) - apporte un éclairage sur cette question. Cette enquête, par questionnaire, a été conduite en 1993, par les médecins du travail assurant le suivi médical particulier de cette population, auprès d'un échantillon de 2503 salariés sous-traitants DATR intervenant dans les travaux de maintenance des centrales nucléaires, pendant les arrêts de tranche.
L'analyse statistique des données de l'enquête suggère un rapport étroit entre les conditions de travail et de vie des salariés sous-traitants DATR et leur dépressivité. Les résultats obtenus au niveau de la symptomatologie dépressive, mesurée par le CES-D(1), montrent en effet, dans cette population jeune (âge moyen de 34 ans), une proportion élevée de salariés présentant des symptômes dépressifs (18,5%) et surtout plus élevée par rapport à la population comparable d'agents statutaires EDF (10,5%). De plus, chacune des contraintes de pénibilité physique et d'organisation du travail auxquelles ces salariés sont soumis apparaît comme un facteur d'augmentation de la dépressivité. Par ailleurs, la dépressivité mesurée n'est statistiquement liée ni au statut contractuel de l'emploi (emploi stable ou précaire) ni au type de métier exercé. I1 apparaît donc que ce sont les contraintes résultant à la fois du travail en sous-traitance et de son organisation (contraintes d'horaires et de rythmes de travail, contraintes physiques, contraintes réglementaires et inquiétude liées à l'exposition aux rayonnements ionisants, contraintes de déplacements professionnels) qui sont les déterminants principaux de la santé psychique et non les conditions particulières du contrat de travail ou la nature des tâches réalisées.
Par ailleurs, le fait que 60% des salariés de l'enquête déclare souffrir de troubles du sommeil, que 45% d'entre eux se dise nerveusement et mentalement fatigués et 41% anxieux, peut être considéré comme un indicateur du coût psychique élevé des conditions de travail et des conditions de vie qui y sont associées, l'ensemble de ces troubles constituant en quelque sorte un terrain "favorable" à l'apparition de troubles psychiques plus importants.
(1) L'échelle de dépressivité "CES-D" (Center for
Epidemiologic Studies - Depression Scale) est un auto-questionnaire de
20 questions dont la version française a été mise
au point par R. Fuhrer (Fuhrer et Rouillon, 1989).
BIÉ B.
Université P. et M. Curie - Service Médical - 4, place
Jussieu - 75252 PARIS Cedex 05
Depuis 1980, la psychiatrie est en pleine restructuration : mise en place d'une politique d'intégration dans les hôpitaux généraux, réduction de l'activité intra-hospitalière et développement des structures extra-hospitalières. Cette politique de restructuration—et la façon de la conduire—a de lourdes conséquences sur le travail des soignants: insécurité quant à l'avenir professionnel, hiérarchisation des tâches et lourdeurs administratives, nécessité d'intégrer un facteur de rentabilité dans une profession choisie par engagement personnel et finalement modification du sens même du métier. Durant 8 ans, j'ai pris en compte la souffrance largement exprimée par les personnels au cabinet médical et qui se signifiait par ailleurs sous des formes diverses : accidents du travail, arrêts de travail répétés, décompensations psychiques et/ou somatiques. Face à une Direction chroniquement sourde à mes arguments pendant toutes ces années, j'ai voulu témoigner de cette situation, en montrer le coût psychique et proposer une réflexion à travers un article publié dans la revue Psychiatrie Française. Cet article est paru dans le numéro de juin 1996. En juillet, la Direction m'adressait une lettre de licenciement.
La communication retrace la souffrance des agents en rapport avec la
politique de la Direction et met en évidence les articulations à
la situation de travail. Elle décrit les actions entreprises et
leurs diverses conséquences dont un regain d'énergie chez
les salariés notamment pour la défense d'une certaine idée
de la médecine du travail.
JACQUES C.
DRTEFP 14, av. A. Briand 76008 Rouen Cedex
S'engager dans le maintien ou le retour à l'emploi des handicapés c'est bien; éviter de les construire c'est mieux. Seulement voilà, le temps humain d'échange non pris en compte dans l'organisation des structures médicales et sociales actuelles, la multiplication des actes techniques remplace, parfois, l'écoute pour comprendre et la parole pour verbaliser. Puis, Fort des divers bilans réalisés, l'entourage catalogue, au gré des représentations sociales du fait médical, dans un statut de malade, d'handicapé ou de bien-portant.
A travers un exemple tiré de la pratique quotidienne, nous montrerons comment ce contexte médico-social peut parfois entraîner la personne dans un processus de construction sociale de la maladie et du handicap.
Dans ce processus, la plainte, perçue a priori comme traduction d'une lésion somatique sous-jacente, guide les prescriptions médicales. En fait, il se nourrit de la confusion entre plainte physique (objectivant une lésion organique), doléance (appelant réparation d'un préjudice) et plainte psychosomatique (traduisant un conflit intrapsychique).
Trop souvent, cette méprise entraîne la personne en détresse dans une inflation d'actes médicaux non exempts d'effets iatrogènes physiques, psychiques et/ou sociaux. Elle conduit, parfois hélas, la personne du statut de plaignant à celui de malade puis d'handicapé qui l'entretient, de fait, dans un état de dépendance médico-sociale.
Centrée sur le corps, cette approche bio-mécaniste retarde l'interrogation sur le sens des maux et la traduction en mots, souvent libérateurs de la souffrance.
En ces temps de grand chambardement de la médecine, il importe de convaincre les décideurs de l'importance du temps humain d'échange en médecine pour prendre soin; moyen peu onéreux mais incontournable pour promouvoir la santé.
Plus globalement, le mouvement de réduction du temps de travail,
favorisé par l'hyperrationalisation des organisations, conduit à
restreindre le temps humain d'échange. La vie au travail devient
alors un temps contraint de production de bien où l'écoute,
la parole et le lien n'ont plus d'espace. Dans ce contexte, il est à
craindre que la plainte médicale soit une des formes d'expression
de la révolte des travailleurs. Si face à ce phénomène,
la réponse médicale est essentiellement bio-mécanique
par manque de temps, la culture de la maladie et du handicap sera florissante
et la construction de la santé sinistrée.
A. Chamoux, Ch. Paris, J. Desheulles, I. Ambroise-Pivert, ML Simon-Rigaud
l. Université de Médecine, Clermont Ferrand,
2. IUMT Rouen,
3. Aerospatiale, Les Mureaux,
4. SIE Deauville,
5. CHU Besançon
Objectifs. Evaluer le rôle respectif des facteurs de risque professionnels et personnels sur le niveau de stress de salariés en activité.
Méthode. Une enquête par questionnaire a été effectuée par des médecins du travail volontaires auprès de salariés tirés au sort lors de la visite systématique de médecine du travail pendant 12 mois. L'état de stress général du sujet a été évalué par le questionnaire européen du stress (20 items). Le niveau de stress au travail a été auto-évalué par le sujet à l'aide d'une échelle analogique visuelle. L'organisation du travail a été appréhendée par le questionnaire complet de Karasek (37 items).Les facteurs personnels tels que neuroticisme, coping ont été obtenus à l'aide du questionnaire de Beech. L'analyse a été effectuée sur SPSS 6.3 en utilisant les procédures de régression logistique.
Résultats. 2263 questionnaires ont été exploités, comportant 1135 (50.2) femmes et 1128 (49.8) hommes.
L'existence d'un stress en général est significativement lié au sentiment d'insécurité(OR:1.43,p<0.001), aux contraintes psychiques du travail (OR:1.50 p<0.001) et au sexe féminin (OR:2.06,p<0.001. Dans ce cas, le choix de la profession, la satisfaction au travail et la latitude de décision sont des facteurs significativement protecteurs vis à vis du stress. Le stress professionnel quant à lui, parait lié surtout à la charge psychique (OR:2.87, p<0.001), et au sexe féminin. La satisfaction au travail et le support social des collègues semblent être des facteurs protecteurs de ce stress. La prise en compte des facteurs personnels (neuroticisme, locus,...) ne modifient pas ces résultats pour aucune des deux variables de stress
Conclusion. La contrainte psychique apparaît comme le déterminant professionnel majeur du stress en général ou au travail indépendamment des facteurs personnels.
Ce travail a été soutenu par l'ASMT
CHASTANG F., DUPONT I., RIOUX P., KOVESS V., ZARIFIAN E.
Centre Esquirol, CHU Côte de Nacre, 14033 Caen Cedex
Objectif : Depuis les travaux de Durkheim, de nombreuses études, ont mis en évidence une importante et complexe association entre gestes suicidaires et chômage sans lien causal démontré. Ces enquêtes étaient principalement réalisées chez des suicidants de sexe masculin, et comparaient rarement primosuicidants et récidivistes. Dans la situation de crise économique que traverse la France depuis plusieurs années, les notions de précarité d'emploi et de difficultés d'insertion socioprofessionnelle dépassent largement le seul cadre du chômage; des solutions sociales d'insertion et de lutte contre le chômage, comme le RMI, les CES et les CE n'ont pas contribué à améliorer réellement l'intégration socioprofessionnelle d'une population jeune de plus en plus confrontée à la précarité d'emploi. L'objectif de œ travail est de rechercher les relations existant entre les tentatives de suicide, plus particulièrement les récidives, et l'intégration socioprofessionnelle difficile, incluant pour les auteurs le chômage et les moyens actuels de lutte contre celui-ci, à savoir RMI, CES ou CIE.
Matériel et méthode: Tous les suicidants de plus de 15 ans (n = 541) admis aux Urgences du CHU de Caen de décembre 1993 à juin 1994 ont été évalués par un hétéroquestionnaire portant sur les données socio-démographiques, les antécédents psychiatriques personnels et familiaux, le diagnostic et la consommation de soins dans l'année précédant le premier passage aux urgences. Les primo-suicidants sont comparés aux récidivistes en fonction de la qualité de l'intégration socio-professionnelle, grâce à des analyses univariées (chi 2 et analyses de variance) et multivariées (régression logistique).
Résultats: La population des suicidants, composée de 63 % des femmes et de 37 % d'hommes, âgée en moyenne de 34 + 1 ans, se différencie de la population de plus de 15 ans de l'agglomération caennaise: les suicidants sont plus fréquemment divorcés (17 % vs 6 %, p <0,001) et plus souvent au chômage (17 % vs 13 %, p = 0,01). Parmi les 541 suicidants, 416 (77 %) sont socialement actifs, 61,5 % ayant une activité professionnelle régulière et 38,5 % étant en situation professionnelle précaire. Le sex-ratio femmes/hommes voisin de 2 pour les sujets ayant une activité régulière, n'est plus que de l'ordre de 1 en cas de situation précaire, tant chez les récidivistes que chez les primosuicidants. Les récidivistes travaillant régulièrement ont significativement plus d'antécédents psychiatriques familiaux que les primo-suicidants (37 % vs 25 %, p = 0,05 pour la dépression; 24 % vs 14 %, p = 0,05 pour les tentatives de suicide; 34 % vs 18 %, p = 0,02 pour l'éthylisme; 10 % vs 2,5 %, p = 0,02 pour les autres pathologies mentales). La différence n'est plus significative chez les suicidants en difficulté d'insertion, qui sont caractérisés par de moins bonnes conditions de vie, avec notamment une absence de domicile régulier, et des facteurs de vulnérabilité précoces chez les récidivistes.
Conclusion: Ces résultats apportent de nouveaux éléments
de compréhension dans une relation entre les gestes suicidaires
et l'intégration socioprofessionnelle. Des modèles explicatifs
sont proposés.
SCHEUER A. (1), CHAU N. (2), VALLAYER C. (3), PETIET G. (4)
(1) Association pour la Santé au Travail pour Epinal et sa Région,
37 Sq de l'Alpha 88800 Vittel
(2) INSERM U420, Faculté de Médecine, BP 184, 54505 Vandoeuvre
Cedex
(3) D.R.T.E.F.P, 10 Rue Mazagran, 54000 Nancy
(4) Consultation de Pathologie Professionnelle, CHU de Nancy-Brabois,
54500 Vandoeuvre
Le harcèlement sexuel en entreprise semble être encore un sujet mal connu et peu exploré. Bien qu'il existe en France deux lois destinées à le prévenir et à le réprimer, les textes sont totalement muets quant à l'intervention du Médecin du Travail. Pour avoir été confrontés à des cas d'effondrement de la vie professionnelle puis familiale, nous pensons que le Médecin du Travail a un rôle à jouer dans l'accompagnement de la victime et la prévention du harcèlement ; c'est pourquoi nous avons initié en 1997 une enquête auprès des Médecins du Travail de Lorraine. Le but de cette étude est d'attirer leur attention sur le harcèlement sexuel en entreprise, de voir comment ils perçoivent ce problème et de connaître leurs besoins pour le gérer.
I1 s'agit d'une enquête postale par auto-questionnaire qui concerne 254 Médecins du Travail ou de Prévention de Lorraine connus de l'Inspection Médicale du Travail.
Les Médecins enquêtés ont une représentation des victimes et harceleurs potentiels superposable aux cas observés par d'autres auteurs et 90,9 % ont l'habitude d'interroger les salariés sur leur vécu au travail; ces aspects devraient leur permettre de repérer les situations à risque. De plus, 70,8 % souhaitent obtenir des précisions sur la législation du harcèlement sexuel (que seuls 43,5 % déclarent connaître) et 82,5 % estiment qu'ils ont un rôle à jouer dans la prise en charge des victimes. Les médecins pour la plupart (92,6 %) n'ont pas participé à des actions de prévention sur ce sujet; il apparaît que 75,3 % d'entre eux semblent embarrassés ou non intéressés par celles-ci. Les Médecins du Travail ont été sollicités pour 38,3 % d'entre eux pour un ou plusieurs cas de harcèlement, 31,8 % par la victime elle-même. Les enquêtés se déclarent sensibilisés au problème par le questionnaire (58,4 %).
Une action d'information sur la législation peut être apportée
aux Médecins du Travail, de même que des propositions sur
la conduite à tenir pour la prévention du harcèlement
en entreprise et l'accompagnement aux victimes.
AVRIL G.(1), RANDON A.(1) (1) SMT RATP 26 boulevard picpus. 75012 PARIS.
A travers cette étude nous avons cherché à mettre
en évidence la souffrance des conducteurs de bus victimes d'agressions
en service et à évaluer son retentissement dans les champs
professionnels et hors travail.
L'étude a été réalisée à
partir d'éléments sur le vécu du travail relevés
lors des visites systématiques annuelles, de l'élaboration
de monographies faites à partir des entretiens de débriefing
ou de consultations spécifiques post agression. Les comptes rendus
des rapports d'accidents de travail furent également exploités.
Les agressions(327) et les actes délictueux sont en nette augmentation.
Soixante pour cent des machinistes agressés ont moins de cinq ans
d'ancienneté.
Nous avons mis en évidence des facteurs favorisants spécifiques
au métier: isolement, ciblage, notion de service public, port de
l'uniforme, manipulation d'argent, maintien de l'ordre et de la sécurité
dans le bus, circulation urbaine.
Les séquelles psychiques sont sous-évaluées. L'évolution
vers un reclassement professionnel
transitoire a été nécessaire dans 10% des cas.
La répercussion des agressions sur le groupe est importante. Elle
favorise le sentiment d'insécurité et la peur au travail.
Le retentissement sur la vie hors travail est constant.
La prise en charge globale, sociale médicale et juridique, de
la victime limite les conséquences pathologiques. L'éducation
citoyenne des usagers, la mise en place de moyens technologiques de protections,
les formations à la "gestion "du stress et à la "maîtrise"
des situations conflictuelles, doivent nécessairement s'accompagner
d'une action sur l'organisation du travail, et d'une réflexion sur
la reconnaissance du métier, sur l'identité professionnelle
du machiniste.
LITZENBERGER M. (1), DRIDA M. (1), GEHIN P. (1), GERBI H. (1)
(1) Association Mots pour Maux au Travail, 16 rue des Cailles, 67100
Strasbourg.
Mots pour Maux au Travail est une association qui s'est crée à Strasbourg en Mai 1997. Elle est composée pour le moment essentiellement de Médecins du Travail et comporte une dimension psychologique à travers certains adhérents. Cette association est née du constat de l'intensification des phénomènes de violence psychologique dans l'entreprise et notamment du harcèlement.
Conscients à la fois
· du vide social qui fait que, au delà du cabinet du
médecin du travail, aucune prise en compte spécifique de
ce problème n'existe et que faute d'une action en amont, la seule
voie qui se profile est la médicalisation et la prise en charge
psychiatrique
· du vide juridique concernant ce phénomène du
harcèlement psychologique en France
· de la négation ou le peu de prise en compte de l'ancrage
du problème dans le travail par les entreprises, nous nous sommes
donné comme finalité d'agir dans le sens de la prévention
de l'exclusion sociale, avant qu'une pathologie ne s'installe et n'aboutisse
à une marginalisation irréversible.
Nous avons donc mis en place un accueil des personnes en difficulté. Cet accueil permet après un premier entretien de les orienter vers des structures mieux adaptées ou de mettre en place avec elles un travail individuel ou de groupe qui vise à les aider à trouver du sens à ce qui se passe pour elles au travail afin qu'elles s'orientent vers des actions qui leur sont propres.
Pour ce faire nous travaillons à constituer un réseau, à nous articuler d'une part avec des juristes, d'autre part avec des psychothérapeutes ou des psychiatre se situant dans la même perspective que nous à savoir reconnaître, avant toute chose, les effets pathogènes de certaines situations de travail, effets pathogènes qui apparaissent aussi bien chez les persécutés que chez les persécuteurs.
Les autres axes d'action - combler le vide juridique et agir en interne
dans les entreprises - sont en cours d'élaboration.
MULLER B.(1), BROSSET N. (2)
(1) Service Pathologie Professionnelle H.U.S. Chirurgie B 67091 STRASBOURG
Cedex
(2) Service médical Automobiles PEUGEOT, BP 1403, 68071 MULHOUSE
Cedex
L'agent de maîtrise de 1er niveau est un des maillons clé de nombreuses entreprises . Certaines nouvelles organisations lui font assumer le double rôle de porteur du projet et d'acteur essentiel.
C'est à l'aube d'une réorganisation importante de la production que nous avons voulu mieux appréhender la charge mentale de l'agent de maîtrise de 1er niveau de production pour en identifier les difficultés .
De mai à juillet 1997, 38 agents de maîtrise ont répondu à un questionnaire et ont été interviewés sur le vécu de leur double activité de management et de production .
Il en ressort une forte charge émotive liée à l'appréhension des aléas de production d'une part, à la difficulté d'assumer leur rôle de manager (transfert agressif, interruptions...) d'autre part.
Les difficultés cognitives surviennent essentiellement lorsque les informations nécessaires circulent mal ou sont inadaptées.
Globalement le stress résultant reste bien contrôlé dans la structure que nous avons étudié, mais il apparaît clairement qu'il s'agit d'une catégorie socio professionnelle vulnérable .
La mise en place de nouvelles formes d'organisations doit intégrer la position ambiguë des agent de maîtrise de 1er niveau:
Représentant direct de la direction auprès des opérateurs, il est chargé de faire appliquer des décisions auxquelles il n'a pas toujours participé et il doit assumer les impératifs de production en disposant parfois d'informations incomplètes ou insuffisante.
Formation, information, fiabilisation de l' activité technique
de l' agent de maîtrise sont sans doute les clés susceptible
de permettre la pleine réussite de la mise en place de nouvelles
organisations tout en réduisant le risque de voir apparaître
des pathologies psychologiques dommageables.
JACQUES C.
DRTEFP 14, av. A. Briand 76008 Rouen Cedex
En Haute Normandie, 59 entreprises ont négocié un accord (loi Robien) d'Aménagement et Réduction du Temps de Travail (ARTT) entre novembre 1996 et janvier 1998.
Ces projets ce sont élaborés autour d'un compromis flexibilité-emploi et concernaient souvent toutes les catégories de salariés. Au cours des négociations, les partenaires sociaux ont développé un nombre important d'horaires différenciés.
Dans la majorité des cas, le conseil du médecin du travail n'a pas été sollicité. Les rares questions qui lui ont été posées, concernaient l'existence d'une éventuelle réglementation en matière d'horaires alternés et de nuit, en vue d'un nouvel aménagement des horaires.
En effet, les partenaires sociaux n'ont pas pris en compte la question de la santé dans les négociations où les préoccupations de maintien de l'emploi et de la rémunération dominaient les débats.
Ce sont les confidences spontanées de certains salariés qui ont ultérieurement alertées les médecins du travail sur l'accord. Leur témoignage n'est pas univoque. Parfois ils notent une réelle satisfaction des salariés vis à vis de l'accord d'ARTT, ailleurs ils sont plus réservés.
En réalité, la mise en œuvre de l'ARTT conduit à des réorganisations qui nécessitent des réajustements tant individuels que collectifs. Ces changements, parfois très significatifs, semblent entraîner des conséquences sur la santé des salariés et leurs conditions de travail.
Fort de tous ces constats, la DRTE FP de Hte Normandie a décidé de confier à des consultants, choisis pour leur pluridisciplinarité (ergonomie et psychodynamique du travail), une action d'évaluation de l'impact de la réorganisation et de la réduction du temps de travail sur la santé et les conditions de travail dans une dizaine d'entreprises. L'objectif premier de cette étude est d'élaborer des documents de sensibilisation à l'intention des partenaires sociaux. Ces fascicules viseront à inciter ces derniers, lors de l'élaboration des projets futurs d'ARTT, à prendre en compte tous les éléments essentiels et à éviter les principaux écueils afin de construire des accords dits gagnants/gagnants.
A partir du rapport intermédiaire des consultants nous dégageront
les points forts de leurs constats. Puis, à la lumière de
ce qui aura été présenté, nous proposerons
quelle pourrait être la place du médecin du travail au sein
du vaste chantier de l'ARTT qui ne fait que s'ouvrir.
TOURANCHET A.(1), DHAINAUT L.(2), FOURES V.(3), PARENT D.(3), BITON
M.(3),
CREN S.(1) et coll.
(1) D.R.T.E.F.P Pays de Loire 44
(2) A.H.I.M.T. NANTES 44
(3) S.M.I.E.C CHOLET 49
Objectifs: Evaluation de la souffrance mentale en lien avec des facteurs
organisationnels et/ou le vécu du travail dans les milieux bancaires,
les centres de formation professionnelle et l'Industrie électronique,
suite au constat par les médecins du travail de nombreuses plaintes
psychosomatiques.
Méthodes: Pour tester cette hypothèse une enquête
transversale a été mise en place utilisant d'une part un
autoquestionnaire portant sur l'organisation et le vécu du travail
et d'autre part une échelle d'évaluation de la santé
mentale, déjà validée, le Général Health
questionnaire à 12 items (GHQ12). Plus de 1000 questionnaires ont
été remplis par les médecins du travail.
Une souffrance mentale a été définie par un score>12
sur l'échelle du GHQ12. Une analyse statistique multivariée
a été conduite à l'aide de régressions logistiques
en considérant la santé mentale comme variable dépendante.
Résultats: Le pourcentage des scores GHQ12>12 varie de 28 à
54% selon les secteurs d'activité.
Les modèles finaux de régression logistique ont retenu
10 variables explicatives, les facteurs de confusion tels que l'âge,
le sexe et les facteurs non professionnels ayant été pris
en compte.
Il existe un effet sexe dans les banques et un effet âge dans
les autres activités. Les autres variables sont directement liées
au travail et les facteurs prépondérants tels que moyens
de faire un travail de bonne qualité, entraide au travail, épanouissement
dans le travail, reconnaissance par la hiérarchie, prise en compte
des suggestions mais aussi l'écologie du poste vont dans le sens
favorable pour la santé mentale et sont indicatifs d'une reconnaissance
dans le travail.
Conclusion: Nous avons été surpris par le degré
de souffrance mentale dans ces trois activités corroborant les plaintes
en visites annuelles, au CHSCT et par le fait que les facteurs professionnels
en lien avec cette souffrance mentale concernait le vécu du travail,
la perception de l'organisation et de relations au travail. La restitution
de ces résultats dans les entreprises a entraîné un
dialogue constructif.
DOUSSON C. (1), AMAR M. (3), BERME J. (1), FERRAND C. (2), HOURS M.
(3), GROSSETETE A. ( 1 )
(1) AGEMETRA 39 rue Vaubecour 69287 Lyon Cedex
(2) CHI 13 rue Emile Decorps 69627 Villeurbanne Cedex
(3) IUMT Université Claude Bernard Lyon 1, 8 av. Rockefeller
69373 Lyon Cedex 08
participation de l'ACTIM et AMTRG
Dans leur pratique quotidienne, les médecins du travail des entreprises de la grande distribution du Rhône constatent des troubles de la santé importants chez les salariés en particulier dans le domaine de la santé mentale.
La population employée dans ce secteur d'activités parait être une population jeune, majoritairement féminine, à niveau de qualification faible, à turn-over rapide, ayant des conditions sociales et familiales difficiles. L'organisation du travail dans la grande distribution généralise la notion de flexibilité à tous les niveaux : horaires, postes de travail, nature des contrats, aboutissant par la même à un emploi très précaire. Cette flexibilité complique l'organisation de la vie familiale et ajoute une surcharge à la contrainte mentale. Les troubles de santé les plus souvent relevés sont les symptômes liés à l'anxiété, les atteintes musculosquelettiques, d'autres atteintes organiques éventuellement en rapport avec les habitudes hygiéno-diététiques mais aussi avec les situations de travail.
Les médecins de travail souhaitant mieux connaître la population de la grande distribution pour proposer des actions préventives vont réaliser une étude descriptive destinée à réunir ses principales caractéristiques en terme de conditions de travail, de conditions socio-économiques, de santé et quantifier les contraintes professionnelles et extra-professionnelles.
Deux types de populations seront étudiés : les salariés des hypermarchés d'une part et les salariés des supermarchés d'autre part. L'objectif secondaire est de rechercher l'existence ou non de différence entre ces deux types de grandes surfaces et de comparer les enseignes entre elles.
A l'heure de la réduction et annualisation du temps de travail,
de l'instauration de la flexibilité à quelque niveau que
ce soit, il parait intéressant de relever leurs conséquences
sur la santé des salariés et d'étudier leur capacité
d'adaptation. La grande distribution parait être le précurseur
de ce système d'organisation se généralisant à
d'autres secteurs économiques.
POMMIER JL., ARNAUD G., BOUET P., CHEVALER M., COULOMBER G., HAMON M.,
MARTINEZ H.
Société de Médecine du Travail et d'Ergonomie
de la Région Poitou-Charentes, 47 rue de la Cathédrale, 86035
POITERS
De nouveaux modes d'organisation du travail, liés aux notions de qualité, de relation client fournisseur, prennent une part de plus en plus grande dans les entreprises. Parallèlement, les médecins du travail signalent de plus en plus fréquemment une augmentation des contraintes pesant sur les salariés et un retentissement sur leur état psychique.
L'objet de cette étude est la recherche d'une relation entre ces nouvelles formes d'organisation du travail d'une part, le vécu du travail et l'état de santé d'autre part.
METHODE: Une enquête transversale par questionnaire est réalisée par des médecins du travail auprès des salariés de la Région Poitou-Charentes. Le recueil des observations est fait, à partir d'un tirage au sort pseudo aléatoire, lors des examens périodiques. L'estimation des contraintes au travail est réalisée à partir d'une traduction du questionnaire de Karasek, celle de l'état de santé psychique à partir de la version à 12 items du General Health Questionnaire.
RESULTATS: Un total de 2098 dossiers recueillis au cours du dernier trimestre 1996 ont été exploités. Un fort niveau d'exigences de la tâche, un faible niveau de latitude décisionnelle et de soutien social professionnel sont liés à une altération de la santé mentale. Les nouvelles organisations de travail concernent, directement ou indirectement, 31% des salariés. Les dénominations les plus souvent rencontrées sont les normes ISO 9000, la polyvalence, la qualité totale. L'analyse univariée montre un niveau d'exigences de la tâche élevé (p<10 2), une latitude décisionnelle faible (p<10 6) et une plus grande proportion de salariés présentant une altération de la santé mentale (p<10-;) en présence d'une des nouvelles formes d'organisation du travail. Après ajustement sur les facteurs de confusion, on retrouve la liaison entre nouvelle forme d'organisation de travail et altération de la santé mentale d'une part (OR=1,33 [1,09 - 1,62]), entre nouvelle forme d'organisation de travail et latitude décisionnelle d'autre part (OR=1,39 [1,13 - 1,73]).
CONCLUSION: les altérations de l'état de bien être
mental des salariés sont liées aux nouvelles formes d'organisation
du travail. Le plus faible niveau de latitude décisionnelle observé
dans ces circonstances pourrait être un élément déterminant.
DJERIRI K.(1), CHAMOUX A.(2), FONTANA L.(2), MERLE JL.(1), LAUBIGNAT F.(1), TISSERAND F.(3), DOLCI A. (2), CATILINA P.(2).
(1) AST 10 Bd Pasteur, 63000 Clermont-Fd.
(2) Institut de Médecine du Travail - Faculté de Médecine,
Place H. Dunant, 63000 Clermont-Fd.
(3) AMT, 25 rue de la Fenatte 39000 Dôle.
A l'aube du 3° millénaire, le travail humain connaît
une mutation technologique et organisationnelle sans précèdent
du fait de la mondialisation, de l'explosion démographique (donc
des besoins) et des enjeux financiers. La notion de travail stable et durable
a tendance à disparaître dans la plupart des pays industrialisés
(“ PI ”). La précarisation du travail en France a pour impact direct
une baisse des coûts horaires et entraînerait une plus grande
chance d'emploi mais sans réelle perspective. La compétitivité
mondiale incite les multinationales des “ PI ” à délocaliser
dans les pays en voie d'industrialisation “ PVI ” du fait d'atouts très
attractifs : faible fiscalité, conditions et organisations de travail
souvent très flexibles (mais précaires), coûts horaires
de travail moindres, protection sociale et droit du travail peu développés,
qualité des produits finis comparable à celle des “ PI ”
. L'OMC tient peu compte des recommandations du BIT pourtant émanation
des Nations Unies. Les “ PVI ” risquent de voir exploser de façon
exponentielle une industrialisation sauvage à deux facettes: intéressante
sur le plan du développement socio-économique mais potentiellement
nuisible pour la santé de ses actifs et pour la sûreté
de son environnement. Pour prévenir et prémunir les “ PVI
” des risques professionnels à venir, il serait bon que ce transfert
de technologies et de fabrications (parfois obsolètes) soit encadré
et s'accompagne d'avis éthiques formulés par des experts
médecins du travail indépendants des états, des multinationales
et des institutions internationales. La création d'une ONG de médecine
du travail ou de santé au travail pourrait être un des éléments
incontournables au succès d 'un tel transfert et d 'un réel
équilibrage des conditions de travail des “ PVI ”. Cette ONG devrait
être relayée dans ses actions et dans ses prises de décisions
par une médiatisation éclairée qui pourrait avoir
une grande influence sur les conditions de travail localement d'une part
et sur la consommation des produits finis d'autre part. Alors à
quand la mondialisation de la prévention des risques professionnels
? La réponse dépend en premier lieu des médecins du
travail des “ PI ” qui pourront initier cette dynamique et ainsi être
solidaires de leurs homologues des “ PVI ” en apportant leur expérience
et leur savoir-faire. L'enjeu primordial de cette réflexion est
la santé de millions d'enfants, de femmes et d' hommes au travail
à travers le monde. Si les médecins du travail du “ Vieux
Continent ” ne se préoccupent pas des conséquences de la
mondialisation, la santé des travailleurs des “PVI” continuera d'en
pâtir. I Parallèlement, nous verrons apparaître le travail
des enfants des “ PI ”, tel dans certains pays de la CEE, témoin
de l'effondrement de toute une civilisation bâtie sur le droit et
le respect de la dignité humaine.
C. VERDUN-ESQUER (1), P. BROCHARD (1), H. FOSSOUX (1), P. GABINSKI (1),
MS. GEIERARDI (1), D. GRABOT (2), MF. LAVILLE (1), C. MARTIN (2), I. PARTARRIEU
(1), AM. TAVART (1), R THIBEAUT (2), J. TIGNOL (2), M H. TREZEGUET (1).
(1) CHR de BORDEAUX, Place Amélie Raba Léon, 33076 BORDEAUX
CEDEX
(2) CHS Charles Perrens, 21 Rue de la Béchade, 33076 BORDEAUX
CEDEX
Objectifs: Après une première étude cas-témoin sur l'association entre troubles psychiatriques et conditions de travail ayant montré une sur-représentation de la catégorie socioprofessionnelle des ASH, une nouvelle enquête est menée pour étudier plus précisément le lien entre pathologie psychiatrique et conditions de travail et/ou conditions socio-démographiques.
Méthodes: Etude transversale réalisée entre Juin 1996 et Octobre 1997, portant sur 272 femmes ASH agents du CHR de Bordeaux tirées au sort. L'enquête comporte un auto-questionnaire portant sur les données socio-démographiques et les conditions de travail (caractéristiques du poste, données organisationnelles), et un entretien avec le médecin du travail au cours duquel des questionnaires validés concernant l'anxiété, la dépression et l'alcoolisme sont posés (anxiété et dépression évaluées par une interview diagnostique standardisée : CIDI, alcoolisme mesuré par une échelle de niveau de symptômes avoués : MAST)
Résultats : 182 questionnaires exploitables. La prévalence
d'au moins un des troubles psychiatriques ciblés est de 33 %. Aucun
des éléments étudiés concernant les conditions
de travail ne semble être fortement lié aux pathologie ciblées.
Les facteurs professionnels et socio-démographiques semblent plutôt
intervenir de façon conjointe.
LAIB C., HADDAR M., KACED N., AIT GHEZALA N.
Secteur sanitaire de Rouiba.
Les systèmes de gestion des personnels dans les entreprises sont en pleine mutation en Algérie, ce qui a entraîné de nouvelles formes d'organisation du travail.
Les gestionnaires des ressources humaines sont soumis à des contraintes nées de cette nouvelle situation de travail ( nouvelles règles de management, de communication, charge mentale, responsabilité dans les décisions, compression des effectifs.)
Pour évaluer les conséquences de ces contraintes sur la
santé mentale des responsables, une enquête par questionnaire
a été menée auprès des Directeurs des ressources
humaines d'entreprises conventionnées avec le Service de Médecine
du Travail du Secteur Sanitaire de Rouiba.
JEGADEN D.(1), RAVALET G.(2), PERENNOU L.(3), BOUVET M.(4), FRUCHARD
P. (5)
(1) MTIRB 22, rue de 1'eau blanche 29200 Brest
(2)MT en Cornouaille, 4 rue du Couëdic 29000 Quimper
(3)AIDAMT 18, rue Parmentier 22000 Saint-Brieuc
(4)AMIEM 6, rue du Capitaine Jude 56000 Vannes
(5)AMIEM rue Bellefontaine, 56100 Lorient
Cette enquête, réalisée en 1996, a porté sur 176 salariés d'antennes d'une agence régionale du secteur tertiaire, situées dans cinq villes bretonnes. L'agence avait institué dans les deux ans précédents une modification de l'organisation du travail en mettant en place partiellement une polyvalence des tâches - accueil du public et liquidation de dossiers - alors que ces deux fonctions étaient auparavant effectuées par des personnels distincts et spécialisés. De plus, les rotations entre ces deux types de tâches étaient de courte durée et souvent impromptues.
Le but de l'enquête était d'étudier l'impact sur la santé de cette nouvelle organisation de travail par rapport à l'ancienne, compte tenu du sexe des agents. Pour cela, nous avons utilisé un questionnaire composé d'un test de santé totale de Langner-Amiel et d'une échelle d'auto-évaluation. Nous avons trouvé une corrélation tout à fait significative entre les résultats de ces deux tests.
Ce travail permet de constater que les femmes qui pratiquent la polyvalence des tâches ont des résultats significativement plus mauvais aux deux tests que ceux des femmes qui travaillent dans un emploi spécifique au sein de la même entreprise. Ces dernières ont des résultats comparables à ceux des hommes, qu'ils exercent ou non une polyvalence des tâches telle qu'elle a été définie.
Cette étude tend à confirmer le rôle péjoratif
sur la santé de l'organisation du travail à type de polyvalence
des tâches à rotations courtes, mais l'expression clinique
n'est objectivable que dans le sexe féminin.
HUEZ D., médecin du travail, CNPE Chinon, BP 78, 37.420 Avoine
Objectifs. Rendre compte de l'importance de la psychopathologie du travail en clinique médicale en période de crise et dans la quotidienneté en médecine du travail.
Méthodes et résultats.
C'est à partir de l'intercompréhension née lors
des entretiens cliniques ordinaires d'agents suivis par le médecin
du travail depuis plus de 10 ans, enrichis par un "accompagnement" de la
santé du point de vue collectif dans l'espace public interne de
cette entreprise, qu'une situation de décompensation psychopathologique
collective aigue a été appréhendée. I1 s'agit
d'une entreprise de production d'électricité d'origine nucléaire,
qui a connu quelques années auparavant une réforme brutale
des services de maintenance, à l'origine alors d'une enquête
spécialisée de psychopathologie du travail. Le service chargé
des "servitudes" a été "oublié" alors dans la mise
en oeuvre du processus de sous-traitance à la base de cette réforme.
Quelques années après, pour le permettre, mutations entre
les différentes structures des servitudes et transfert inégaux
de tâches sont source de conflits interindividuels. Les collectifs
de travail soudés autour du métier commun résistent
mal dans un contexte qui devient de plus en plus incompréhensible;
ils ont perdu toute confiance dans la parole de leur hiérarchie
supérieure
Deux suicides; un agent, célibataire se suicide, après un arrêt pour dépression de plusieurs mois. Il laisse un message écrit à sa famille où il invoque la responsabilité de ses responsables hiérarchiques et demande à sa famille de les poursuivre en justice. Hiérarchie, syndicats et collègues de travail refusent de rentrer dans des attaques personnelles gravissimes ; il n'y a donc pas débat. Un an et demi après, un nouvel agent de ce service se suicide. I1 pense qu'il a gravement endommagé un robot de travail. Une réunion de service est organisée pour dire que si on ne peut rien expliquer dans ce drame individuel, cela pourtant doit nous encourager à mettre en débat les questions de l'organisation du travail. C'est dans la même période en CHSCT que les représentants du personnel expliquent qu'ils n'interviennent plus parce qu'ils n'ont plus confiance.
Une crise psychopathologique collective aigue. Moins d'un mois après le second suicide, apparaît une crise collective touchant aussi la hiérarchie intermédiaire. On constate de très fréquents épisodes de pleurs d'hommes, l'augmentation des agents en état de souffrance aigue, des décompensations dépressives majeures, des épisodes importants de somatisation. Un CHSCT extraordinaire à l'initiative du médecin du travail a lieu pour faire état solennellement de l'inquiétude pour la santé psychique et physique de cette collectivité. Un bilan quantitatif des incidences de la souffrance, de la dépression et des états psychopathologiques réactionnels aigus sur 3 ans montre, par comparaison avec les autres services, l'importance de cette crise, normalisée après quelques mois.
Le choc provoqué par l'impuissance devant ces évènements
amène deux ans après, la direction de l'entreprise à
accepter la diffusion d'informations/réflexions régulières
en psychodynamique du travail auprès de l'encadrement et CHSCT volontaires.
DJERIRI K.(1), FONTANA L.(2), CHAMOUX A.(2), LAUBIGNAT JF.(1), MERLE
JL.(1), CATILINA P.(1).
(1) AST 10 Bd Pasteur. (2) IMT Faculté de Médecine,
Place H Dunant. 63000 Clermont-Ferrand.
Le médecin du travail est interpellé au quotidien par la santé des salariés qu'il a en charge ainsi que par l'état de santé et le dynamisme de leur chef d'entreprise.
L'observation clinique concerne une entreprise de distribution (A) gérée par un indépendant depuis 15 ans. Monsieur X a du mal à se sevrer d'un alcoolisme ancien connu de son personnel et de sa clientèle.
Du fait de l'absence de changement significatif de l'état de santé de Monsieur X, le personnel de l'entreprise A au bout de la 2° année de prise en charge (en médecine du travail) a régulièrement signalé une symptomatologie de souffrance mentale : l'absence d'élan et de motivation au travail, des troubles du sommeil (“ TDS ”), des troubles anxiodépressifs (“ TAD ”), des troubles musculo-squelettiques (“ TMS ”) liés en partie à la charge certes de travail mais surtout en raison de l'absence de maintenance des tapis de caisses lors des pannes, image négative à l'image donnée par leur patron inexistant ou absent dans les rapports avec la clientèle, sentiment d'être méprisé par le consommateur, impression d'8tre abandonné par la hiérarchie tout en assumant toutes les responsabilités, problème de communication entre les membres du personnel puisque il n'existe pas de chef ni de plan de travail, problème d'absentéisme, de désintérêt.... Nous avons rencontré Monsieur X pour le conseiller et tenter de l' aider médicalement (bien qu' en tant qu'indépendant il ne relève pas de notre activité). Nous avons cherché à savoir si effectivement le personnel de A présentait une souffrance réelle et significative. Pour cela, nous avons mené une enquête descriptive comparant la population (A) exposée au phénomène “ alcoolisme chronique de son chef d'entreprise ” à une seconde non exposée (B) à ce facteur (également gérée par un indépendant depuis 6 ans). Au sein de A et B seront étudiés: les caractères socio-démographiques habituels, les TAD, les TDS, les TMS. Nous préciserons la consommation de médicaments anxiodépressifs, l'absentéisme sur les 12 derniers mois. Enfin, nous confronterons A et B par leur situation au sein de l'échelle visuelle de stress au travail.
Au-delà de l'originalité de la méthodologie utilisée
pour mettre en exergue la souffrance mentale et physique d'une population
de salariés liées à l'alcoolisme chronique de leur
chef d'entreprise, le médecin du travail se doit en tant que conseiller
et dans l'intérêt général de l'entreprise tenter
de persuader l'intéressé de la nécessité d'une
prise en charge médicale.
MARTIN D. (1), RIPON A. (2)
(1) Docteur et Médecin du Travail S.E.P.
(2) Maître de Conférence en Psychologie clinique-psychologie
sociale.
Le "Burnout" est un objet d'étude scientifique et dans le champ
des pratiques. S'appuyant sur le Maslach Burnout Inventury (M.B.I.), cette
recherche propose de comparer les données obtenues auprès
de populations enseignantes dans plusieurs contexte culturels, en référence
à l'ancienneté professionnelle et aux âges de la vie.
Les résultats montrent des relations ambiguës avec ces
deux dernières variables. La comparaison interculturelle (France
métropolitaine, Italie, Martinique) génère quelques
hypothèses sur la place du travail.
Dans un second temps, la recherche clinique en médecine du travail
et en psychologie conduit à présenter quelques cas. Plusieurs
pistes de recherche sont mises en avant, en fonction des contextes professionnels.
Le concept de culture de travail, leurs diversités sont mis
en avant dans une démarche de recherche scientifique, mais aussi
dans une perspective préventive concernant "l'amour du métier"
et la complémentarité des psychologues et médecins
du travail.
BOYER-RABY H., CASSAGNES D. MONTELEON P-Y., ALCOUFFE J., FAUPIN F.,
MANILLIER P.,
ACMS 55, rue Rouget de Lisle 92158 Suresnes CEDEX
Objectifs: Décrire les conditions de travail et le vécu du travail de salariés disposant d'un “ bureau mobile ” c'est-à-dire disposant au minimum d'un micro-ordinateur portable utilisé de façon permanente ou partielle en dehors de l'entreprise.
Méthodes: Enquête épidémiologique descriptive transversale, sur trois mois, effectuée en entreprise dans le cadre du tiers temps, au moyen d'un questionnaire anonyme standardisé incluant l'échelle de Karasek à 35 items et le questionnaire général de santé à 12 items (GHQ12). L'analyse des données a comporté une régression logistique non conditionnelle.
Résultats: Entre le ler avril et le 30 juin 1997, 30 médecins du travail ont interrogé 350 utilisateurs de bureau mobile et 338 questionnaires ont pu être exploités. Notre échantillon est composé d'une majorité d'hommes 85% (286), d'un âge moyen de 39 ans, de 71% de cadres ayant une ancienneté moyenne de 7 ans et travaillant en moyenne plus de 48 heures par semaine. Ils utilisent leur micro-ordinateur portable à leur domicile (94%), chez les clients (59%), à l'hôtel (58%) et dans les transports (31%). L'avis des utilisateurs de bureau mobile sur cette nouvelle organisation de travail est favorable à 96% (324) en ce qui concerne l'activité professionnelle et à 61% (202) en ce qui concerne la vie privée. Si 59% des salariés se déclarent stressés, seulement 8% sont soumis à une forte contrainte au travail ou “ High Job Strain ” qui associe une faible latitude décisionnelle à une forte demande psychologique. La mauvaise santé mentale mesurée par le GHQ12 (score > 3) touche 20% de l'échantillon. Elle est notamment liée aux facteurs professionnels suivants: le faible soutien de la hiérarchie (OR = 3,94; IC 95% = 1,748,94) et 1'utilisation du micro-ordinateur portable dans les transports (OR = 2,42; IC 95% = 1,01-5,81).
Conclusions: Le bureau mobile est bien accepté par ses utilisateurs
et ne nous apparaît pas pathogène pour la santé mentale.
ANDRIEU C.(1)-LEFORT A.(2)
(1)THOMSON 13 rue Salvador Allende 94 117 ARCUEUIL
(2) THOMSON route du Conquet-29 000 BREST
OBJECTIFS
Dire qu'une délocalisation n'est pas un événement
anodin, ce d'autant plus que cette décision est apparue après
plusieurs années de plans sociaux qui ont fragilisé le personnel.
Aider chacun des délocalisés à l' élaboration
de son choix définitif en l' écoutant et en l' aidant à
verbaliser ses différents affects.
METHODOLOGE
Suivi formalisé sous forme d'un projet présenté
à la direction et au comité d'entreprise.
Rencontres régulières de chacun sur le site de délocalisation.
RESULTATS
10 % avaient volontairement choisi cette délocalisation.
10 % ne l'ont pas supportée.
80 % ont suivi
- par fatalisme, résignation
- réalisme.
> conséquences différentes selon les 2 choix, à court terme et à long terme.
CONCLUSION : Expérience réalisée en toute indépendance.
Elargissement et enrichissement de notre fonction. Participation par cette
expérience à ce que soient pris en compte les facteurs humains
dans les nouvelles conditions de travail.
LEPRINCE I. (1), LORON P., REINACH D. (2)
(1) Banque Barclays 183, Avenue Daumesnil 75012 Paris (2) FACT 20, rue Thomas Couture 60300 Senlis
L'incidence négative sur la santé mentale de la généralisation du “travail en miettes”, des modes de management stressants et des systèmes de gestion qui se veulent logiques, mathématiques, rationnels, n'est plus à démontrer. Les stratégies utilisées prédisposent à une mobilisation préférentielle des fonctions intellectuelles de l'hémisphère cérébral gauche.
L'hémisphère droit, siège de l' imaginaire, centre de l' intuition et des émotions, de charisme est beaucoup moins sollicité. Ce déséquilibre dans le fonctionnement cérébral est à l'origine de souffrances pour l'individu au travail. Cela correspond également à un gaspillage regrettable de potentialités qui pèse lourdement sur le résultat des organisations.
La qualité de l'expertise proposée, associe les compétences d'un neurologue, d'un consultant en entreprise (expert en performance et en créativité) et d'un médecin du travail ; Les interventions consistent à évaluer dans un premier temps les dysfonctionnements de l'organisation en y intégrant la stratégie, la culture d'entreprise, les objectifs, les produits et services, le marché, les process, I'environnement interne et externe. Dans un deuxième temps, il y a lieu d'établir le constat avec les forces et les faiblesses. Le troisième temps privilégie l'opérationnalité, dans un souci de cohérence et de résultats, de créativités pratiques et mesurables, de confiance interactive et de croyance systémique entre les différents acteurs et les facteurs internes et externes. Outre des méthodes pédagogiques, un questionnaire anonyme d'auto-évaluation est proposé aux salariés. Il explore les modes de communications, les rythmes et les procédures, les niveaux de confiance, le système d'autorité, la créativité, le stress perçu, les conséquences...
Le traitement des résultats est statistique, il permet de déterminer
les forces et les faiblesses dans un cadre connu et de manager une régulation
pour des résultats individuels et collectifs. L'ensemble a recours
à des potentialités cérébrales unificatrices.
L'application des approches pédagogiques et comportementales récentes
permet un apprentissage dynamique de facultés supplémentaires
et élargies dans un élan d'équilibre, d'adaptation
et de créativité.
F. Monfrin, B Guelfi-Legout, M Gournay, A. Poirier, Ch. Paris
AMS Pont Audemer, IMR Basse Normandie, Service médical BTP,IUMT
Rouen
Objectifs. Les chauffeurs routiers sont fortement soumis à des contraintes organisationnelles dans leur travail, dépendantes du temps. Cette étude cherche à décrire le retentissement sur la santé des chauffeurs routiers de ces caractéristiques professionnelles.
Méthodologie. Une enquête transversale a été effectuée par des médecins du travail volontaires auprès de chauffeurs tirés au sort. Un questionnaire professionnel et médical, comportant notamment le Nottingham Health Profile a été utilisé. La dernière tournée des chauffeurs a été reconstituée permettant ainsi de décrire les principales composantes de leur travail ainsi que les rythmes de sommeil
Résultats. 1070 chauffeurs ont été retenus dans cette étude. Ils sont constitués de chauffeurs régionaux (45.1%), de chauffeurs de bus (13.5%), de chauffeurs internationaux (37.7%). Les horaires de travail décalés, la durée de conduite et les temps d'attente sont significativement plus élevés parmi les chauffeurs internationaux. Ces derniers présentent également significativement plus de troubles du sommeil (p<0.05) ou de réactions émotionnels (p<0.001), tels qu'enregistrés par le Nottingham Health Profile, que les chauffeurs régionaux. Ces anomalies sont significativement liées aux contraintes professionnelles retrouvées le plus souvent chez les chauffeurs routiers.
Conclusion. Parmi les chauffeurs routiers, les conditions de travail
particulières de cette profession sont significativement liées
à l'existence de troubles du sommeil ou de réactions émotionnelles
plus fréquentes.
GOZLAN-SAVARO M., HAYS G., ALCOUFFE J., TASSEEL F., MANILLIER P.,
MONTELEON P-Y.
ACMS 55 rue Rouget de Lisle 92158 Suresnes CEDEX.
* Objectifs: Mettre en évidence les facteurs de contrainte et
de satisfaction des serveurs en restauration commerciale, afin de dégager
des pistes d'amélioration de leur vécu du travail.
* Matériel et Méthodes: Une enquête épidémiologique
a été menée sur 3 mois, dans le cadre du tiers temps,
au moyen d'un questionnaire anonyme standardisé rempli par le médecin
au poste de travail. Le questionnaire incluait les échelles de Karasek
et Johnson et le questionnaire général de santé (GHQ12).
L'analyse des données a comporté une régression logistique
non conditionnelle.
* Résultats : Entre le 1er avril et le 30 juin 1997, 52 médecins
volontaires ont interrogé 517 serveurs dans 200 établissements
de la région parisienne employant de 1 à 42 serveurs, et
485 questionnaires ont pu être exploités. Les serveurs étaient
essentiellement des hommes 67 % (325), d'un âge moyen de 32 ans et
dont 60 % (278) n'avaient aucune formation professionnelle. Les motivations
principales des serveurs dans leur métier sont: le contact avec
la clientèle, l'ambiance dans l'entreprise et le fait d'organiser
son travail et de prendre des initiatives. Les trois raisons qui gênent
le plus les serveurs actuellement dans leur métier sont: les horaires
de travail, le fait d'avoir une coupure dans la journée et l'ambiance
dans l'entreprise. Le conflit entre aspiration dans le métier et
la réalité du travail touche 19 % des serveurs (93). La forte
contrainte au travail ou “ High Job Strain ” concerne 66 % des serveurs
(305) mais n'apparaît pas liée a la “ mauvaise santé
mentale ” mesurée avec le GHQ12. La “ mauvaise santé mentale
”, qui concerne 35 % des serveurs (165), est liée au fait d'avoir
eu un évènement grave récent dans la vie privée
(OR = 4,04; IC 95 %: 2,03 - 8,01) et au fait d'avoir un conflit entre aspiration
et réalité (OR= 2,68; IC 95 %: 1,20 - 5,97).
* Conclusions: Si la santé mentale au travail des serveurs est
principalement liée à des facteurs extra-professionnels,
elle reste fortement influencée par le conflit entre aspiration
et réalité actuelle du travail. L'ambiance dans l'entreprise
est au cœur de ce conflit et il faut en tenir compte dans l'organisation
du travail.
DRIDA M.(1), R. WENDLING R (1)
(1) Service Prévention et Gestion des Risques Professionnels
de la CRAM Alsace-Moselle
BP 392 - 67010 Strasbourg Cedex
Ce travail s'intègre à une étude plus large, menée par le Groupe Pluridisciplinaire d'Etudes de la Main de Strasbourg et le Service Prévention et Gestion des Risques Professionnels de la CRAM Alsace-Moselle : “ Diagnostic et Prévention du Syndrome du Canal Carpien d'origine Professionnelle ”.
Cette étude avait pour finalité d'élaborer une
ligne de conduite diagnostique en face d'un syndromeacroparesthésique
suspecté à composante professionnelle. Des examens systématiques
étaienteffectués: examen clinique, examen électromyographique,
examen chronothermodynamique et un entretien dont la fonction était
d'aborder, au delà de la plainte sur le syndrome acroparesthésique,
à travers la parole des patients, les articulations entre plaintes,
problématiques individuelles et travail.
L'étude a porté sur 102 patients.
Les conclusions essentielles mettent en évidence que: les patients
présentent des tableaux cliniques allant de simples états
réactionnels à des états dépressifs avérés,
voire des effondrements défensifs. Le parcours personnel, la douleur
et le handicap y prennent une part importante,
· chaque patient s'approprie son symptôme qui prend sens
en s'intégrant à sa problématique ou sa situation
actuelle (période de crise personnelle, difficultés conjoncturelles,
histoire...),
· Ie fait que l'organe atteint soit la main (organe du toucher,
de la relation, de l'action sur la matière) provoque une angoisse
d'autant plus forte qu'il existe un handicap, aussi léger soit-il,
· Ia pathologie sert souvent de support à l'expression
d'une plainte sur le travail et d'une souffrance liée à l'absence
de reconnaissance. C'est ainsi qu'on a pu observer qu'il existait une forte
demande d'écoute sur le travail d'une part, un déplacement
des plaintes d'autre part, qui ricochaient d'un objet à l'autre
jusqu'à ce qu'elles soient entendues,
· au plan psychosociologique, l'apparition des symptômes
est mise en relation avec des modifications de l'organisation du travail;
la propagation des plaintes peut, dans certains cas, être un effet
de la reconnaissance de la pathologie; cette propagation est contrebalancée
par des obstacles à l' expression (crainte des répercussions
sur l' emploi par exemple).
CHOUANIERE D. (1), JOLIBOIS S. (1), FRANCOIS M. (2), MOUZE-AMADY M. (3).
(1) Service d'Epidémiologie de 1'INRS, Avenue de Bourgogne, BP
27 F-54501 Vandoeuvre Cedex,
(2) Service d'Ergonomie et de Psychologie Industrielle de 1'INRS
(3) Service de Physiologie Environnementale de l'INRS
L'intérêt de l'INRS pour le stress au travail relève
de plusieurs constatations :
- l'importance que prend ce problème en médecine du travail:
le stress professionnel ne concerne plus seulement les cadres mais atteint
d'autres catégories professionnelles,
- le coût socio-économique élevé des effets
du stress sur la productivité des entreprises et la santé
des salariés,
- le contexte international de recherche et de la prévention
du stress; certains pays sont déjà très avancés
dans la prévention primaire, secondaire et même tertiaire.
Le caractère multifactoriel des causes du stress professionnel comme de ses effets a incité trois services de l'INRS orientés vers la psycho-ergonomie, la physiologie et l'épidémiologie à se regrouper et à réfléchir à une approche multidisciplinaire.
La première étape consiste à évaluer la qualité et l'étendue des connaissances disponibles dans ce domaine; puis à juger de la pertinence culturelle, pour la France, des orientations de recherche, des modèles conceptuels, des outils de mesure du stress ou de ces effets, développés à l'étranger. I1 s'agira enfin de proposer un programme de recherche adapté au contexte industriel français.
Une base de données de 15 000 références bibliographiques
a ainsi été constituée à partir de l'interrogation
des principales grandes banques de données tant psychologiques que
biomédicales. Une première analyse descriptive du corpus
établi par répartition des mots-clés permettra de
cerner les tendances de la recherche dans le domaine du stress professionnel.
Des méthodes d'ingénierie documentaire pour exploiter l'information
d'un tel corpus ainsi que les résultats seront détaillés
dans la présentation.
CHNEIWEISS L. (1), ALBERT E. (1), SISSLER J.. (2)
1) Institut Francais de l'Anxiété et du Stress (IFAS):
5, rue KEPLER. 75 116 Paris
2) RENAULT 20 avenue Emile ZOLA - 92109 Boulogne Billancourt
Toutes les enquêtes épidémiologiques soulignent l'importance de la pathologie psychiatrique en population générale, en particulier des troubles anxieux et dépressifs. Le travail est souvent incriminé comme un facteur de stress essentiel. Paradoxalement, les relations entre stress, anxiété, dépression et travail restent mal connues, dans leurs observations statiques et dynamiques.
L'Observatoire du Stress, mis en place chez Renault à partir de l'année 1998, permettra une meilleure reconnaissance des troubles anxieux et dépressifs et de leurs rapports avec l'impression de contrôle. La médecine du travail pourra suivre les différentes populations et observer les connexions entre ces différentes variables. Il en sortira des aspects pratiques quant la ventilation des effectifs et une meilleure gestion des ressources humaines.
Les auteurs ont retenu comme outils de mesure l'échelle HAD pour l'anxiété et la dépression et l'échelle de stress perçu de Cohen pour le stress. La passation se réalisera sur poste informatique pour tous les salariés venant consulter en médecine du travail. Les données seront transmises à l'IFAS qui assurera les analyses statistiques et leur interprétation 3 fois par an. Une comparaison entre les différentes entités de l'entreprise pourra rapidement corréler les facteurs de stress et leurs retentissements psychiques. A terme, la mise en place de ce système de mesure dans d'autres entreprises françaises permettra une analyse plus fine.
Cette communication décrit les étapes de mise en place
de l'Observatoire et fournit les premiers résultats.
MOKHTARI R
SMTIEAPO, 35 rue de Cerdagne - 66029 PERPIGNAN CEDEX
Cette contribution a pour objet premier de s'interroger sur l'inadaptation évidente de la réponse médicale classique, souvent routinière et inopérante dans sa pratique, face aux problématiques du monde du travail. Au fil du temps, les tâches prescrites par la législation "visant à adapter le travail à l'homme et chaque homme à sa tâche" ne permettent plus de rendre compte de l'ampleur du problème posé par la souffrance des salariés des petites entreprises.
En effet, la fragilisation de la relation de travail, phénomène qui tend à se substituer progressivement au concept de droit au travail, pose` des préoccupations d'ordre éthique exprimant par une inadéquation entre l'ampleur des problèmes de santé et la qualité de leur satisfaction. On constate aujourd'hui que les salariés se présentent aux examens préventifs classiques par obligation et que le Médecin du Travail tente de trouver des mécanismes lui permettant d'adapter au mieux l'intérêt du salarié et sa responsabilité prescrite personnelle. Il n'est pas rare d'observer des réactions tendant à occulter voire à accepter comme une fatalité l'évidente charge mentale et ses effets sur l'essence même du travail voire de la vie.
Si dans la théorie seule l'explication psychodynamique permet de décoder certains mécanismes de défense, exprimant par le déni et la dérision des phénomènes aussi palpables que l'acceptation d'une charge de plus en plus croissante du travail, ses cadences, ses horaires ; elle ne donne pas encore d'éléments concrets de satisfaction et d'adéquation entre le prescrit et le réel. Comment utiliser judicieusement l'approche psychodynamique et lever certains pièges "épidémiologiques", corriger l'approche ergonomique et médicale classique en donnant à la charge mentale toute sa place dans le dysfonctionnement homme-travail induit par la précarité ?