A 064 Monsieur VINCENT Raymond
Méthodologie de hiérarchisation des risques chimiques potentiels
A 068 Madame MARCENAC Françoise
Cotation des niveaux de confinement en vue d’une évaluation semi-quantitative
des
risques d’exposition aux agents chimiques
A 079 Monsieur LEPLAY A.
Système de cotation du danger en vue de l’évaluation semi-quantitative
des risques d’exposition aux agents chimiques
A 031 Madame JACQUET Françoise
Evaluation et prévention du risque chimique : une démarche
en plusieurs étapes qui informe, forme et aide les PME et PMI
A 047 Monsieur PARRAT Jean
Outil d’analyse de risques en santé au travail : approche systématique
semi-quantitative
A 013 Madame RIASSE Christine
Le logiciel « Egire » : outil d’évaluation, gestion
informatisées du risque d’exposition aux produits chimiques
A 003 Monsieur GUENZI Christian
Evaluation des faibles expositions ou des expositions accidentelles au
benzène
A 027 Monsieur CHALONS Patrick
Réaménagement d’un atelier composite : exemple d’une démarche
pluridisciplinaire de gestion du risque fibre
A 006 Monsieur LAFON Dominique
Evaluation du risque silice dans la profession des carriers : exemple d’une
démarche pluridisciplinaire
A 084 Madame MOREAU Catherine
Contamination d’une motrice par des suies de combustion du pyralène
: gestion du risque toxique
A 024 Monsieur HUEZ Dominique
Apports d’un outil informatique de construction des fiches de poste pour
aider à l’évaluation des expositions
A 033 Madame NISSE Catherine
Evaluation de l’exposition au benzène chez les transporteurs de
carburant
A 015 Monsieur SMOLIK Henri-Jacques
Intérêt du dosage du plomb salivaire dans l’évaluation
du risque chimique plomb dans une faïencerie
A 083 Madame GONZALEZ Maria
Evaluation de l’exposition aux solvants dans une étude épidémiologique
portant sur 249 salariés
A 038 Monsieur CREUSOT Hubert
Approche pluridisciplinaire pour l’homologation et l’utilisation des produits
chimiques dans une entreprise de construction automobile
A 052 Madame PIRONNEAU Sophie
Exposition au glutaraldehyde du personnel d’un service d’endoscopie d’un
centre hospitalo-universitaire
A 062 Monsieur MARANDE Jean-Luc
Mesure des niveaux d’exposition au glutaraldehyde dans différents
secteurs d’un centre hospitalier
A 006 Monsieur LAFON Dominique
Evaluation du risque silice dans la profession des carriers : exemple d’une
démarche nationale
A 026 Madame BOURIN Emmanuelle
Oxyde d’éthylène et stérilisation de documents
A 029 Madame FANTONI Sophie
Oxyde d’éthylène : évolution technique et organisationnelle
en unité de stérilisation hospitalière
A 069 Madame VERDUN-ESQUER C.
Gestion du risque chimique lié à l’emploi des produits de
désinfection en milieu hospitalier : expériences menées
au CHR de Bordeaux
A 035 Monsieur PIERRE Francis
Surveillance biologique et spéciation des substances chimiques -
Nouvelles pistes de recherche
A 004 Madame GUILLAUME Arlette
De l’usage des substances chimiques dans un laboratoire d’analyses biologiques
médicales
A 087 Monsieur MARTIN Jean-Christophe
Evaluation du risque chimique dans une entreprise de broyage de minerai
de manganèse et de fer
A 092 Madame BRETON Christine
Identifier, évaluer, prévenir les expositions au gaz et vapeurs
anesthésiques : une démarche pluridisciplinaire concertée
A 008 Madame MOKHTARI Radia
Evaluation du risque chimique dans les entreprises artisanales
A 042 Monsieur CONTASSOT J. Claude
Les résultats de métrologie des produits chimiques dans l’air
des locaux de travail : éléments de formation des salariés
A 007 Monsieur LASFARGUES Gérard
Asthme professionnel et exposition aux chloramines dans l’atmosphère
d’un centre nautique
A 088 Monsieur DESLAURIERS Michel
Amiante : efficacité des mesures de protection collective dans la
politique de chantier propre à EDF-GAZ de France
A 048 Madame CHOUQUE-ROGER Annick
Evaluation de l’exposition toxique des opérateurs lors de la fabrication
de skis
A 065 Madame KOCH Christine
Evaluation du risque chimique des peintures : comment réduire ces
risques ?
A 073 Madame REYGAGNE Anne
Evaluation des risques toxiques des fumées de soudage à l’arc
lors de réparations de rails de chemin de fer
A 036 Madame MAYER Lucienne
Evaluation de l’exposition aux HAP des travailleurs de cokerie - Intérêt
du dosage du 1 hydroxypyrène urinaire
A 032 Monsieur HUYNH Cong Khanh
Evaluation de l’exposition à la fumée de diesel
A 051 Madame MAITRE Anne
Evaluation de l’exposition professionnelle à la pollution urbaine
de policiers municipaux
A 072 Monsieur REISER J.M.
Evaluation de la pollution par le monoxyde de carbone dans une halle de
marchandises (plate-forme de frêt ferroviaire)
A 016 Madame WURTZ Magdeleine
Evaluation du risque chimique dans une imprimerie de labeur
A 050 Monsieur BOURDES Jean-François
Caractérisation et stratégie d’évaluation des risques
toxiques pendant la vinification des vins de Savoie
A 078 Monsieur GAUBERTI Philippe
Exposition professionnelle au CO2 dans un laboratoire : apport de la métrologie
par spectroscopie photoacoustique dans l’infrarouge
A 043 Madame TEYSSIER-COTTE Christiane
Contrôle du fonctionnement des hottes et sorbonnes en laboratoires
et salles de travaux pratiques
A 014 Madame SEGALEN Maïtena
Le « sick-building-syndrom » : une étiologie peu connue
A 049 Madame STOKLOV Muriel
Caractérisation et stratégie d’évaluation du risque
toxique des salariés d’incinérateurs d’ordures ménagères
A 009 Monsieur PEREAUX Sylvain
Intérêt du dosage du MDI dans l’atmosphère minière
lors de la mise en œuvre de résines de consolidation des terrains
A 086 Madame MIMIEUX Isabelle
Substitution du trichloréthane 111 par le trichloréthylène
: résurgence d’un risque toxique
A 002 Monsieur GOUJON Yves
Un indicateur biologique d’exposition en pratique quotidienne
A 089 Madame CHEVREAU-FONTENEAU L.
Exposition aux gaz anesthésiques dans les blocs opératoires
: apport d’une technique de métrologie atmosphérique en semi-continu
A 064 METHODOLOGIE DE HIERARCHISATION DES RISQUES CHIMIQUES POTENTIELS
VINCENT R. (1), BONTHOUX F.(l), LAMOISE C. (2) ( I ) lNRS, Centre de Recherche, Avenue de Bourgogne, 54501 Vandoeuvre (2) Université Henri Poincaré, 24 rue Lionnois, 54000 Nancy
La réglementation impose à l'employeur une évaluation
du risque chimique qui peut se décomposer en trois phases principales:
· identifier les substances présentant un risque potentiel;
· évaluer l'exposition soit par des mesures d'exposition
soit par une modélisation;
· évaluer les risques en comparant, dans ce cadre, les
résultats issus de l'évaluation des expositions aux valeurs
limites réglementaires ou recommandées
La méthodologie présentée ici concerne l'étape d'identification des dangers et permet, au sein d'une entreprise ou d'un atelier, de hiérarchiser les risques chimiques potentiels à partir d'informations simples et facilement accessibles. Cette hiérarchisation est obtenue en exploitant l'inventaire des produits ou substances utilisées, les renseignements sur les dangers, figurant dans les fiches de sécurité ou sur l'étiquetage, ainsi que l'exposition potentielle caractérisée par la quantité utilisée et la fréquence d'utilisation.
Cent situations de risque potentiel issues de la combinaison du danger (5 classes), de la quantité utilisée (5 classes) et de la fréquence d'utilisation (4 classes) ont été réparties en deux questionnaires différents de 50 scénarios. Ils ont été envoyés à des experts de la prévention (médecins du travail, hygiénistes industriels) qui ont attribué une classe de priorité (forte, moyenne, faible) à chacun des scénarios.
Au total 31 experts ont fourni 1550 réponses (19 experts pour le questionnaire 1 et 12 experts pour le questionnaire 2) qui ont été analysées en utilisant des techniques d'analyse de données telles que l'analyse factorielle des composantes multiples ou la hiérarchisation.
Le modèle obtenu, significatif à 95 % permet d'obtenir
au sein d'une entreprise une liste hiérarchisée des risques
potentiels et de classer les postes de travail à évaluer
en priorité. Cette méthode est actuellement testée
pour validation par plusieurs entreprises confrontées à la
gestion du risque chimique.
MARCENAC F. (I), Dr DESPRES B. (2), EHERTS D. (3), Dr KARLI A.(4), LEPLAY A. (1)
(1) Rhône-Poulenc Industrialisation 69153 Décines
Cedex,
(2) Rhodia 69192 St Fons Cedex;
(3) Rhône-Poulenc Rorer Collegeville PA 19426 USA,
(4) Rhône-Poulenc-SA, 92408 Courbevoie Cedex
La détermination des niveaux de confinement s'inscrit dans le cadre d'une méthodologie globale d'évaluation semi-quantitative des expositions aux agents chimiques développée au sein du groupe Rhône-Poulenc et qui se décline en quatre étapes: (1) définition de groupes d'exposition; (2) détermination du danger toxicologique des substances manipulées par la méthode des "Classes de Danger" ou "OHB" (Occupational Hazard Band); (3) détermination de l'exposition potentielle comme étant la résultante du niveau de confinement, de la durée d'exposition et de la dilution de la substance chimique dans le procédé, (4) évaluation et gestion du risque d'exposition.
Le confinement d'une substance dangereuse pour la santé a pour objectifs essentiels de réduire les expositions des opérateurs et de prévenir sa dissémination dans l'environnement. Il consiste à mettre en place une barrière physique ou virtuelle (flux d'air) entre l'opérateur et la substance à manipuler. Pour permettre d'appréhender le niveau de protection apporté par une solution technologique donnée sans nécessairement réaliser de mesures d'exposition, une méthode semi-quantitative de cotation des confinements a été développée et validée. Pour chaque groupe d'exposition identifié, l'indice (ou niveau) de confinement "IC" est évalué sur une échelle de 0 à 6. A chaque niveau est associée une gamme de concentrations correspondant à la teneur résiduelle de polluant pouvant être trouvée au poste de travail. La correspondance entre les valeurs de "IC" et les gammes de concentrations annoncées a été évaluées lors d'un travail de validation dont les principaux résultats sont présentés.
La corrélation existant entre les données quantitatives d'exposition et les valeurs semi-quantitatives de niveaux de confinement attribuées lors des mesures a été étudiée. La base de données regroupe des résultats issus de 9 sites, 70 jeux de données et 28 produits différents. Dans 85 % des cas, les niveaux de confinement attribués par la méthode semi-quantitative sont acceptables. Une analyse fine des données a permis d'expliquer les 15 % des cas qui conduisaient à une sous-estimation des niveaux d'exposition réels.
Cette méthode est appliquée dans les sites du groupe Rhône-Poulenc
en association avec la méthode de cotation des dangers par "OHB".
Pour chaque poste de travail, un indice de
JACQUET.F, DIJOUX L, LUMPP C, STINES A. MT 71, Groupe Toxicologie, 18 rue Colonel Denfert 71100 Chalon-sur-Saône.
- Objectif : Développer un partenariat avec l'entreprise pour gérer le risque chimique, à chaque étape de l'évaluation et de la prévention.
Méthodologie : Création en décembre 1991
dans notre Service Interentreprises d'une structure spécialisée
en toxicologie composée de Médecins du Travail et de Techniciens
formés, avec équipement de matériel de prélèvement.
Elaboration d'une méthodologie d'évaluation des risques
adaptée aux évolutions diverses.
Sensibilisation et formation des responsables d'entreprises et des
salariés rencontrés aux différentes étapes,
c'est à dire :
- le repérage des risques avec l'identification des dangers
(information sur les FDS, étiquetage, les risques toxicologiques,
les risques d'inflammabilité...) les facteurs d'exposition avec
l'analyse ergonomique du travail (prise de conscience des risques lors
de l'activité, efficacité des ventilations, du port des E.P.I....)
- l'élaboration d'un objectif avec l'entreprise pour une stratégie
d'évaluation si besoin
- la mise en place de prélèvements atmosphériques
individuels (pompes, CIP 10...) avec explications aux opérateurs
et avec leur participation
- la prescription de prélèvements biométrologiques
associés à un questionnaire d'exposition
- la restitution des résultats sur le plan individuel et ou
collectif
- l'aide à la mise en route d'un plan de prévention (technique,
individuelle, médicale) adapté au risque et pouvant intégrer
des formations particulières.
Résultat : Intervention sur un grand nombre de postes de travail avec ou sans prélèvements (un millier jusqu'à ce jour). Ces interventions concernent diverses activités en PME PMI parfois regroupées par branches professionnelles et toujours suivies de l'élaboration d'un rapport et conseils.
Conclusions : Dans notre démarche, la répétition
des informations à chaque étape permet à notre équipe
d'optimiser notre action. En partenariat avec l'entreprise, la prévention
est adaptée à la nature du risque, à l'activité
et à l'opérateur.
J. PARRAT ,Hygiéniste du travail
Service des arts et métiers et du travail - 1 rue du 24 Septembre
- CH 2800 DELEMONT - SUISSE
Objectifs : présentation d'un outil systématique
d'analyse des risques en santé du travail (accidents et expositions,
risques aigus et chroniques, gênes, nuisances, etc.. ) permettant
l'identification tes dangers, I'évaluation des risques et leur classification
dans des classes de risques aux fins de déterminer les priorités
d'intervention en matière de management du risque. La méthode
proposée permet de prendre en compte les risques d'exposition à
des substances chimiques et les nuisances et gênes ainsi induites.
Méthode : définition de groupes homogènes de personnes exposées (GEH), caractérisation des processus de travail sur le principe HACCP et mise en évidence systématique des dangers pour la santé des travailleurs. La démarche s'appuie sur une action pluridisciplinaire faisant intervenir des acteurs (hygiéniste du travail, responsable sécurité, ingénieurs, etc...) permettant la caractérisation des produits utilisés, des procédés de travail mis en oeuvre et des dangers inhérents aux techniques appliquées. L'évaluation des risques est réalisée, pour l'exposition, en fonction de la dose reçue durant le temps d'exposition Les nuisances sont également classées dans la matrice exposition en se basant sur des critères de gravité définis en fonction de gênes mentionnées et de la provenance de la nuisance. Chaque risque peut alors être classé dans une classe de risques permettant ainsi la détermination des priorités d'intervention en matière de management du risque, et notamment 1'intervention des spécialistes en hygiène du travail, en médecine du travail et en sécurité du travail. A chaque risque devant être maîtrisé est défini un Point Critique de Contrôle - PCC - correspondant à une étape de production et à une action de maîtrise du risque.
Résultats : présentation de résultats obtenus dans un atelier de traitement de surface et d'application de peinture.
Conclusions : la méthode proposée permet la systématisation
d'une démarche d'analyse de risque en santé au travail Elle
permet de tenir compte et de comparer, quant aux priorités d'intervention,
les risques aigus et les risques chroniques. Elle est un outil faisant
partie intégrante d'une démarche de management du risque.
RIASSE C
CEA-SMT- BP 12, 91680 BRUYERES- LE- CHATEL CEDEX
Pour la mise en application du Décret du 3 Décembre 1992 et à la suite d'une enquête menée de 1993 à 1995 sur le site CEA de Bruyères- Le-Châtel pour recenser les produits cancérogènes utilisés et estimer les niveaux d'exposition du personnel, il s'est avéré nécessaire de concevoir un outil informatique permettant de répondre à nos besoins, en tant que médecins du travail.
L'outil "EGIRE" permet d'établir la liste des produits cancérogènes utilisés, selon le classement de la Communauté Européenne (C.E), ou le CIRC, de lister le personnel exposé ainsi que les différents modes d'utilisation...
Une calculette d'évaluation, prenant en compte les différents paramètres de manipulation et les systèmes de prévention collective et individuelle adoptés au poste de travail, est intégrée au logiciel pour estimer ce risque de façon homogène et en déduire la pondération qui doit figurer sur la fiche de poste et de nuisances attribuée à chaque salarié de l'entreprise: risque potentiel, faible, moyen ou important.
Une recherche multicritères est possible par interrogation de la base, à partir de tous les critères qui y sont gérés.(Ex: recherche de scores importants d'exposition, liste de produits de la classe 1 de la C.E manipulés par un service donné, avec score d'exposition correspondant…).
Ainsi, les postes de travail peuvent être comparés entre eux, et leur suivi quant à leur évolution dans le temps, assuré. La détermination des priorités d'aménagement de poste, la décision de prélèvements d'ambiance pour les phases les plus exposantes se voient par ailleurs facilitées.
Cette démarche d'étude des postes de travail choisie pour l'estimation du risque d'exposition aux produits chimiques cancérogènes va être adaptée, dans un futur proche, aux domaines biologique et radiologique.
Destiné initialement aux médecins du travail, le logiciel
" EGIRE " peut intéresser les autres interlocuteurs chargés
de sécurité dans leur approche de gestion du risque...
C. Guenzi * - J.C. Contassot * - F. Barbier* - F. Deplan* - B. Jonnier* - L. Philipp*
* Médecine du Travail Elf-Atochem B.P. 61005
57501 SAINT-AVOLD
* Services Médicaux Elf-Atochem B.P. 35
69191 SAINT-FONS
*Laboratoire - Elf-Atochem B.P. 61005 57501
SAINT-AVOLD
Le niveau moyen d'exposition sur 8 heures, en ateliers pétrochimiques, est maintenant inférieur à 1 ppm lors des évaluations par prélèvements individuels atmosphériques. I1 importe donc de compléter cette approche par l'évaluation de tous les pics d'expositions possibles.
L'examen et la description de toutes les situations de travail potentiellement exposantes sont réalisés par un groupe réunissant au sein d'un atelier, un représentant de la hiérarchie de jour, de la maîtrise postée, des opérateurs, du CHSCT, du service sécurité, un animateur rédacteur et le médecin du travail. Toutes les situations de perte de confinement, notamment pour travaux d'entretien sont abordées.
L'évaluation objective passe par la poursuite des prélèvements individuels sur 8 heures, par des prélèvements de 15 mn mais aussi par l'utilisation de détecteurs instantanés portables. Dans certains atelier un réseau de détecteurs fixes renvoie en salle de contrôle les alarmes de dépassement de seuil. En cas d'incident, le dosage d'acide transmuconique urinaire, en fin de poste de travail, est maintenant une méthode validée par l'expérience.
Cette démarche multidisciplinaire permet de définir les axes prioritaires de prévention.
L'information du personnel est le deuxième aspect de la démarche avec rédaction et validation par le groupe de travail d'une notice d'information sur les risques de l'atelier.
Le médecin du travail a un rôle de coordination de cette
évaluation, de recueil, de commentaire et de restitution des résultats
auprès des responsables d'exploitation et du personnel. Le service
médical a aussi un rôle de mémoire à travers
l'archivage des dossiers médicaux, des notices d'information et
des résultats métrologiques.
CHALONS P.(1), ROBERT JC.(1), BRACHET Y.(2), LOUVRE MP.(1).
(1) AEROSPATIALE 8, rue Le Brix 18020 Bourges Cedex
(2) CRAM du Centre, 36 rue de Xaintrailles 45000 Orléans
L'évolution de la réglementation sur l'emploi de l'amiante remet en cause les valeurs d'empoussièrement retenues au niveau des postes de travail. Malgré une recherche d'éviction de la fibre d'amiante, certaines utilisations ne peuvent être évitées ou sont remplacées par des fibres céramiques.
Un groupe de travail (médecin du travail, hygiène et sécurité,
production, méthodes, outillage) se constitue. Pour protéger
efficacement les opérateurs, il est décidé de garantir
des teneurs en fibres, identiques à celles des locaux d'habitation.
L'analyse préliminaire montre 2 types de populations exposées
: les machinistes (contact permanent), les ajusteurs (contact épisodique
avec une intrication des risques : fibres, résines formophénoliques,
solvants, lors des opérations de ponçage et de collage des
matériaux composites). Les expositions épisodiques des opérateurs
sont évaluées en fonction des différents lieux d'intervention,
des produits utilisés, des moyens de protection, du vécu
du risque, des mesures d'atmosphère, ( formol, phénol, MEC
). La CRAM étudie les flux des aspirations existantes. Les résultats
permettent au médecin du travail de rédiger des fiches de
recommandations. L'activité de l'atelier est organisée en
trois secteurs cloisonnés : fibres, vapeurs et fumées, solvants.
La CRAM est consultée pour la constitution du cahier des charges
: ventilation générale en air neuf climatisé, aspirations
au poste de travail (débits et type de capteurs), nettoyage haute
dépression. Chaque ouvrier exposé fait l'objet d'une évaluation
d'exposition et d'une information par le médecin du travail. Les
opérateurs sont associés à la correction du risque
: changement de processus opératoire, maquettage, étude des
capteurs, isolation des machines, port de protection individuelle, rédaction
des consignes de sécurité notamment pour le nettoyage et
les modes dégradés. L'évaluation des flux d'aspiration
laisse présager une maîtrise du risque. Depuis cette démarche,
les opérateurs utilisent les protections collectives et portent
spontanément leur protection respiratoire lors d'opérations
ponctuelles. Le binôme étroit médecin du travail/hygiène
et sécurité (aspects humains/aspects techniques) en est la
condition essentielle. Des protocoles d'urgence sont en cours de rédaction.
La CRAM effectuera l'évaluation du risque résiduel.
LAFON D, BLANCHARD O, NONAT A., DELALAIN P., BALON P., AUJAY R INERIS,
BP 2, 60550 VERNEUIL EN HALATTE
L'exposition professionnelle à la silice concerne de très
nombreuses branches professionnelles et notamment celle des carriers. Pour
évaluer ce risque et le combattre, le ministère de l'industrie
en charge de ce secteur a décrété une nouvelle réglementation
basée sur l'évaluation du risque et sa gestion. Au-delà
de cette nouvelle réglementation qui comporte les cinq étapes
de la démarche d'évaluation : recensement du produit, identification
et hiérarchisation des dangers, études des situations de
travail, évaluation métrologique et enfin maîtrise
du risque, nous voudrions surtout montrer comment une profession entière
s'est organisée pour combattre ce risque et ce en collaboration
parfaite avec l'administration, 1'INERIS, organisme de recherche en charge
de l'hygiène dans les carrières, les CRAM, I'inspection médicale
du travail, les médecins du travail, les organes de prévention
de la profession (Prevencem), les syndicats professionnels (UNICEM, UNPG),
les laboratoires d'analyses et la Société de l'Industrie
Minérale.
Nous voudrions montrer comment une démarche participative générale,
démarrant au niveau national (définition de stratégie,
rédaction de brochures par un groupe pluridisciplinaire regroupant
professionnel de la prévention et industriels), relayée par
des réunions régionales organisées conjointement par
la profession, I'administration et les organismes de prévention,
a abouti sur le terrain à une démarche active et efficace
dans de nombreuses carrières.
MOREAU C. ( I ), GUINOT C. ( 2 ). 1trYClAGNE A. ( 3 ). ( I ) Service Médical dc l'EIMM de Bischheim, 48 Avenue de Périgueux, 67800 Bi.schheim. ( 2 ) Cellule d'Hygiène Industrielle. Place 1,ouis Armand, 750571 Paris. ( 3 ) Celluic de Toxicologie, Placc Louis Armand, 75571 Paris.
L'incendie d'une motrice TGV a entrainé l'apparition de suies de combustion du polychlorophényle situé dans les condensateurs au pyralène. Une analyse quantitative et qualitative a objectivé la présence de TCDD et de TCDF à l'intérieur et à l'extérieur de la motrice.
L'objectif de l'ctude a été d'évaluer la possibilité de réaliser au sein de l'Atelier de Maintenance du Matériel une décontamination partielle d'éléments électriques. 1,'etude a été menée par le médecin du travail, I'hygiéniste industriel et le laboratoire, le médecin toxicologue et le rcsponsablc technique.
La réalisation d'une telle opcMti(ln a impliqué la prise
en compte de la toxicité des
suics de combustion du pyralène par voie cutanée, de
l'infrastructure de l'atelier où plusieurs
équipes spécialisées assurent plusieurs tâches
de maintenance industrielle.
Le risque de dispersion des suies, la nécessité de mettre
en oeuvre un personnel
spécifiquement formé, I'obligation d'un suivi médical
particulierclinique et biologique et la
mise à disposition d'un équipcment dc protections individuelles
complet ont augmenté les
contraintes techniques.
Il a donc été nécessaire de multiplier les points
de prélèvements au niveau de la motrice pour
amner la cartographie de la contamination.
La difficulté de la démarche a cté dc mcttre en
application sur le terrain des rccommandations contMignantcs.
Objectifs
Elaboration et utilisation d'un système informatique de surveillance,
de repérage et de suivi des expositions professionnelles, au niveau
collectif et individuel. Ce système permet, à partir du recensement
des préparations utilisées, d'en identifier simplement les
facteurs de risque. I1 permet de hiérarchiser les expositions, d'en
évaluer les niveaux avec les utilisateurs et les spécialistes,
et de les historiser. Grâce à ce système évolutif,
les données issues des "adaptations européennes au progrès
technique" peuvent être prises en compte en permanence.
Méthodes et résultats
Dans une entreprise de 1500 salariés, 2.000 préparations
toxiques ont été recensées; les informations concernant
leur étiquetage et les substances les constituant ont été
informatisées. La table des substances repérées par
leur numéro CAS et index européen, a été mise
en lien informatique avec une table des "expositions" prenant en compte
l'ensemble des contraintes médico-réglementaires (MP, cancérogénicité,
surveillances spéciales...). Ces "expositions" ont été
mises en lien informatique avec les tableaux de maladies professionnelles,
leur pathologie spécifique, les examens médicaux périodiques
qu'elles déclenchent, éventuellement en post-exposition.
Les préparations toxiques sont "accrochées" informatiquement
sur la fiche de poste d'un collectif de salarié donné; elles
peuvent l'être par le biais de "tâches" intermédiaires,
transversales à plusieurs postes; des fiches d'utilisation des modalités
d'emploi des préparations peuvent y être ajoutées.
Des expositions au sens de contraintes peuvent être "accrochées"
directement sur un poste ou une tâche.
Des états informatiques permettent des présentations
des données à partir de la préparation toxique faisant
apparaître l'ensemble de ses caractéristiques, ou hiérarchisées
par "expositions", avec les arborescences les engendrant (substances, préparations,
tâches, enrichies par le détail des fiches d'utilisation et
de l'étiquetage). Ces données, vérifiées sur
le terrain par les utilisateurs, permettent de construire un début
d'évaluation des "expositions" (probabilité, fréquence,
niveaux, protections) dans un système évolutif.
Une importation informatique automatique permet d'historiser les expositions
individuelles et leur évaluation dans les dossiers médicaux
du logiciel "Horizon" dont cette application est une extension, de nourrir
la fiche d'entreprise, d'effectuer des analyses collectives expositions/santé.
Les cancérogènes repérés à l'aide de
ce système, historisés individuellement, complétés
par des données issues de matrices emploi-expositions spécialisées
(MATEX) importées sous forme de fiches de poste selon les trajectoires
professionnelles, validés par le médecin du travail avec
chaque salarié, complétés par les examens complémentaires
issus du dossier médical, permettent la construction informatique
des éléments individuels du suivi post-professionnel.
Cette démarche permet une mise en visibilité de près
d'une centaine d'expositions" toxiques dans l'entreprise, impossible antérieurement;
alliée à une évaluation coopérative et collective,
elle s'avère un excellent outil de prévention primaire, particulièrement
du risque chimique .
NISSE C.(1), EDME J.L.(1), DELHEMME M.(2), PUSCH P.(2), DE SAINTMAHIEU
A.S.
(1),TRICOCHE L.(1), HAGUENOER J.M.(1),LEJEUNE R.(2),FURON D.(1).
(1) CERESTE 5 avenue Oscar Lambret 59037 Lille cedex
(2) CRAM NORD-PICARDIE 11 allée Vauban 59662 Villeneuve-d'Ascq
cedex
Cette étude descriptive a pour but d'évaluer les niveaux d'exposition au benzène des transporteurs de carburants.
L'étude s'est déroulée sur 8 jours début juillet 1996. Quarante sept “ citerniers ” différents ont participé, dont certains plusieurs jours. Les conditions de travail, le tabagisme, les expositions antérieures ont été évalués par questionnaire. L'exposition atmosphérique, a été mesurée lors des chargements par prélèvements dynamiques individuels (74 prélèvements), et sur tout le poste de travail par prélèvements passifs (20 badges). La surveillance biologique de l'exposition au benzène s'est fait par mesure de l'acide -t-t-muconique urinaire en début, fin de poste de travail et environ 4 heures après. Un groupe de 65 témoins hommes non exposés dont 46 % de fumeurs a été constitué à titre comparatif.
L'âge médian des citerniers est de 39 ans, 53% ont au moins 10 ans d'ancienneté, 47 % sont fumeurs, 72 % transportent du carburant tous les jours. Ils portent tous des gants mais pas de masque. Le nombre de chargements varie de 1 à 4 par jour.
Lors des chargements, le benzène atmosphérique a été détecté dans 73 % des cas (moyenne = 2.9 mg/m3, écart-type = 2.2). 19 prélèvements sont entre 4 et 9 mg/m3 Les concentrations sont significativement plus importantes lorsque des carburants contenant du benzène sont chargés. Les concentrations sont également en moyenne plus importantes lorsque la température ambiante excède 15 ° et moins importantes lorsqu'il y a du vent mais sans que ce soit significatif. Seulement 25 % des prélèvements passifs sont positifs pour le benzène.
En fin de poste de travail, l'acide -t-t-muconique urinaire varie de 0.13 à 3.64 mg/g de créatinine (moyenne = 0.73 mg/g de créatinine, écart-type = 0.56). Un seul résultat excède les 5 mg/l admis en milieu professionnel. Les concentrations augmentent avec le nombre de chargements effectués et avec le tabagisme.
L'excrétion en fin de poste est significativement ( p = 0.0001) plus importante que celle des témoins (moyenne chez les témoins = 0.14 mg/g de créatinine, écart-type = 0.28).
L'exposition des transporteurs de carburants au benzène est donc
réelle comme en témoignent les résultats de l'acide
-t-t-muconique urinaire même si les niveaux atmosphériques
semblent peu importants.
SMOLIK H.J.(1), JACQUET F.(1)(2) TAUPIN J.P.(1)(2) LEBOISSELER S.(1), MOREAUX M.F.(2), PETIOT M.T.(1)
(1) IMTEB BE BETOX - Faculté de Médecine - 7 Bd Jeanne d'Arc - 21033 DIJON CEDEX (2) MT 71 - 18 rue Colonel Denfert - 71104 CHALON SUR SAONE CEDEX.
Objectif :
Etudier dans un atelier d'émaillerie le plomb salivaire et les
différents paramètres habituellement proposés dans
l'évaluation du risque plomb, en voir les intérêts
et les limites pour optimiser la stratégie d'évaluation.
Méthodes :
Après revue de la littérature, analyse de l'activité
des salariés et étude des situations de travail, des prélèvements
atmosphériques ont été effectués. Les paramètres
biologiques (plombémie, PPZ, AlaU, plomb salivaire) ont été
effectués avant la période de congés de 4 semaines,
à la reprise et 8 jours plus tard. Les prélèvements
salivaires ont été réalisés avant la prise
de poste, avant la pause, et en fin de poste de la journée de travail.
L'ensemble des résultats a fait l'objet d'analyses statistiques
pour recherche d'un effet exposition, de corrélations simples et
multiples entre les différents paramètres en prenant en compte
l'âge, le sexe, l'ancienneté au poste, la consommation de
tabac et la pratique des mesures d'hygiène individuelle. Ces données
ont été recueillies par questionnaire.
Résultats :
Le plomb atmosphérique, l'alaU n'apparaissent pas représentatifs
des risques encourus.
Il existe une corrélation significative entre :
- Le plomb salivaire et la plombémie quand cette dernière
est supérieure à 40 µg/100 ml
avec une sensibilité à 95,5 % et une spécificité
de 91,5 % quand le plomb salivaire est supérieur à 80 µg/l.
- Le plomb salivaire, l'exposition professionnelle et les mesures d'hygiène.
Conclusion :
Le plomb salivaire pourrait être un bon indicateur de l'exposition
au plomb, un témoin fiable de l'hygiène professionnelle.
Son recueil et son analyse sont simples. La poursuite du suivi de la plombémie
et des PPZ dans cet atelier garde tout son intérêt.
GONZALEZ M. (1), VELTEN M. (2), CANTINEAU A. (1)
(1) Service de Pathologie Professionnelle, Hôpital Civil 67091
Strasbourg Cedex
(2) Service d'Epidémiologie et de Biostatistiques, Centre P.
Strauss 67085 Strasbourg Cedex
L'objectif de l'étude est d'analyser les effets sur la vision des couleurs de l'exposition chronique à des mélanges de solvants composés d'acétate d'éthyle, d'éthanol et de cétones, chez les employés d'une grande entreprise spécialisée dans l'impression par héliogravure d'emballages en papier aluminium. C'est la partie de l'étude concernant la démarche adoptée afin évaluer l'exposition actuelle et passée des salariés qui est présentée.
Méthodes : L'évaluation de l'exposition passée a été faite grâce au calcul d'un indice d'exposition cumulée intégrant la nature, la fréquence, la durée et la probabilité d'exposition pour chaque sujet depuis le début de son cursus professionnel. Cet indice a été construit à partir de l'observation des postes de travail, de l'analyse de l'historique de l'entreprise (modifications des process de fabrication, mise en place de moyens d'aspiration et de ventilation etc...) ainsi que des données des 249 questionnaires professionnels. L'évaluation de l'exposition actuelle a été réalisée par des prélèvements atmosphériques individuels par dosimètres passifs portés durant 8 heures. Les prélèvements ont été faits par poste de travail, par type de machine et par secteur d'activité de l'entreprise (83 analyses au total sur 33 prélèvements).
Résultats : La durée totale d'exposition est en moyenne de 18 ans (médiane à 16, de 3 à 43 ans). Les salariés du secteur de l'impression ont l'indice d'exposition cumulé le plus élevé (205), les indices d'exposition des secteurs de l'extrusion et du contre-collage sont équivalents (167 et 163 respectivement). Par poste de travail, les conducteurs de machines ont les indices cumulés les plus élevés. Pour l'exposition actuelle, les niveaux d'exposition retrouvés ne dépassent pas les VME sauf pour le poste de lavage de matériel à la méthyléthylcétone. Les résultats des prélèvements ont également permis de confirmer que les écarts existants entre les différents secteurs et postes étaient globalement ceux qui avaient été estimés lors de l'observation des postes de travail et de l'analyse du questionnaire. Ceci a permis de conforter la validité des indices d'exposition passée utilisés ensuite dans l'étude.
Conclusions : Les études épidémiologiques portant
sur les effets à long terme de l'exposition à des toxiques
doivent tenir compte non seulement de l'exposition actuelle mais surtout
de l'exposition passée des salariés. C'est l'estimation de
cette exposition passée qui pose le plus de problèmes en
l'absence la plupart du temps de mesures objectives des niveaux d'exposition.
CREUSOT H.(l), NOBILI Y.(2)
(1) Automobiles Citroën -93600 Aulnay/Bois
(2) Automobiles Peugeot -25218 Sochaux
La Norme d'Introduction d'un Produit Chimique à un poste de travail.(procédure 1-l8P3 réunit, dans un même processus, les procédures techniques et de prévention nécessaires à son homologation et à son utilisation. Dans cette structure sont concernés:
* au niveau central : les Services Etudes, Méthodes, Achats et
la Commission Centrale de Prévention(CCP) regroupant toxicologie,
prévention et protection de 1'environnement: Sélectionnent
les produits en fonction d, impératifs techniques mais également
de santé, de conditions de travail ou d'environnement. Interviennent
auprès des Fournisseurs pour définir les caractéristiques
des produits susceptibles d'être retenus. Gèrent une base
informatique de données contrôlées et complétées
à plusieurs niveaux de confidentialité.
Les médecins de la commission obtiennent des fournisseurs les
formulations complètes.
L'avis de chacun est pris en compte impérativement avant toute
homologation.
* au niveau local dans les différents sites : le Pilote Technique,
le Fabriquant et la Commission Locale de Prévention (CLP), réunissant
Médecin du Travail, Technicien de Prévention et Responsable
Environnement:
- Autorisent ou non l'emploi des produits chimiques au poste de travail.
- Rédigent ensemble, après étude de poste, les
préconisations d'utilisation.
- Participent à l'information et à la formation des salariés
utilisateurs du produit.
- Utilisent le système informatique comme base de données
mais également pour la gestion de leurs interventions dans la procédure.
- Profitent de l'aide de la structure centrale.
Conclusions : Cette norme a été adoptée par tous.
Elle est applique et fait partie maintenant du référentiel
pour l'obtention des labels Qualité tel que ISO 9002.
PIRONNEAU S (1), MAITRE A (2), STOKLOV M (2), LW-DUC BIN D (3), COLLN
R (1), MALLARET M. R. (3), DE GAUDEMARIS R.(1,2).
(1) Service de Médecine du Travail du Personnel Hospitalier,
CHU Grenoble, BP 217, 38043 GRENOBLE Cedex 09
(2) Laboratoire de Médecine du Travail et Toxicologie, IUMTE,
Faculté de Médecine, Domaine de la Merci, 38 700 LA TRONCHE
(3) Service d'Hygiène Hospitalière, BP 217, 38043 GRENOBLE
Cedex 09
Objectifs : Après identification et quantification des agents
chimiques responsables de signes irritatifs ORL apparus chez le personnel
du service d'endoscopie digestive, des mesures de prévention ont
été mises en place et validées dans les offices de
désinfection.
Matériel et Méthodes : La stratégie s'appuie :
- sur une étude de poste destinée à identifier,
à partir de l'étude des fiches de données de sécurité
et de l'activité de travail, les produits en cause et les opérations
à risque.
- sur une évaluation de l'exposition individuelle et d'ambiance
au produit incriminé aux différents postes, sur la durée
totale d'un poste de travail et au moment des pics d'exposition. Les méthodes
de prélèvement et d'analyse sont conformes à la norme
AFNOR NFX 43 264.
Résultats: Le glutaraldéhyde, identifié à la fois dans les produits utilisés pour la désinfection à froid du petit matériel et dans les machines à laver les endoscopes, est le toxique incriminé. Les concentrations mesurées sur la durée totale du poste se situent entre 15 et 60 % de la VME. Certaines activités se révèlent très contaminantes (jusqu'à 2 fois la VLE): vidange des bacs de trempage dans un évier et transvasement des résidus de désinfectant des machines.
Des mesures correctives ont été mises en place :
- remplacement d'un désinfectant contenant 2 % de glutaraldéhyde
par un produit 4 fois moins concentré dont l'efficacité sur
le plan microbiologique pour cette application avait été
préalablement validée par le service d'Hygiène.
- interdiction de transvasement du désinfectant. Une amélioration
technique des machines pourrait également être envisagée.
Les prélèvements de contrôle montrent que ces mesures sont efficaces car les niveaux d'exposition sont actuellement toujours inférieurs à 30 % de la VLE.
Conclusions : Cette étude montre l'intérêt d'un
travail pluridisciplinaire entre la MTPH, I'Hygiène Hospitalière
et le laboratoire de Toxicologie, permettant de rendre compatible les missions
des services d'Hygiène (sécurité microbiologique de
la désinfection) et celles de la Médecine du Travail (protection
de la santé du personnel soignant).
MARANDE JL, BENYOUNES B.
(1) Médecine du travail Hôpital Cochin 27, rue du Fbg
St-
Jacques 75679 Paris cedex 14
Le glutaraldéhyde dilué dans l'eau émet des vapeurs lourdes, à la fois irritantes et allergisantes, lors des désinfections du matériel médico-chirurgical à utilisation itérative. Une surveillance des ambiances de travail à l' hôpital a montré des expositions élevées responsab les d'in toxication s chroniques (P. Leinster & al., Br. J. Indust. Med. 1993; 50: 107-111).
OBJECTIFS: Mesurer les niveaux d'exposition au glutaraldéhyde (Korsolex(E)) dans différents secteurs hospitaliers en comparant deux méthodes de désinfection, soit par trempage des instruments dans des bacs munis de couvercles hermétiques (dilution 3 %), soit par automates pour endoscopes Olympus ETD ou ETD 2 plus récent (dilution 1 %).
METHODES: Des concentrations atmosphériques de glutaraldéhyde ont été mesurées à l'aide de badges de prélèvement passif spécifiques (badge ACS G-10 avec dosage par chromatographie en phase liquide d'une précision + 11 % et d'un niveau de confiance de 95 %) posés dans différents locaux de travail pendant 8 heures. Le port des mêmes badges placés près des voies respiratoires des travailleurs exposés a permis de déterminer les niveaux d'exposition individuelle sur 15 minutes et 8 heures. Des mesures ponctuelles du produit ont été faites dans deux unités d'endoscopie équipées d'automates à l'aide d'un détecteur électronique spécifique à lecture directe et immédiate (glutamètre MVN 200 D, précision + 6 %, niveau de confiance 95 %).
RESULTATS: Les niveaux d'exposition au glutaraldéhyde sur 8 heures sont inférieures ou proches de la Valeur Moyenne d'Exposition (0,10 ppm) dans les cinq secteurs utilisant des bacs de trempage (0,5 à 1,1 VME) et dans les deux unités d'endoscopie équipée d'automates (0,6 à 1,1 VME). Les niveaux d'exposition individuelle sur 15 minutes sont proches ou supérieurs à la Valeur Limite d'Exposition (0,20 ppm) lors des préparations des liquides de trempage dans les bacs (0,9 à 1,15 VLE) et lors des phases d'élimination de ces liquides (0,85 à 1,35 VLE). Les mesures immédiates par le détecteur confirment des expositions ponctuelles des soignants lors des ouvertures de l'automate ETD (0,14 - 0,17 ppm) et des automates ETD 2 (0,06 - 0,10 ppm) ainsi que lors des changements des bidons de glutaraldéhyde concentré à 20 % de ces machines (0,22 - 0,24 ppm). Parallèlement, on note chez les personnels utilisateurs des symptômes d'irritation cutanco-muqueuse et un asthme prouvé.
CONCLUSION: Les mesures effectuées sur 8 heures sont inférieures
ou proches de la VME dans les différents secteurs étudiés.
Les mesures ponctuelles ou sur 15 minutes sont proches ou supérieures
à la VLE pendant la préparation et l'élimination des
liquides de trempage, et le changement des bidons de glutaraldéhyde
des automates. La surveillance de l'environnement sur de courtes périodes
permet de mieux connâître les expositions toxiques réelles
des soignants utilisateurs. Ces mesures montrent la nécessité
de mettre en œuvre des protections collectives appropiées en cas
d'utilisation de bacs. Une neutralisation du liquide de trempage avant
élimination est actuellement à l'étude. Le port des
demi- masques filtrants à usage unique est recommandé pendant
les tâches entrainant des expositions toxiques proches de la VLE.
BOURIN E. (1), BEYSSIER J.-C. (1), CABAL C. (1)
(1) Institut Universitaire de Médecine du Travail et d'Ergonomie
Pavillon 31 Hôpital Bellevue
42055 Saint-Etienne cedex 2
Pour la conservation de documents papiers, un centre d'archivage est équipé d'un stérilisateur à oxyde d'éthylène. Lors de la manipulation des documents en sortie d'autoclave, certains membres du personnel ont présenté des troubles respiratoires. Alerté par ces symptômes, le médecin du travail a sollicité l'I.U.M.T.E. afin d'évaluer et prévenir les risques induits par l'utilisation de ce mode de stérilisation.
Une analyse de la situation de travail nous a permis de constater le manque d'adéquation des locaux pour l'utilisation de ce type de matériel ainsi qu'une méconnaissance des risques par le personnel. Les moyens de métrologie mis en œuvre en première approche n'ont pas été suffisants pour identifier des concentrations atmosphériques en oxyde d'éthylène supérieures aux V.L.E. / V.M.E. La littérature et la réglementation relatives à l'oxyde d'éthylène, essentiellement axées sur son utilisation dans le domaine médical, ont constitué la base de nos recommandations.
Des propositions d'amélioration ont pu être formulées en ce qui concerne l'aménagement des locaux, les équipements de travail, la formation du personnel chargé de l'utilisation de l'installation et l'information des agents sur le risque induit par l'utilisation de l'oxyde d'éthylène.
L'intérêt de cet exemple est multiple. En premier lieu,
on constate la présence d'un risque chimique important dans un lieu
qui ne le laisse pas présager. En deuxième lieu, c'est la
survenue d'un incident qui motive la prise en compte du risque. En troisième
lieu, le mode d'utilisation inhabituel d'un agent chimique pourtant bien
connu soulève des questions nouvelles restant actuellement sans
réponse.
SOBASZEK A., FANTONI S., VICTOIRE G., FRIMAT P., FURON D.
I.M.T.N.F. - 5, Avenue Oscar Lambret - 59037 LILLE Cedex
L'utilisation de l'oxyde d'éthylène en milieu hospitalier constitue une source d'exposition professionnelle importante, parfois sous-estimée, lors de dysfonctionnement de l'appareil, de non respect des procédures de sécurité ou l'absence de protections individuelles ou collectives.
· Objectifs
L'évolution des technologies et de la réglementation
vis a vis de l'OE a été appréhendée au travers
de dosages de ce gaz, régulièrement effectué depuis
1988 à ce jour, parallèlement aux modifications techniques
des appareils.
· Méthodes
Des études de postes de chaque site de stérilisation
ont été effectuées, conjointement à la réalisation
de prélèvements atmosphériques d'OE de 1988 à
1998.
Les prélèvements d'ambiance de longue durée (durée
d'un cycle de stérilisation et durée du poste de travail
) ont été effectués au niveau du stérilisateur
ainsi que dans les locaux de désorption. Les prélèvements
individuels sont réalisés sur la durée du poste de
travail ainsi que sur la durée de l'exposition dans certaines tâches
spécifiques comme le changement de bouteille d'OE.
· Résultats
En 1988, avec 1'appareil le plus vétuste, on observe des taux
extrêmement élevés lors des changements de bouteille
de gaz (90 ppm et davantage jusque 180 ppm objectivés la même
année) mais aussi en salle de désorption où les taux
dépassent largement la VME (6.18 ppm). A partir de la date de changement
technique (approvisionnement à cartouche), aucun prélèvement
effectué n'objectivera de dépassement de VME et VLE sur le
site. En revanche, le second site est souvent limite (0.9 ppm en salle
de déchargement), voire source de dépassement (1.56 ppm)
au moment plus dangereux du changement de bouteille.
· Conclusion
Malgré les évolutions technologiques, une surveillance
régulière atmosphérique ainsi que des efforts constants
de formation et d'informations du personnel doivent être réalisés
afin de réduire les risques d'expositions itératives lors
de fautes de procédure ou lors d'activités pouvant générer
des dépassements brefs de la VLE (changement de bouteille de gaz
).
P. GABINSKI (1), P. BROCHARD (1), H. FOSSOUX (1), J.P. GACHIE (2), MS. GHERARDI(1), JE. LABADIE(2), MF. LAVILLIC(1), I. PARTARRIEU(1), AM. TAVART(1), C. VERDUN-ESQUER(1)
(1) Service de Médecine du Travail et de Pathologie Professionnelle,
CHR de BORDEAUX, Place Amélie Raba Léon, 33076 BORDEAUX CEDEX
(2) Service d'Hygiène Hospitalière, CHR de BORDEAUX,
Place Amélie Raba Léon, 33076 BORDEAUX CEDEX
Objectifs : En collaboration avec le service d'Hygiène Hospitalière,
le service de Médecine du Travail et de Pathologie Professionnelle
du CHR de BORDEAUX mène une réflexion depuis quelques années
pour mieux cerner les risques liés à l'utilisation des produits
de désinfection (détergent - désinfectant, désinfectant
de contact, détergents, désinfectants pour matériels
d'endoscopie...).
Méthodes : Plusieurs axes de travail ont été définis
:
- meilleure connaissance de la nature et des effets des produits utilisés
à travers les éléments réglementaires fournis
par les fabricants (fiches de données de sécurité,
composition), et les investigations menées chez des agents symptomatiques
lors de l'utilisation de ce type de produit ;
- redéfinition des indications et des pratiques de désinfection
visant à diminuer les expositions ;
- tests et mise en place de moyens de protection adaptés.
Résultats : Depuis 1995, le service de Médecine du Travail
participe activement aux choix des produits de désinfection lors
des appels d'offre, assure un relevé des cas de pathologies secondaires
à ces produits et à travers un groupe de travail commun avec
le service d'Hygiène Hospitalière et le service entretien,
a travaillé en 1997 sur la désinfection de contact (évaluation
des pratiques, redéfinition des indications, tests de protections
adaptées).
I1 a été démontré lors d'expositions professionnelles à différents composés contenant de l'aluminium, que les caractéristiques des cinétiques d'élimination urinaire de l'aluminium étaient différentes. Ces différences conduisaient à considérer la surveillance biologique de l'élément aluminium au cas par cas selon la nature des composés. Des particularités de même nature ont été également mises en évidence dans le cas des fluorures urinaires pour le suivi de la fluorurie. Les implications les plus importantes de ces nouvelles données en surveillance biologique portent sur le choix du moment de prélèvement, la détermination d'une valeur limite spécifique et les critères d'interprétation des résultats.
Un autre cas remarquable est celui de la prévention du saturnisme dans les situations d'exposition aux poussières de cristal dans les ateliers de taille et de polissage des cristalleries. Dans ces ateliers les opérateurs sont exposés à un aérosol de silicates de plomb et il a été montré qu'un niveau moyen de plombémie de 400 à 600 *g/L correspondait à une exposition atmosphérique au plomb 10 à 30 fois plus importante que dans les situations d'exposition dans la fabrication d'accumulateurs au plomb. Dans ce cas l'existence d'une relation statistique entre plomb atmosphérique et plombémie chez 131 exposés en cristallerie, permet de proposer un modèle spécifique de ce type d'exposition.
Ces différents résultats montrent la nécessité
de considérer comme essentielle la nature de l'espèce chimique
en cause; ce type d'étude devrait permettre d'affiner les conditions
d'application et d'interprétation de la surveillance biologique
dans la pratique de la médecine du travail.
OBJECTIFS
Evaluer les risques chimiques et les accidents potentiels qu'ils entraînent,
leur correction possible par les moyens techniques de prévention
existants et leur maîtrise par l'amélioration de ces moyens.
METHODES
* Recherche par le CHSCT de tous les produits chimiques existants dans
le laboratoire suivi d'un recueil de fiches
de données pour chacun d'entre eux.
* Etablissement de la liste des produits et diffusion dans chaque service
afin de surligner les substances utilisées le
plus régulièrement. Il devait être précisé
le nom des manipulateurs, et la fréquence d'utilisation du produit.
* Entretiens avec chaque responsable de service pour connaître:
les techniques de manipulation, leur finalité, les
quantités moyennes de produit utilisé pour chaque manipulation,
la forme sous laquelle le produit était employé.
Les protections existantes individuelles et collectives.
*·Visites répétées dans chaque service
pour observer le travail de chaque technicien, connaître le matériel
et
vérifier les protections indiquées.
RESULTATS
Une meilleure connaissance du risque chimique et de sa correction par
les moyens de prévention existants sans avoir eu recours à
des techniques d'investigation lourdes et coûteuses.
CONCLUSION
Ce type d'étude permet de s'inscrire dans le programme actuel
de recherche de qualité des laboratoires d'analyses biologiques
médicales.
J-C. Martin (1), N. Dray (1), A. Grasset (2), J. Laureillard (3), F. Conso (1)
(1) Hôpital COCHIN, Pathologie Professionnelle, 27 rue du fg Saint-Jacques,
75014
PARIS
(2) Service Médical Interentreprises de Poissy et sa Région,
37 bd Devaux, 78300
POISSY
(3) CRAMIF, Laboratoire de Toxicologie Industrielle, 17-19 av de Flandre,
75019
PARIS
La découverte fortuite d'une intoxication biologique saturnine chez un salarié asymptomatique travaillant dans une entreprise de broyage de minerai de manganèse et de fer, a conduit à une réévaluation des risques chimiques présents dans l'établissement, afin de mettre en place les mesures de prévention adéquates.
Parallèlement à la prise en charge thérapeutique du patient, deux études ont été menées: une étude métrologique complète (prélèvements d'atmosphère, frottis et analyse des minerais) et le dépistage des autres cas d'imprégnation par le plomb, conduit par le médecin du travail de l'entreprise.
Les prélèvements atmosphériques ont révélé un empoussièrement massif en particulier pour les poussières de plomb et de manganèse avec dépassement des VME. Les frottis réalisés au niveau des mains des salariés ont retrouvé du plomb et du manganèse en quantités importantes et ceci malgré le port de gants. L'analyse du minerai de manganèse a mis en évidence une teneur en plomb de l'ordre de 4 % responsable de la contamination. Aucun autre cas d'imprégnation excessive par le plomb n'a été dépisté.
Cette évaluation du risque chimique a permis de recenser un risque
jusqu'ici ignoré de l'entreprise: le plomb. Des règles d'hygiène
strictes et le port de masques à ventilation assistée ou
à adduction d'air, ont été recommandés. Cette
étude démontre l'importance d'une prise en charge pluridisciplinaire
permettant l'identification et la mâîtrise du risque chimique
en milieu de travail. Cette maîtrise doit toutefois être continue
et implique la nécessité d'une réévaluation
périodique du risque chimique sans attendre l'apparition de nouveaux
cas d'intoxication révélateurs d'un risque non identifié.
Aucune métrologie n'est possible si l'identification du ou des produits en cause, leur hiérarchisation à travers les données recensées auprès des fournisseurs, la littérature et l'étude des situations de travail ne sont dûment conduites.
Il ne s'agit aucunement de recettes standardisées applicables tout terrain, mais d'expliquer la complexité de la tâche permettant la mise en place des voies et moyens en vue d'un diagnostic fiable du ou des produits en partant d'appellations commerciales et en associant différents partenaires. Cette tâche prend le sens d'élaboration de fichier toxicologique simple exploitable et réaliste.
Les auteurs font part de la spécificité du secteur artisanal
à travers une étude monographique qui rend compte des critères
dispersion, multi-exposition et complexité des données sur
le risque chimique confortés par leur vécu et pratique du
secteur artisanal. Ils exposent une méthodologie participative concernant
les substances chimiques ainsi que les éléments d'une identification
hiérarchisée. Le critère de hiérarchisation
tient compte de faisabilité, de fréquence et gravité.
CONTASSOT IC. (1), ROUSSET IC. (1), GUENZI C. (2), BARBIER F. (2), DEPLAN
F.(2), JONNIER B. (2)
(1) ELF ATOCHEM BP n°l 01360 Balan
(2) ELF ATOCHEM Cours Michelet La Défense 10 92091 Paris La
Défense Cedex
A partir de l'exemple d'un poste de dépotage de chlorure de vinyle monomère, l'application d'une politique d'hygiène industrielle d'une société chimique est détaillée. L'inventaire exhaustif des produits chimiques mis en œuvre, leur danger, les situations de travail potentiellement exposantes, les données de métrologie et les éléments de protection collective et individuelle sont réalisés par un groupe de travail composé des représentants de l'atelier, salariés, encadrement, ingénieur sécurité et médecin du travail qui élaborent après étude de chaque étape la notice d'information.
Celle-ci est ensuite détaillée au cours des séances de formation formalisées de tous les salariés de l'atelier; elle met en lumière les dangers potentiels, les risques qu'ils peuvent représenter pour la santé humaine et les équipements de protection collective et individuelle existant pour les maîtriser.
Cette formation est en outre élargie par l'utilisation d'un module
interactif spécifique élaboré par différentes
sociétés utilisatrices ou productrices de chlorure de vinyle
monomère.
LASFARGUES G. (l), GOSSELIN M.P. (2), ALBOUY J. (3)., FOUCHE D. (4),
BONNARDEL F. (4).
(l) Médecine du travail et des risques professionnels, CHU de
Tours - 37044 TOURS cedex
(2) CIHL, l9 rue des Tulipes - 45500 GIEN
(3) Inspection Médicale - 12 rue Maison Rouge - 45140 ST JEAN
DE LA RUELLE
(4) Centre Interrégional de Contrôles Physiques (CIRCOP),
Service Prévention des risques
professionnels, C.R.A.M., 36 rue Xaintrailles - 45000 Orléans
Nous décrivons la procédure d'évaluation et de
maîtrise du risque mises en œuvre suite au diagnostic de quatre cas
d'asthme professionnel avec symptômes cliniques rythmés par
le travail chez des surveillants de baignade dans un centre nautique de
la région Centre.
Les explorations fonctionnelles respiratoires ont montré dans
un cas un syndrome obstructif caractérisé et dans tous les
cas une obstruction distale et une hyper réactivité bronchique
non spécifique marquée.
L'essentiel de la pollution dans l'atmosphère des halls de piscines
est dû aux chloramines et plus particulièrement à la
trichloramine ou trichlorure d'azote (Nc1³), formées par les
réactions des composés azotés provenant des polluants
apportés par les nageurs (urines, sueurs, cosmétiques) avec
les composés chlorés utilisés pour la désinfection
des eaux.
L'évaluation du risque chimique et sa maîtrise ultérieure
se basent sur les données de la métrologie atmosphérique.
La valeur limite de “confort ” pour laquelle on n'enregistre généralement
pas de plainte des salariés vis à vis des effets irritants
oculaires et respiratoires est de 0,5 mg/m³ en équivalent NC1³.
Le centre nautique concerné comprend un grand bassin de 25 m
et un bassin ludique.
Des premières mesures atmosphériques effectuées
par le CIRCOP à la demande du médecin du travail ont révélé
des niveaux d'exposition supérieurs aux valeurs de confort, particulièrement
en différents points du bassin ludique. Suite à ces mesures
un ventilateur à fort débit (5000 m³/heure) a été
installé sous toiture au-dessus du bassin ludique. L'ambiance a
été améliorée mais des nouvelles mesures ont
révélé la persistance d'un niveau global d'exposition
aux chloramines toujours supérieur à la valeur de référence.
D'autres solutions techniques de prévention actuellement mises en
œuvre seront évaluées prochainement. Un suivi médical
spécifique individuel est parallèlement assuré pour
les salariés exposés pour estimer le risque respiratoire
à plus long terme dont l'absence ne peut être garantie, y
compris pour des niveaux atmosphériques de chloramine inférieurs
aux valeurs de confort.
DESLAURIERS M. (1), LEBRUN J.C. (2)
(1)Division Toxicologie - Service Central d'Appui à la Médecine
du
Travail,
(2) Service Prévention et Sécurité, EDF-GDF 30
avenue de Wagram
75008 PARIS
L'objectif est la mise en place d'une politique de chantier propre privilégiant la protection collective, destinée à protèger simultanément les travailleurs et l'environnement.
Le Décret 96-98 du 7 Fév. 96 traite de la protection des travailleurs contre les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante. Les situations observées à EDF-GAZ DE FRANCE concernent essentiellement les "activités et interventions susceptibles d'émettre des fibres d'amiante" (section 3, encore appelé secteur 3), relevant de la maintenance et de 1'entretien. Les équipes EDF-GAZ DE FRANCE rencontreront de telles situations pendant encore de nombreuses années tant dans leurs installations que dans leurs interventions à l'extérieur.
Cette politique de chantier propre comprend une aspiration à la source qui réalise une première barrière. Cette barrière rompt avec la notion périmée selon laquelle il est "normal" que ces travaux génèrent de la poussière. Cette protection collective est complétée par une seconde barrière constituée par les équipements de protection individuelle : en effet, concernant les cancérogènes, I'article R231-56-3 du code du travail stipule que "le niveau d'exposition des travailleurs soit réduit à un niveau aussi bas que techniquement possible".
La protection collective est assurée dans les techniques de perçage par une aspiration à la source, réalisée par un dispositif adaptable aux perceuses : il s'agit d'un soufflet rétractile fixé à la perceuse et relié à un aspirateur à filtre absolu.
Dans cette application, I'étude réalisée a consisté
à mesurer:
L'exposition aux fibres lors d'une activité de perçage
dans un matériau amianté, mesurée selon la norme NF
X 43-269 de Déc. 91 dans la zone respiratoire d'un opérateur
La même mesure est réalisée avec aspiration à
la source afin d'en valider la technique et de chiffrer le coefficient
de protection de ce dispositif.
Ces résultats sont discutés en prenant en compte notamment les limites de la microscopie optique, la valeur limite moyennée sur une heure et la notion de pic, enfin la grande variabilité des résultats des mesures de concentration.
En conclusion: I'évaluation du dispositif d'aspiration à
la source dans l'exemple des activités de perçage de matériaux
amiantés est indispensable à la mise en place d'une politique
réaliste de chantier propre où la prévention collective
est immédiatement réalisable en ambulatoire.
CHOUQUET-ROGET A. (1), STOKLOV M. (2), RANK D. (3), MAITRE A. (2).
(1) SMI, 44 Cours Becquart Castelbon, Immeuble le Madrigal, 38 500
VOIRON
(2) Laboratoire de Médecine du Travail et Toxicologie, IUMTE,
Faculté de Médecine, Domaine de la Merci, 38700 LA TRONCHE
(3) Rossignol S.A., B.P. 329, 38509 VOIRON Cedex.
1. Objectifs : A partir des résultats de trois campagnes d'évaluation qualitative et quantitative de l'exposition toxique des opérateurs pendant la fabrication de skis, l'objectif de l'étude est de dégager les différents moyens de prévention susceptibles d'être mis en œuvre puis de vérifier leur efficacité.
2. Matériel et Méthodes : Dans deux usines réalisant la fabrication de skis et surfs, une évaluation initiale de l'exposition a permis de recenser, à partir des fiches de données de sécurité, les produits utilisés et les conditions de leur utilisation. Du fait du nombre important de substances mises en œuvre, l'identification préalable des composés présents est confirmée par couplage chromatographie en phase gazeuse/spectrométrie de masse. L'évaluation de l'exposition individuelle et à poste fixe est effectuée sur la durée totale d'un poste de travail, avant et après mise en place de mesures préventives, à l'aide d'une stratégie commune. Au total, 30 composés (éthers de glycol, alcools, hydrocarbures aromatiques monocycliques, alcanes, isocyanates) sont analysées sur 48 échantillons. Les méthodes de prélèvement et d'analyse sont conformes aux normes AFNOR “ Air des lieux de travail ”.
3. Résultats : Les concentrations de toxiques les plus importantes sont mesurées sur les postes de préparation des laques, lavage des écrans, sur les machines de sérigraphie manuelle et automatique, sur les machines de pistolettage ou les machines à rideau laque et vernis. Elles diminuent considérablement après mise en place des mesures de prévention.
4. Conclusions: Les mesures de prévention qui ont pu être mises en place du fait des collaborations instaurées entre les différents acteurs au sein d'un groupe interdisciplinaire: Médecin du travail, Ingénieur de sécurité, Institut de médecine du travail ont pu être vérifiées quant à leur efficacité :
remplacement de toutes les encres sérigraphiques et diluants à base de dérivés de l'éthylèneglycol par des dérivés du propylène glycol qui ne présentent pas les mêmes effets toxiques hématologique, embryotoxique ou testiculaire.
remplacement des diisocyanates présents dans les laques et vernis par des prépolymères moins volatils.
augmentation de la vitesse d'air et aménagement des cabines de préparation de colle ou de vernis et de machines de lavage d'écrans.
Depuis un suivi médical mieux adapté aux risques
a pu être mis en place.
KOCH C - BECKER F. - CANTINEAU A.
Service de Pathologie Professionnelle
Chirurgie B - Hôpital Civil - 67091 STRASBOURG Cedex.
Nous proposons une démarche par arbre décisionnelle permettant l'évaluation du risque et un conseil à l'entreprise vers une peinture moins toxique.
Une peinture classique est composée de résines, solvants,
pigments, charges et additifs.
La toxicité spécifique des peintures en phase solvant
est surtout liée à la présence de fortes quantités
de solvants organiques, responsables essentiellement d'une neurotoxicité
centrale et périphérique, de dermatoses et de toxicité
hépato-rénale. En outre, en raison de leur inflammabilité
et de leur explosivité, des mesures de prévention et de protection
s'imposent lors de leur stockage et de leur manipulation. Enfin, leur écotoxicité
implique un traitement spécifique des résidus et déchets.
Dans les peintures en phase aqueuse, l'eau remplace les solvants organiques. Cependant, il persiste une certaine quantité de solvants organiques, en général des alcools et des dérivés des éthers de glycol. Leur neurotoxicité est nettement moindre ; les peintures aqueuses sont plus souvent à l'origine d'irritations ou de sensibilisation cutanéo-muqueuse. Cependant, c'est la présence d'éthers de glycol qui constitue le risque principal de ces peintures, en raison de leur hémato-toxicité à long terme, et de leur toxicité pour la reproduction.
Un diagramme présente une conduite à tenir face à une peinture, pour connaître les risques qu'elle présente.
Une étude toxicologique des différents composants des
peintures nous a conduits à proposer un cahier des charges destiné
à guider le choix d'une peinture vers la sélection de la
formulation la moins toxique possible, tout en respectant bien entendu
les impératifs techniques.
REYGAGNE A.(1), BALACEY J-F.(2), GARNIER R.(1), COMBOURIEU Y.(3), LEREST V.(4), BOILLOT R.(5)
(1) SNCF Cellule de Toxicologie -Service Médical, Place. Louis
Armand - Esc. X - 75012 Paris
(2) Laboratoire SNCF - 6, Place du 8 Mai 1945 - 92300 Levallois
(3) SNCF - Cabinet Médical -38, Rue de Rome - 75008 Paris
(4) SNCF - Cabinet Médical - 88, Avenue Marceau - 93700 Drancy
(5) SNCF - Division des rails - 17, Rue d'Amsterdam - 75008 Paris
Objectifs : Déterminer les risques toxiques liés aux opérations de soudure à l'arc lors du rechargement de voies ferrées: rails et coeurs de voie. Elaboration d'une méthodologie d'évaluation grâce à une démarche pluridisciplinaire associant médecins du travail, hygiénistes industriels et responsables techniques.
Méthodes :
1 - Etape préliminaire : analyse qualitative des polluants dégagés
par la combustion des baguettes de soudure les plus utilisées (par
fluorescence et diffractométrie des rayons X).
2 - Analyse quantitative des fumées émises lors des opérations
de soudage des voies ferrées avec différents procédés
de soudage : électrodes enrobées, fils fourrés, dépôt
de cordons inox.; prélèvements au niveau des voies respiratoires
; dosages de chrome, nickel, manganèse, molybdène, vanadium,
fluorures, cobalt et fer par spectrométrie d'émission plasma.
2-1 - Phase semi-expérimentale en école de soudure,
2-2 - puis phase réaliste sur le terrain en ne retenant
que les polluants émis en teneurs notables lors de la phase semi-expérimentale:
chrome, fer, manganèse, nickel, poussières inhalables; réalisation
simultanée de dosages urinaires chez les soudeurs exposés:
chrome, nickel, fluorures, manganèse.
Résultats :
Les opérations les plus polluantes concernent la réparation
des coeurs de voie (plus riches en manganèse) à l'électrode
enrobée; les polluants pouvant dépasser les valeurs limites
de moyennes d'exposition (VME) sont le fer, le manganèse et les
poussières. Les autres métaux et les fluorures sont à
des taux très faibles. La biométrologie confirme l'absence
de contamination notable par le chrome, le nickel ou les fluorures; les
taux de manganèse urinaire réalisés chez 37 soudeurs
sont tous inférieurs à 4 µg/g créatinine.
Conclusion: En raison des taux atmosphériques élevés
de poussières, de fer et de manganèse lors des interventions
sur coeurs de voie. une protection respiratoire est conseillée.
La biométrologie ne met en évidence aucun passage systémique
notable des métaux ou des fluorures.
MAYER L. (1), MAHIEU B. (1), AUBURTIN G. (2).
(1) Service Médical du Travail des HBL, 11 rue du Casino, 57800
Freyming-Merlebach
(2) INERIS, Parc Technologique ALATA, BP n°2, 60550 Verneuil-en-Hallate
L'évaluation du degré d'exposition des cokiers aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérigènes est une condition fondamentale pour la mise en place de mesures de prévention adaptées. Deux approches complémentaires sont utilisées:
- la surveillance de l'environnement des postes de travail: des prélèvements individuels, organisés en campagnes, avec dosage du Benzo (a) pyrène et des principaux HAP ont permis d'établir une cartographie des zones d'exposition sur les fours et à proximité de ceux-ci..
- le monitorage biologique ou mesure de la dose interne: deux campagnes de dosage du 1 hydroxypyrène urinaire, métabolite du pyrène, représentatif d'une exposition récente aux HAP, ont été réalisées dans le cadre d'un programme de recherche.
Le 1 hydroxypyrène urinaire a été dosé chez 49 sujets parmi les plus exposés aux fumées de cokerie et 41 témoins non exposés appariés sur 1'âge et le tabac. Les urines ont été collectées pendant la totalité du poste de travail le 1er jour, le 5è et le 21è jour du cycle de travail.
Une observation de la cinétique d'élimination du 1 hydroxypyrène urinaire est réalisée sur deux groupes de travailleurs (10 cokiers fumeurs et non-fumeurs, 10 témoins) à partir de prélèvements d'urine effectués 4 fois par jour pendant un cycle complet de travail, complétés par des prélèvements individuels d'atmosphère sur chaque poste de travail.
Les taux de 1 hydroxypyrène urinaire présentent une évolution caractéristique au cours du temps: augmentation significative entre le ler et le 5è jour dans le groupe des exposés non fumeur, augmentation rapide au cours du poste, diminution pendant le temps de repos entre 2 jours consécutifs. A noter des niveaux significativement plus élevés chez les fumeurs, des variations inter-individuelles importantes et une corrélation avec la concentration en Benzo (a) pyrène mesuré dans l'air chez les sujets fumeurs.
Ces résultats confirment l'intérêt du 1 hydroxypyrène
urinaire comme marqueur d'exposition aux HAP, il intègre la totalité
des voies d'absorption ainsi que le tabagisme. Son utilisation est possible,
en médecine du travail, pour suivre l'exposition d'un individu par
rapport à lui-même et surtout pour évaluer l'efficacité
des outils de prévention.
C.K. HUYNH, V. PERRET, T. VU DUC, P.O. DROZ ET M. GUILLEMIN
Institut Universitaire Romand de Santé au Travail, 19 rue du
Bugnon, CH-1005 Lausanne
La fumée émise par les moteurs Diesel représente
un danger réel pour la santé des travailleurs à cause
de son potentiel cancérigène probable pour l'homme (IARC
1989). Il y a actuellement environ 1.35 million de travailleurs exposés
à la fumée de Diesel à des niveaux relativement élevés
(> 0.5 mg/m3) dans divers environnements: machines de chantier, trafic,
mines, chemin de fer, agriculture, etc. La généralisation
de l'usage des moteurs Diesel dans différents domaines techniques
contribue à une augmentation considérable de l'émission
de fumées de Diesel; ceci devient non seulement une préoccupation
pour l'hygiène du travail mais aussi pour la santé publique.
Le risque réel pour les travailleurs exposés à la
fumée de Diesel n'est pas encore bien évalué, faute
d'outils valables pour quantifier l'exposition. Depuis plusieurs années,
l'Institut Universitaire Romand de Santé au Travail (IST) se préoccupe
de niveau d'exposition des travailleurs potentiellement exposés
à la fumée du Diesel. Plusieurs paramètres importants
sont pris en considération pour l'évaluation de l'exposition:
l'indice de poussières totales, de poussières alvéolaires
< 1,um, la teneur en carbone total, en carbone organique ou encore en
carbone élémentaire, les traceurs cancérigènes
comme les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) ou encore les nitro-HAP.
Les mesures de poussières totales et de poussières alvéolaires
se font par gravimétrie, après le prélèvement
sur filtres. Les teneurs de carbone élémentaire, carbone
organique et carbone total sont mesurées par le Coulomat, après
une désorption thermique, une oxydation catalytique pour transformer
les hydrocarbures en CO2 puis un dosage coulométrique du CO2 par
précipitation dans une solution de BaCl2. Les teneurs de HAP et
nitro-HAP sont mesurées par extraction de la fraction organique,
suivi d'une séparation de groupe et ensuite les composés
sont analysés par la chromatographie en phase gazeuse couplée
au spectromètre de masse (GC-MS). Il n'est pas encore certain que
l'effet cancérigène observé est dû aux produits
cancérigènes absorbés sur la suie de Diesel ou au
contraire seul les particules de suie elles-mêmes qui sont responsables.
Dans un cas comme dans l'autre, et probablement il s'agit d'effet additif
ou synergique, il est important de savoir bien mesurer les indices. Dans
cet exposé, ces paramètres susceptibles représenter
l'indice ou les indices d'exposition à la fumée de Diesel
seront discutés ainsi que quelques résultats préliminaires
sur la corrélation entre ces divers paramètres. Les résultats
de contrôle de qualité inter-laboratoire seront aussi discutés.
MAITRE A. (1), GAUTIER M.A. (1), JULIEN J.(2), CARREL C.(2), PERDRIX
A. (1), STOKLOV M. (1)
(1) Laboratoire de Médecine du Travail et Toxicologie, IUMTE,
Faculté de Médecine, Domaine de la Merci, 38 700 La Tronche.
(2) Service de Médecine Professionnelle et Préventive
de la ville de Grenoble, Le Forum, 3 rue Malakoff, 38 000 Grenoble.
L'objectif de cette étude est d'évaluer les niveaux d'exposition atmosphérique à l'aide de capteurs individuels de policiers municipaux travaillant au centre ville, et de comparer ces concentrations à des mesures d'ambiance réalisées à Grenoble.
Méthode : 20 policiers municipaux sont suivis pendant 15 jours en été et une semaine en hiver. Des prélèvements individuels sont réalisés pour les particules alvéolaires, le plomb, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les benzène-toluène-xylènes et les aldéhydes (normes AFNOR X43). Parallèlement, les mêmes polluants sont mesurés sur une place du centre ville, et les conditions de trafic ainsi que les données météorologiques sont recueillies.
Résultats : Les niveaux d'exposition professionnelle des policiers municipaux sont toujours inférieurs au 1/50ème des VME, mais les concentrations mesurées par prélèvement individuel sont toujours supérieures aux mesures d'ambiance. Les niveaux obtenus en hiver pour l'ensemble des polluants sont significativement plus élevés qu'en été, différence expliquée le nombre plus important de sources de pollution et par l'inversion thermique qui existait au moment de la campagne d'hiver. Les niveaux de pollution du centre ville de Grenoble, ville de moyenne importance, sont comparables à ceux d'autres métropoles européennes mais se situent plutôt au niveau des valeurs hautes pour les aldéhydes. Elles restent toutefois inférieures aux valeurs guides recommandées dans l'environnement.
Conclusion : Les méthodes de prélèvement atmosphérique
et d'analyse validées depuis longtemps en milieu industriel sont
utilisables en environnement général pour de faibles doses
avec une bonne spécificité et sensibilité. Seuls les
prélèvements de particules alvéolaires nécessitent
plusieurs jours de prélèvement du fait du manque de sensibilité
de l'analyse gravimétrique. Bien que les prélèvements
portatifs imposent rigueur technique et présence permanente, ils
permettent de ne pas sous estimer l'exposition individuelle contrairement
à l'extrapolation à partir de mesures d'ambiance.
(1) SNCF Cellule de Toxicologie - Service .Médical, Place Louis
Armand - Esc. X, 75012 PARIS
(2) SNCF - Cabinet Médical - Cour de la Gare - 57000 Metz
(3) Laboratoire SNCF - 6, Place du 8 Mai 1945 92300 Levallois
Objectifs
Quantification de la pollution émise par la combustion du gaz
de pétrole liquéfié lors du fonctionnement de chariots
automoteurs dans un entrepôt de marchandises destinées à
être transportées par voie ferrée. Etude demandée
par le médecin du travail suite à la constatation de symptômes
évoquant une intoxication oxycarbonée chez les salariés
exposés.
Méthodes
Analyse sur site des différentes phases et postes de travail.
Réalisation de métrologies d'atmosphère concernant
le monoxyde de carbone en ambiance au niveau de la chaîne de conditionnement,
des caristes et de la zone de stockage à l'aide d'un analyseur infrarouge
en continu.
Résultats
- Concentrations ambiantes variant de 100 à 250 ppm (valeur
limite de moyenne d'exposition, V\IE 50 ppm) maximales au niveau de l'opérateur
situé au début de la chaîne de conditionnement.
- Réalisation de dosages d'oxycarbonémie chez plusieurs des salariés concernés se plaignant de céphalées (non fumeur: taux: 7%, fumeur taux 17%).
Conclusion
Prises immédiates de mesures d'amélioration de
la prévention technique :
- vérification du réglage de carburation des chariots,
- amélioration de la ventilation naturelle du local.
Mesures à court terme :
- remplacement des chariots par des chariots neufs avec pots catalytiques,
- modification de l'organisation du travail visant à réduire
le nombre de chariots et d'émissions (conditionnement, circulation
des engins).
Mesure étudiée :
- projet de création de bouches de ventilation mécanique
asservies à un appareil de contrôle de concentration de CO.
WURTZ M.(1), JUTTEAU M.L.(2)
(1) A.I.M.T. 3,rue St-Joseph 67200 STRASBOURG
(2) Infirmière d'Entreprise
Le risque chimique (essentiellement encres et solvants) est largement
présent dans toutes les activités de travail des imprimeurs
offset et héliograveurs, et particulièrement lors des opérations
de nettoyage (plaques, cylindres). Cette évaluation du risque chimique
(sans métrologie) effectuée par le Service Médical
d'une moyenne entreprise a eu pour objectifs :
- identifier et évaluer le risque,
- informer et former les opérateurs,
- mettre en place des mesures de prévention (équipements
de protection collectifs et individuels).
Les méthodes :
- recueil et identification des Fiches de Sécurité,
- repérages et observations des postes de travail à risque
chimique,
- questionnaire sur la connaissance des produits par les utilisateurs,
- repérage et recensement des lieux de stockage et des flux
de produits dans l'entreprise.
Les résultats :
- mise en place des Fiches de Sécurité "version simplifiée"
(directement utilisables aux postes de travail),
- formation au risque chimique pour tous les opérateurs (l heure
par salarié)
- mise en place de procédures pour les essais de produits de
substitution,
- sensibilisation au port des équipements de protection individuelle
(masques, gants, lunettes).
En conclusion, cette évaluation a permis dans un premier temps
de mieux situer et localiser le risque chimique; elle devrait se poursuivre
par des mesures et analyses des ambiances de travail. L'ensemble des acteurs
(opérateurs et encadrement) ont été sensibilisés
et informés par les Fiches de Sécurité "version simplifiée"
installées aux postes et par la formation individuelle. Cette démarche
d'évaluation nous a semblé être plus adaptée
parce que plus proche de l'utilisateur et plus efficace dans la politique
de prévention.
BOURDES JF(1), OLIVIER B (2), THEVENOT(3), CHANDEZ A(3), MAITRE A(1).
(1) Laboratoire de Médecine du Travail et Toxicologie, IUMTE,
Faculté de Médecine, Domaine de la Merci, 38 700 La Tronche.
(2) AMAMTPI 5, place G. Rivet 38048 Grenoble cedex
(3) AMTA 73 6, rue Juiverie 73000 Chambéry
Les objectifs de cette étude sont d'identifier les opérations à risques toxiques les plus élevés pendant la vinification, de quantifier les niveaux d'exposition atmosphérique professionnelle aux produits émis et de développer si nécessaire des stratégies de prévention.
Méthode : A partir d'une étude de poste détaillée, les opérations à risques ainsi que les produits toxiques potentiellement émis sont identifiés. Une stratégie de quantification des niveaux d'exposition atmosphérique est alors mise en place dans 2 caves coopératives pendant la vinification des vins de Savoie. Des prélèvements individuels et d'ambiance sont réalisés pour l'éthanol, les aldéhydes, le S02, le C02 et 1'02.
Résultats : Les opérations de sulfitage bien que très courtes (15 sec) exposent les salariés à des niveaux d'exposition en S02 très élevés (jusqu'à 6 fois la VLE). La vidange des cuves automatiques après fermentation alcoolique entraîne. des expositions en éthanol et C02 supérieures à 70% des VME, mais les taux d'O2 restent toujours supérieurs à 20%. Pendant le décuvage du marc, les concentrations sont encore plus élevées, atteignant 4 fois la VME pour l'alcool et 8 fois la VME pour le C02, avec des taux d'O2 qui sont voisins, voire inférieurs à 18% au cours du décuvage manuel. De plus, ces opérations nécessitent un effort important en milieu chaud et humide. Les concentrations en acétaldéhyde restent faibles quelle que soit l'opération.
Conclusion : Les risques toxiques pour la santé des salariés
des caves vinicoles qui sont souvent des travailleurs saisonniers sont
élevés. Des pathologies irritatives pouvant aller jusqu'à
l’œdème aigu du poumon peuvent survenir pendant le sulfitage. Des
troubles de la vigilance peuvent se rencontrer pendant les opérations
de vidange et surtout de décuvage après fermentation du vin.
De plus, pendant le décuvage traditionnel existe un risque d'asphyxie
expliquant les morts subites rapportées dans la littérature.
Une prise de conscience des professionnels du vin a permis l'amélioration
de la prévention technique collective et individuelle pendant les
opérations à risques dont l'efficacité est en cours
d’évaluation.
GAUBERTI P., LAMOUREUX F., CHEVREAU L., CHAUSSAVOINE A., JOSSIER C.,
LE MAITRE B.,
MOULIN E., LETOURNEUX M.
Service de Médecine du Travail et Pathologie Professionnelle
C.H.U. de Caen
OBJECTIF: A partir d'un exemple concret, il s'agit de montrer que 1) certaines situations ne peuvent être clairement analysées que par des techniques de métrologie en continu.2) que même doté d'un outil performant le médecin du travail doit savoir argumenter et convaincre. L'histoire de cette étude sera en effet émaillée d'une polémique sur la validité des mesures.
MATERIEL ET METHODE
Les mesures de CO2 sont réalisées à la suite de
plaintes fonctionnelles (asthénie et maux de tête) du personnel
d'une des pièces de ce laboratoire (pièce A). Ces symptômes
se seraient aggravés depuis l'installation d'un appareil de culture
de bactéries anaérobies, source désignée des
plaintes, dans lequel est insufflé automatiquement du CO2. Dans
une pièce contiguë (pièce B) où un tel appareil
n'est pas installé, le personnel ne se plaint d'aucun symptôme
bien que son activité soit comparable. Le personnel de la pièce
B est moins nombreux et la ventilation naturelle y est de meilleure qualité
que dans la pièce A.
Les mesures sont faites en semi continu par spectroscopie photoacoustique dans l'infrarouge et portent sur plusieurs journées et une nuit dans les pièces A et B.
RESULTATS: aucune fuite de CO2 ne sera détectée sur l'ensemble du circuit de l'appareil de culture anaérobie. Les courbes de concentration aérienne en CO2 dans la pièce A suivent précisément l'activité qui s'y déroule, les entrées et sorties du personnel, avec des valeurs comprises entre 1000 et 2000 ppm plusieurs heures dans la journée, alors que la concentration aérienne nocturne y reste inférieure à 500 ppm.
Dans la pièce B, les fluctuations aériennes en CO2 sont toujours inférieures à 1000 ppm (valeur limite recommandée par le règlement sanitaire départemental type pour les locaux non fumeurs). L'installation d'une ventilation mécanique dans la pièce A, permettra de réduire les concentrations aériennes en CO2 (mesures après travaux) et d'obtenir une régression durable des symptômes.
La découverte d'une fuite de CO2 au niveau de l'incubateur, plusieurs mois après réalisation de cette étude, va jeter un doute sur la validité des mesures initiales. Une enquête minutieuse permettra finalement “ d'innocenter ” le médecin du travail et son appareil de mesure.
CONCLUSION: Les mesures ont permis de confirmer une pollution aérienne
excessive en CO2 tout en rectifiant le diagnostic étiologique (simple
présence humaine dans un local insuffisamment ventilé), de
proposer et d'argumenter des solutions, et d'évaluer l'effet bénéfique
obtenu après installation d'une ventilation mécanique. Au
delà du résultat obtenu, cette étude illustre certains
aléas auxquels tout intervenant extérieur à un environnement
de travail, même doté d'un équipement performant (!),
est susceptible d'être confronté.
TEYSSIER-COTTE C.(1), CHEVRIER M.(1), MANTEAUX C.(1), JACQUESON A. (2)
(1) Service de médecine du travail et des risques professionnels
(2) Service de toxicologie
CHU, 2 place St Jacques, F - 25030 BESANCON CEDEX
- L'objectif de ce travail était de recueillir un élément d'évaluation du risque toxique en relation avec les produits manipulés sous hotte ou sorbonne dans différents laboratoires de chimie.
- Le protocole que nous avons élaboré nous a conduit :
- La connaissance des toxiques manipulés et l'état de
fonctionnement d'un système de ventilation sont les éléments
de base (même s'ils ne sont pas les seuls) de l'évaluation
des risques pour la santé des chercheurs enseignants et étudiants
exposés.
SEGALEN M., DUPERY M.
ACMS 55, rue Rouget de Lisle 92158 Suresnes CEDEX
- Objectifs : identifier la cause de pathologies stéréotypées, oculaires et dermatologiques attribuées à la “ climatisation ”. Les pathologies rencontrées concernent uniquement des femmes et touchent plus de 10 % de l'effectif. Ces manifestations ont fait l'objet de plusieurs ordres du jour du CHSCT.
- Méthodes : il a été procédé d'abord
à l'étude du confort thermique des bureaux dans plusieurs
configurations de ventilation.
Divers paramètres ont été mesurés et ont
mis en évidence une neutralité thermique et l'absence d'anomalie
majeure. Parallèlement, une entreprise spécialisée
a exploré, à l'aide d'un robot équipé d une
caméra, l'intérieur des gaines de ventilation. Il a été
mis en évidence un empoussièrement variable et un délitement
du revêtement intérieur de ces gaines.
L'étude s'est poursuivie par l'établissement d'un diagnostic
allergologique sur les manifestations cutanées et ophtalmologiques.
- Résultats : le coupable responsable des symptômes a été
identifié : la laine de verre.
Des prélèvements ont été effectués
par un laboratoire spécialisé qui a retrouvé ponctuellement
des concentrations atmosphériques infinitésimales (de 1,8
à 3,4 fibres par litres). Au vu du bilan, l'employeur a une position
tout à fait légitime d'attente. En effet, un surflocage,
avec de nouveaux matériaux a été proposé sans
garantie. Les taux d'empoussièrement se fondent sur des “ normes
” bien sécurisantes pour le législateur ou pour les fabricants,
mais qui négligent la sensibilité individuelle.
- Conclusions : Le médecin du travail a fait un diagnostic étiologique
dont la thérapeutique n'est pas un médicament, mais passe
par une solution technique. Il a évalué les risques, donné
son avis sur les solutions de substitution, informé les salariés
individuellement et collectivement et conseillé l'employeur.
Il reste la surveillance médicale : sous quelle forme ? Et la
surveillance technique ?
Le médecin du travail reste face à des salariés
exposés à un risque mal cerné dont on ignore le retentissement
à long terme.
STOKLOV M. (1), FERTEY D. (1), BERGERET A.(2), HOURS M. (2), RICHIOU
M. (3), ROB1NET J.(4), MAITRE A. (1).
(l)Laboratoire de Médecine du Travail et Toxicologie, IUMTE,
Faculté de Médecine,
Domaine de la Merci -38 700 LA TRONCHE
(2)Institut de Médecine du Travail, Université Claude
Bernard, 8, avenue Rockefeller, 69 373 LYON Cedex 08
(3) Communauté Urbaine de Lyon, 20 rue du lac,69 003 LYON
(4) MT2I, 15 rue des colibris, 38 036 GRENOBLE Cedex 02
L'objectif de cette étude est d'identifier les opérations à risques toxiques les plus élevés ainsi que de quantifier les niveaux d'exposition professionnelle aux produits émis. Cette première étape doit permettre la mise en place d'une étude épidémiologique concernant la pathologie professionnelle des salariés des usines d'incinération d'ordures ménagères (IJIOM).
Méthode: A partir d'une évaluation initiale du risque dans des IUOM de la Région Rhône Alpes (études de poste détaillées), les sources de pollution atmosphérique sont identifiées et les produits émis ainsi que leur toxicité potentielle sont définis. Une stratégie de quantification des niveaux d'exposition est alors mise en place dans 2 IUOM, avec et sans tri préalable: campagnes de métrologie atmosphérique individuelle et d'ambiance associée ou non à une surveillance biologique des expositions pour les particules alvéolaires, les métaux (As, Cd, Cr, Cu, Hg, Ni, Pb), les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les composés organiques volatils et les aldéhydes, les acides et les gaz (CO, NO2, S02) (normes AFNOR X43).
Résultats : 3 sources de pollution sont identifiées : la fosse de stockage contenant des déchets non incinérés, la trémie des fours correspondant à des déchets non incinérés et à leurs produits de décomposition thermique, et enfin les résidus (mâchefers et suies). Les niveaux d'exposition atmosphérique individuelle sont bien inférieurs aux VLEP du fait du faible temps passé par les salariés à proximité des sources de pollution. Les indicateurs biologiques d'exposition sont du même ordre que ceux de sujets non exposés et il n'existe pas de différence significative entre les concentrations de début et de fin de poste.
Conclusion : Les risques toxiques pour la santé des salariés
des IUOM semblent être peu importants quelque soit le poste de travail.
Dans l'étude épidémiologique ultérieure, il
sera surtout intéressant du fait de la polyexposition de rechercher
les signes irritatifs ORL et broncho-pulmonaires. Une étude complémentaire
pendant les périodes d'arrêt du fait d'incidents est en cours.
Enfin, ces résultats trouvés dans des UIOM modernes équipés
de systèmes de traitement des rejets ne sont pas extrapolables à
de petites unités vétustes.
PEREAUX S., HEINTZ P., MAHIEU B.
Service de médecine du travail des HBL, 11 rue du casino, 57800
Freyming-Merlebach
Objectifs : Déterminer le niveau d'exposition des mineurs de charbon au MDI (diisocyanate de Diphényl méthane) contenu dans les résines à base d'isocyanates lors de la consolidation des terrains miniers.
Méthodes : Deux méthodes ont été employées:
- celle de l'INRS: le système proposé est composé
d'un barboteur contenant une solution de réactif nitré où
sont piégées les molécules de MDI présentes
dans l'atmosphère;
- celle de la société Draeger où les molécules
de MDI sont piégées par un filtre imprégné
de 1-2 méthoxyphényl pipérazine.
Le MDI est transformé en dérivé uréique
qui sera ensuite analysé par chromatographie HPLC . La 1° méthode
permet un dosage à un poste fixe avec un débit d'aspiration
à 1 L/mn alors que la 2° permet un prélèvement
au niveau des voies aériennes supérieures du mineur; la pompe
d'aspiration avait un débit à 2 L/mn et était fixée
à la ceinture des mineurs injecteurs et de ceux travaillant dans
le retour d'air de l'injection.
Des mesures concomitantes des conditions environnementales étaient
effectuées (débit d'air, températures sèche
et humide, vitesse de l'aérage).
Résultats: Quelque soit le type de résines à base de MDI, les conditions d'aérage et d'humidité, les valeurs mesurées se situaient toutes en dessous des seuils de détection (0,8 '~lg/m3 ou 0,08 ppb).
Conclusion: Compte tenu de la composition de ces résines et des
moyens de prévention adoptés (techniques de mise en œuvre,
formation et protection du personnel,...), ces mesures réalisées
au fond montrent que le dosage des taux atmosphériques de MDI, entrant
dans la composition des résines de consolidation des terrains miniers,
ne sont plus justifiées. La prévention secondaire et en particulier
le port des équipements de protection individuelle demeure efficace
pour réduire la pénétration respiratoire et cutanée
des isocyanates.
GOUJON Y.
L'idée qui anime notre groupe de médecins du travail est l'utilisation, en pratique quotidienne, d'un indicateur biologique d'exposition (acide muconique urinaire) à un cancérogène reconnu le benzène. Il ne s'agit pas d'une étude épidémiologique mais d'une mise à l'épreuve d'un nouvel outil au service de l'exercice médical de terrain.
Nous avons sélectionné des salariés exposés au supercarburant sans plomb (mécanicien, chauffeur citerniste, laborantin, nettoyeur de cuves, maintenance des distributeurs). L'employeur ou le CHSCT a été informé de ce travail. Les laboratoires privés de la région ont été contactés afin de savoir s'ils pourraient honorer les demandes de dosage d'acide muconique urinaire. Puis, lors de chaque visite médicale, le salarié était informé des buts poursuivis, des procédures de prélèvements, des remises des résultats et des conclusions à en tirer.
Les différents partenaires ont bien compris l'intérêt de ce travail. Malgré cela, une faible participation a été enregistrée en particulier en raison des problèmes relatifs à la prise en charge financière de ce dosage (180 - 200 F/dosage). Les résultats d'acide muconique urinaire varient de 0,10 mg/g créatinine à 1,68 mg/créatinine urinaire. On retrouve les chiffres les plus élevés pour les salariés les plus exposés : des mécaniciens V.L. La moyenne des résultats est voisine de 0,26 mg/g créatinine.
L'indicateur biologique d'exposition est un outil précieux pour
le médecin du travail. Dans le cas d'un cancérogène,
il permet d'apprécier le niveau de risque, de renforcer la prévention,
de faire un suivi hématologique mieux ciblé et de déclencher
un suivi post-professionnel. Les difficultés demeurent nombreuses
: pas de valeurs de référence bien établies, donc
une interprétation délicate, pas d'obligation réglementaire,
donc des problèmes de financement et de décision d'aptitude.